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Une tête bien faite plutôt que bien pleine

16/03/2015 10:56 EDT | Actualisé 16/05/2015 05:12 EDT

Est-ce l'information qui est abondante grâce aux médias sociaux et internet ou est-ce que ces mêmes médias sont en fait des créateurs de contenus? Bonne question. À défaut de pouvoir répondre à cette question fondamentale, une chose demeure : l'information est omniprésente et l'impression que nous avons tous est que les médias la multiplie et la diffuse largement et très rapidement, et ce, bien souvent à forte charge virale.

Bref, il semble que le couple technologie-information soit générateur de contenu. Eric Schmidt, président-directeur général de Google estime d'ailleurs que deux jours suffisent désormais pour produire la même quantité d'information que toutes les civilisations réunies ont généré depuis la nuit des temps.

Vers le développement d'un esprit critique

Une fois que l'ubiquité est constatée, comment l'intègre-t-on dans la démarche éducative dans une perspective de pédagogie active et de construction des savoirs visant l'enrichissement de l'apprentissage ?

Dans un premier temps, il faut permettre un accès illimité, mais encadré des élèves à cette manne d'information, à travers l'intégration des TICE dans la séquence pédagogique. Le rôle de l'enseignant devient, dans ce cas précis, celui d'un guide de l'élève dans l'immensité du monde de la connaissance. Non seulement contribue-t-il à l'orientation de l'élève dans son processus de recherche, mais surtout, il contribue à encadrer l'élève dans l'instauration d'un entonnoir du savoir. Cet entonnoir a une triple fonction : on y concentre l'information pertinente pour ensuite la contextualiser et en filtrer la pertinence et en apprécier la crédibilité. C'est exactement à la suite de cette étape qu'il est possible d'affirmer que l'intégration des TIC dans la démarche pédagogique permet le développement de l'esprit critique!

L'information pertinente désormais extraite de l'immensité sans borne des données disponibles, elle est intégrée par l'apprenant qui, doit-on le rappeler, a mené sa démarche de recherche de façon autonome. Nous sommes loin du modèle traditionnel de l'enseignement où l'élève passif est gavé quotidiennement d'une information prémâchée par un enseignant ! L'élève est actif au sein des activités d'apprentissage et donne à ses connaissances une orientation teintée de sa personnalité, de ses intérêts, tous orientés vers le but à atteindre. Une autre façon de parler de la personnalisation de l'enseignement et de l'apprentissage...

Ces mêmes connaissances ciblées sont à la base du développement des compétences figurant au programme et l'enseignant a désormais la responsabilité de permettre le transfert de ces connaissances à des situations inspirées de la réalité. Ses activités pédagogiques doivent favoriser l'activité de l'élève afin de lui permettre de se mobiliser et ainsi jouer un rôle central au sein de ses propres apprentissages.

Le parallélisme connaissances-compétences

En pédagogie, n'y a donc pas d'opposition entre les connaissances et les compétences. Au contraire, ce sont deux thèmes centraux qui évoluent complémentairement dans le monde de l'éducation contemporaine. La question est plutôt de comprendre comment parvenir à outrepasser le simple enseignement des connaissances en le transposant dans un contexte largement plus complexe, à savoir celui de l'enseignement par compétences. À cet égard, la pédagogie active est un élément de réponse central et l'intégration des TICE est un outil incontournable à utiliser pour favoriser un niveau d'activité acceptable chez l'élève.

La notion de compétence dans toutes ses déclinaisons

Être compétent chez l'élève outrepasse largement le contexte curriculaire. En fait, il est bien connu que le sentiment de compétence joue un rôle central dans la motivation scolaire et la pédagogie active permet justement à l'élève de développer ses compétences sous la houlette bienveillante de l'enseignant. Il n'est plus question que ce dernier étale son savoir livresque à un auditoire désabusé; il est plutôt temps de rendre l'élève impliqué pédagogiquement et d'en faire un acteur au lieu d'un spectateur d'une pseudo démarche d'apprentissage qui a toutes les allures, admettons-le candidement, d'une démarche d'enseignement où le gargarisme doctoral de divers contenus étalés par un expert prend souvent trop de place, au détriment de l'élève. Dès ses propres Essais, dès la fin du XVIe siècle, Montaigne dénonçait déjà le bourrage de crâne : On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir ; et notre charge n'est que de redire ce qu'on nous a dit.

Un élève qui s'appuie sur le schème de connaissances qu'il se bâtit lui-même développe activement ses compétences et, parallèlement, il développe son estime personnelle et son sentiment de confiance à son propre égard, mais également envers celui du monde (physique et humain) qui l'entoure. Ultimement, l'élève pave lui-même la voie vers sa propre actualisation. Voici donc l'histoire d'un élève qui aura une tête bien faite plutôt que bien pleine !

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