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Fantasia: bienvenue chez les monstres

05/08/2014 04:05 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Monsterz d'Hideo Nakata

Un sociopathe (Tatsuya Fujiwara) ayant le pouvoir de contrôler l'esprit des gens se plaît à cambrioler des banques par l'intermédiaire d'innocentes personnes et à en pousser d'autres au suicide - comme il l'a fait avec son père 20 ans auparavant alors que celui-ci n'acceptait pas sa différence. Un jour qu'il se livre à ses activités, il est troublé de constater qu'un jeune livreur candide (Takayuki Yamada) est insensible à ses pouvoirs. Pis encore, celui-ci s'en sort indemne chaque fois qu'il essaie de le tuer. Commence entre eux un féroce jeu du chat et de la souris...

Remake du film sud-coréen Haunters de Kim Min-suk, ce long métrage du réalisateur de la franchise Ringu et de Dark Waters, lequel a fait l'objet du magnifique remake par Walter Salles, n'est pas sans rappeler Unbreakable du plus que surestimé M. Night Shyamalan. Les affrontements entre les deux antagonistes, entre le Bien, flanqué d'insupportables clichés sur deux pattes en guise d'amis, et le Mal, deviennent vite lassants, de même que les scènes où le sociopathe semble arrêter le temps afin de commettre ses méfaits.

En fait, Monsterz donne l'impression d'être un film où les superhéros auraient oublié leur costume et leur attirail dans leur repaire. Hormis cette scène d'anthologie prenant place dans un auditorium, il y a trop peu de scènes spectaculaires pour satisfaire les spectateurs habitués aux tonitruantes productions hollywoodiennes. Avec ses yeux qui s'illuminent, le méchant paraît plus ridicule qu'effrayant, tandis que le bon manque de panache et de charisme. Au bout du compte, Hideo Nakata ne semble pas avoir été capable d'explorer davantage les esprits tourmentés de ces deux mutants découvrant au péril de leur vie que le Mal n'existe pas sans le Bien et vice et versa.

5 août, 17h10, Théâtre Concordia Hall

Welcome to New York d'Abel Ferrara

Alors que la section Camera Obscura avait pour film de clôture un sympathique film de vampires rappelant Woody Allen et Jerry Seinfeld (Summer of Blood d'Onur Tukel) et que le Fantastique week-end du cinéma québécois se terminait avec la projection du savoureux 1987 de Ricardo Trogi mettant en vedette l'irrésistible Jean-Carl Boucher, la 18e édition de Fantasia se termine sur une note presque morbide... Précédé d'un parfum sulfureux et ayant récolté bon nombre de critiques dévastatrices, il n'est d'ailleurs pas surprenant qu'il reste encore des billets pour la présentation du dernier-né du réalisateur de Bad Lieutenant ce soir.

Présenté en marge du Festival de Cannes, Welcome to New York met en vedette Gérard Depardieu dans le rôle d'un homme de pouvoir, poussé par sa femme (Jacqueline Bisset) à devenir le prochain Président de la République, dont l'appétit gargantuesque pour les plaisirs de la chair provoquera sa chute. Ainsi, après s'être livré à des ébats avec des prostituées de luxe dans un chic hôtel de New York, le puissant homme d'affaires français agresse une femme de chambre.

Relatant platement avec moult plans et scènes inutiles (le monteur dormait-il au gaz?) les événements ayant provoqué l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn en 2011, Welcome to New York illustre en une suite de scènes racoleuses, complaisantes, embarrassantes et dépourvues de sensualité les mœurs de DSK. Au milieu de ces corps de mannequin qui s'offrent à lui, Depardieu semble abandonné à lui-même, n'ayant même pas l'air de comprendre la langue de Shakespeare. Au final, ce n'est pas qu'à la chute du personnage à laquelle on assiste, mais à celle d'un monstre sacré du cinéma. D'une tristesse inouïe.

5 août, 21h45, Théâtre Concordia Hall, en présence du réalisateur

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