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Fantasia : De l'action et de l'émotion à revendre!

19/07/2014 12:52 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

I Origins de Mike Cahill

Drame romantique de science-fiction ayant mérité le prix Alfred P. Sloan à Sundance pour son portrait de scientifique, I Origins met en vedette Michael Pitt dans le rôle d'un biologiste moléculaire s'intéressant à l'évolution de l'intelligence par l'étude de l'iris. Ses convictions scientifiques, ainsi que celles de sa partenaire de laboratoire (Brit Marling, solide), après avoir rencontré une jeune mannequin aux yeux inoubliables (Astrid Bergès-Frisbey, qui se contente de minauder).

Rappelant Another Earth (où Brit Marling croyait pouvoir trouver la rédemption dans un univers parallèle) par son atmosphère onirique et mélancolique, convenant parfaitement au jeu fiévreux de Pitt, I Origins traite avec originalité de la réincarnation et de ses répercussions chez les disparus et ceux qui restent. Malgré quelques revirements convenus, Mike Cahill parvient avec brio à maintenir le mystère jusqu'à la fin. Si par moments certaines scènes se révèlent plutôt bavardes, I Origins s'avère une réflexion captivante sur la science et la foi.

19 juillet, à 17h, Théâtre DB Clarke

Red Family de Lee Ju-hyoung

Prix du public à Tokyo, ce premier long métrage de Lee Ju-hyoung bénéficie au scénario de l'expertise du grand cinéaste Kim Ki-duk (L'Île, Printemps, été, automne, hiver... et printemps, Arirang) qui se livre à une critique audacieuse, quoique assez légère, de la société de consommation sud-coréenne.

Aux yeux de leurs voisins, famille vulgaire rappelant les Bougon et la famille de Roseanne, quatre espions nord-coréens incarnent la famille idéale. Or, celle qui se fait passer pour la mère du clan est en réalité le chef de ce petit groupe d'espions formé d'un vétéran à la santé fragile, d'un père inquiet du sort de sa fille et d'une jeune recrue impétueuse. Lorsque celle-ci tombe dans la mire de l'adolescent d'à côté, les deux familles n'ont d'autre choix que d'établir des liens d'amitié.

S'annonçant d'abord comme une comédie d'espionnage où l'on se moque allègrement du mode de vie occidental à travers les propos méprisants des personnages nord-coréens, ce long métrage aux couleurs pimpantes s'intéresse davantage aux dilemmes moraux et aux tiraillements intérieurs avec lesquels sont aux prises les espions. Bien qu'il comporte plusieurs scènes d'action bien orchestrées, lesquelles sont parfois assez violentes, le tout adopte souvent le ton d'un sitcom. Cependant, le réalisateur et le scénariste réservent une surprise de taille lors d'une finale absolument déchirante où l'on évoque audacieusement le sort effroyable et injuste des Nord-Coréens.

19 juillet 21h45, Théâtre, DB Clarke

Hwayi : A Monster Boy de Jang Joon-hwan

Dans ce film du réalisateur du film-culte déjanté Save the Green Planet, Yeo Jon-goo, vendette de k-drama (soap coréen), incarne un jeune garçon élevé par cinq malfrats, dont Kim Yun-seok vu dans The Chaser, l'ayant kidnappé 15 ans auparavant. Partagé entre ses aspirations artistiques et son éducation criminelle, Hwayi est victime de terribles hallucinations depuis sa tendre enfance. Au cours d'une mission, il découvre enfin le secret de ses origines.

Dix ans après Save the Green Planet, Jang Joon-hwan fait un retour remarqué avec un film démontrant que les Sud-Coréens sont les Italiens de l'Asie, c'est-à-dire, qu'ils ne craignent pas d'exprimer leurs émotions, que ce soit dans le registre comique ou dramatique. Ainsi, plusieurs ruptures de ton, souvent amenées par les différents personnages, ponctuent Hwayi : A Monster Boy sans que cela ne nuise à l'ensemble.

Avec aisance, on passe du polar violent à la romance adolescente, en passant par le slapstick et le burlesque. Et lorsque le mystère se dissipe autour du passé du jeune garçon et de ses ravisseurs, on tombe littéralement dans la tragédie grecque. Mieux encore, la finale, époustouflante, n'est pas sans rappeler la fureur et la cruauté d'une pièce de Shakespeare. Bref, un thriller solidement ficelé riche en émotions.

21 juillet, 21h25, Théâtre Concordia Hall, en présence du réalisateur