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La réponse à l'intervention

27/12/2014 09:51 EST | Actualisé 25/02/2015 05:12 EST

Peut-être avez-vous déjà entendu d'un modèle d'intervention éducative issu des États-Unis, lequel se nomme la Réponse à l'intervention (RAI)? Principalement, ce dernier a pour but de répondre aux différents défis que peut poser l'adoption de la pédagogie différenciée dans les milieux scolaires en clarifiant le rôle de chacun des intervenants œuvrant auprès des élèves. Malheureusement, bien que ce modèle démontre un potentiel énorme dans le monde de l'éducation au Québec, il y demeure néanmoins très peu connu.

À titre de rappel, la différenciation pédagogique fait partie intégrante du Programme de formation de l'école québécoise et peut être définie de la façon suivante : Démarche de l'enseignant qui consiste à mettre en valeur, par des moyens et des procédures d'enseignement et d'apprentissage variés, les aptitudes, les compétences et le savoir-faire des élèves afin de permettre à ceux-ci d'atteindre, par des voies différentes, des objectifs communs et, ultérieurement, la réussite éducative. On tient ainsi pour acquis que les techniques pour accroître les possibilités de réussite ne conviennent pas nécessairement à tous les élèves. D'où l'importance et la pertinence d'adopter un enseignement différencié.

Le modèle

Pour en revenir à la RAI, selon une des (très rares) ressources traduites au Québec, le modèle (...) est conçu pour améliorer l'apprentissage de tous les élèves et pour mettre en relief l'importance de la qualité de l'enseignement, de l'intervention précoce et du suivi des progrès (...). Il s'agit d'un modèle qui fait appel à toutes les composantes de l'école afin d'en augmenter les chances de réussite des élèves. Il met ainsi en valeur l'importance de la communication et de la collaboration entre les différents intervenants en milieu scolaire en plus de veiller à la libre circulation des informations concernant certains élèves, que ce soit à l'interne ou à l'externe, et lorsque la situation le justifie. En bref, il s'agit d'un modèle hybride visant un certain équilibre entre la reconnaissance de l'individualité de chaque apprenant et l'universalité de l'enseignement à une classe entière.

La RAI vise donc à mobiliser les intervenants pour contrer efficacement le phénomène de l'intervention tardive auprès des élèves rencontrant des difficultés d'apprentissage.

L'intervention

Le modèle est de forme pyramidale, divisé en trois étapes :

À la base de la pyramide, on y trouve les interventions destinées à la forte majorité des élèves, soit environ 80% de la clientèle scolaire. Il s'agit de la conduite habituelle des activités pédagogiques en classe, par l'enseignant. Le dépistage des difficultés se veut universel et, grâce aux outils conventionnels d'évaluation, les élèves concernés sont ciblés et les mesures d'aides concises et ponctuelles sont apportées en cours de démarche par l'enseignant sur les heures habituelles de classe.

Le second niveau permet les interventions ciblées et intensives. Elles sont destinées à environ 15% des élèves pour qui les interventions universelles ne sont pas suffisantes. L'enseignant convoque habituellement les élèves à des récupérations ou d'autres mesures d'aide étant encadrées par ce dernier (tutorat par les pairs, aide aux devoirs, cours d'appoint, etc.). Ces mesures sont offertes en groupes restreints et l'intervention éducative est plus directe et offerte à l'extérieur de la classe.

Le dernier niveau, situé à la pointe de la pyramide, est destiné à une minorité d'élèves, soit environ 5% de la clientèle et est ainsi réservée pour des difficultés d'apprentissage marquées, nécessitant l'intervention d'un professionnel de l'éducation spécialisée: orthophoniste, orthopédagogue, psychologue, techniciens en éducation spécialisés, etc. Autrement dit, le niveau supérieur est réservé aux élèves qui ont épuisé les ressources enseignantes en terme de compétence professionnelle. L'intensité des interventions y est encore augmentée et l'approche s'individualise totalement.

Sur le terrain

La RAI, dans le quotidien scolaire, détermine les rôles de chacun dans la gestion des difficultés des élèves. Les interventions universelles et celles du second niveau étant essentiellement assumées par les enseignants, le modèle responsabilise ces derniers à jouer leur rôle éducatif dans sa totalité au lieu d'avoir tendance, comme c'est souvent le cas, à recommander précocement un élève en difficulté à des ressources professionnelles présentes dans le milieu.

Vu qu'à l'heure actuelle, les ressources professionnelles se font particulièrement rares et, surtout, qu'elles sont appelées à diminuer, celles-ci seront surchargées. D'où l'importance à ce que les enseignants persistent avant de référer les élèves à besoin particulier, par exemple, à l'orthopédagogue ou à l'éducateur spécialisé. D'ailleurs, il y a un lien intéressant à faire entre le modèle RAI et le référentiel des douze compétences de la profession enseignante.

Pour conclure, la RAI est un modèle d'intervention axé sur la prévention des difficultés scolaires. On y vise la responsabilisation et l'implication quotidienne directe de l'enseignant dans son activité pédagogique et éducative. Autrement dit, le modèle voue son succès au rôle que chaque intervenant assume dans la démarche d'apprentissage de l'élève. Dans un contexte où les ressources se font rares, il y a fort à parier que la RAI devient un modèle intéressant facilement applicable à n'importe quel milieu scolaire. Le tout, dans le but avoué de permettre à chaque élève d'actualiser son potentiel à travers une démarche d'apprentissage au sein duquel, bien entendu, il joue un rôle central !

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