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Stratégie numérique: un processus local nécessaire pour une révolution mondiale inévitable

26/10/2016 08:22 EDT | Actualisé 26/10/2016 08:22 EDT

En tant qu'entrepreneur dans le domaine de l'intelligence numérique, je ne peux que féliciter le gouvernement du Québec de mettre en place une stratégie numérique et de participer à la consultation présentement en cours. Cette stratégie a pour objectif de permettre une meilleure appropriation du numérique par les citoyens et les entreprises, d'augmenter les usages, de contribuer à la création d'emplois et d'entreprises, d'assurer le développement des compétences numériques de nos jeunes et de nos travailleurs, favoriser la recherche et l'innovation, de favoriser l'accès à Internet sur tout notre territoire et de faire rayonner le Québec à l'étranger. Ce dernier point m'interpelle particulièrement puisqu'il touche directement la stratégie de développement de Nixa que j'ai mis en place depuis deux ans.

La planète vit présentement une véritable révolution numérique qui peut se comparer aisément à la révolution industrielle du début du siècle précédent et qui aura des répercussions sur toutes les sphères de notre économie et de notre société. Déjà, nous en avons vu les premiers débats en ce qui a trait à l'économie collaborative et à son utilisation dans les modèles de gestion actuels dans l'industrie du taxi ou de l'hébergement. Cette révolution amène également une série d'opportunité pour les entreprises qui sauront adapter leur expertise aux besoins gigantesques d'une planète qui doit passer à l'ère numérique.

Les Québécois achètent 6,6 milliards de dollars de produits et services en ligne par année alors les détaillants du Québec ne vendent quant à eux à peine 1,7 milliard de dollars.

C'est d'autant plus vrai dans le contexte québécois puisque, selon une étude réalisée par CEFRIO et l'Institut du Québec en octobre 2015, les Québécois achètent 6,6 milliards de dollars de produits et services en ligne par année alors les détaillants du Québec ne vendent quant à eux à peine 1,7 milliard de dollars. Cela nous amène un déficit commercial de près de 5 milliards de dollars. Nous avons donc une énorme opportunité à saisir en tant que société puisque, selon la même étude, en faisant passer de 2,4% À 5,2% le niveau des ventes réalisées en ligne auprès des détaillants québécois, ceux-ci pourraient augmenter leurs ventes de 2 milliards de dollars ! Pour ce faire, nous devons absolument supporter l'investissement de nos entreprises dans le commerce électronique et dans l'implantation d'outils qui leur permettront de fidéliser leurs consommateurs en ligne.

Ce virage local nous permettra également d'augmenter l'expertise de nos entreprises de service dans le domaine. En effet, le développement d'un marché de cette importance amènera inévitablement le développement accéléré d'une panoplie de services exportables. Cet aspect de la stratégie numérique reste à définir cependant le « plan d'action en économie numérique » déposé par le gouvernement nous donne quelques indications notamment en intensifiant les programmes de support à l'exportation de nos TI avec l'appui de Export Québec, Investissement Québec et des délégations du Québec à l'étranger. Je pense qu'il sera indispensable d'avoir un volet dédié aux entreprises de service dans cette stratégie, notamment dans le domaine de l'implantation d'outils de commerce électronique et d'intelligence numérique à l'étranger. Que ce soit grâce à l'apport de nos universités, à notre position géographique ou à la valeur de notre monnaie, les entreprises d'ici sont prêtes à répondre aux besoins de développement du marché nord-américain et mondial, et ce immédiatement.

Nous avons développé des façons de faire, des cerveaux et des entreprises qui savent comment prendre le virage numérique et qui peuvent le faire pour des entreprises à Los Angeles, New York, Miami ou Chicago. D'ailleurs, c'est déjà ce que nous faisons avec des entreprises comme CGI qui ont de fortes positions à l'international. Cette exportation doit se poursuivre et être appuyée par les différentes structures gouvernementales que ce soit Export-Québec ou des délégations qui possèdent une position privilégiée pour nous appuyer dans notre développement des affaires.

Je suis sûr que la ministre Anglade et son équipe ont à cœur le développement de notre industrie numérique et sauront appuyer nos entreprises d'ici à devenir des leaders aux quatre coins de la planète. La révolution industrielle du siècle dernier a permis à de succès incroyables au Québec, faisons de la révolution numérique une nouvelle histoire de grandes réussites.

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