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Cinemania: trois petits tours

12/11/2014 07:51 EST | Actualisé 12/01/2015 05:12 EST

Les combattants

Ayant repris avec son frère aîné l'entreprise de leur père récemment décédé, un jeune charpentier (Kévin Azaïs) fait la connaissance d'une jeune fille fantasque convaincue que la fin du monde est proche (Adèle Haenel) qui s'entraîne sans relâche pour participer à un éprouvant camp de l'armée d'une durée de deux semaines. Ayant le béguin pour elle, il s'inscrit alors au camp malgré l'opposition de son frère qui doit se taper seul tout le boulot.

Comédie dramatique acidulée se laissant apprivoiser lentement comme son héroïne aux contours brutaux, ce premier long métrage de Thomas Cailley, tourné dans son Aquitaine natale, offre un sérieux coup de jeune au cinéma français. Une vision originale, tonique et optimiste d'une jeunesse française en perte de repères qui s'amuse avec les codes du drame survivaliste et la romance pour ados.

Mercredi 12 novembre, 12h45

Party Girl (film de clôture)

Âgée de 60 ans, Angélique (Angélique Litzenburger), entraîneuse dans un bar de la Lorraine, constate non sans amertume qu'il est de plus en plus difficile pour elle d'appâter les clients. Bien que le goût des soirées bien arrosées ne la quitte pas, la colorée sexagénaire accepte de devenir la sage épouse d'un client amoureux d'elle. Pour Angélique, ce sera aussi l'occasion d'être enfin réunie avec ses quatre enfants, dont sa fille cadette qui vit en foyer d'accueil.

Relatant la véritable histoire de l'entraîneuse Angélique Litzenburger, cette réalisation tricéphale signée Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, fils d'Angélique, s'avère à la fois un tendre portrait d'une attachante marginale doublée d'une tendre chronique familiale et d'un tableau de société que ne renieraient sans doute pas les frères Dardenne. Caméra d'or et Prix d'ensemble à Cannes en mai dernier.

Jeudi 13 novembre, 17h

Dimanche 16 novembre, 19h15

Sils Maria

Empruntant à Persona et à La répétition de Bergman, ce drame d'Olivier Assayas (Les destinées sentimentales, Carlos) met en scène Juliette Binoche dans le rôle d'une actrice de renommée internationale à qui l'on offre de jouer dans la pièce qui a lancé sa carrière 20 ans plus tôt. Avec l'aide de son assistante (Kristen Stewart), elle répète le rôle d'Helena, celui d'une femme mûre poussée au suicide par la jeune Sigrid, rôle qu'elle a tenu à 18 ans. Alors qu'elle s'interroge sur le passage du temps, l'évolution de son métier, sur la célébrité à l'heure des réseaux sociaux, elle est intriguée par la jeune actrice de cinéma (Chloe Grace Moretz), plus célèbre pour ses frasques que pour ses rôles, qui incarnera Sigrid.

Verbeux, statique, léthargique, Sils Maria n'arrive pas à la cheville des œuvres de Bergman, pas même à celle d'All About Eve de Mankiewicz qu'il évoque. Traînant en longueur, le tout souffre également d'un jeu d'ensemble artificiel et inégal, ce qui est plutôt étrange pour un film portant sur le métier d'acteur. Ainsi, face à une Binoche qu'on vue plus inspirée, Stewart joue mollement tandis que la piquante Moretz leur vole la vedette à chacune de ses apparitions. Pour les inconditionnels d'Assayas.

Vendredi 14 novembre, 14h40

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