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Plus qu'un siège social...

05/04/2016 09:13 EDT | Actualisé 06/04/2017 05:12 EDT

Fusionner apporte son lot d'incertitude pour tout le monde. Les rôtisseries St-Hubert existent depuis 1951. Cela fait donc 65 ans qu'ils font partie de notre patrimoine. «Pout pout pout que désirez-vous?» Prendre ma retraite en Ontario! On ne l'avait pas vu venir...

Beaucoup s'inquiètent du siège social. Au-delà de perdre sa maison d'origine, avez-vous aussi pensé à la perte des valeurs, de culture, d'histoires reliées à St-Hubert? Quand on se sépare, on perd plus qu'une maison... On perd ses repères, ses façons de faire, ses rêves... Et que dire de l'aspect humain qui s'en trouve tout aussi chamboulé...

Je pourrais vous entretenir des deuils à faire, mais il me semble qu'il y en a beaucoup à faire en un si petit mois... Parlons de la suite. Quoi faire pour bien vivre humainement une fusion?

Quelques pistes

• Faites le deuil du passé. C'est une nouvelle aventure. Prenez le temps de vivre la nouvelle avec toute sa gamme d'émotions.

• Comprendre le pourquoi de la fusion. Il y a bien sûr la ligne de presse officielle, mais ensuite, il sera important de faire en sorte que cela ait du sens pour vous. Au-delà de s'en faire une raison, faites votre propre réflexion, sur la situation.

• Communiquez vos besoins pour vous adapter à la nouvelle situation.

• Prenez part au changement. Faites-en le vôtre! Impliquez-vous.

St-Hubert fais partie de notre histoire québécoise. «Crémeuse ou traditionnelle?» Je souhaite que la prochaine entité ne nous déstabilise pas trop avec de brusques changements. J'espère aussi qu'elle ne nous changera pas en Chalet suisse. La fusion peut être bien, si on peut encore conserver l'identité de chacune des parties. Miser sur les forces de l'un et de l'autre et créer quelque chose de différent, en prenant son temps, facilitera sûrement cette transition.

Comme un nouveau couple qui arrive avec ses enfants respectifs... quel beau défi! Il y a la crainte des nouveaux départs, ensuite, l'emballement. Les projets se créent en fonction de la nouvelle dynamique de groupe. Cela demande de l'adaptation, de l'ajustement, de la négociation et, surtout, beaucoup de communication ouverte et franche. Cela demande aussi que chacun y trouve son espace, le revendique et trouve ses nouveaux repères.

En créativité, cette technique s'appelle l'analogie. Il s'agit de prendre une situation qui pourrait s'apparenter à celle que l'on vit (par exemple, on pourrait comparer une fusion d'entreprise à une famille recomposée) et trouver des solutions. Ici, cela pourrait être de trouver des pistes de solutions pour s'assurer que la nouvelle famille recomposée devienne un succès. Ensuite, ces pistes de solutions trouvées peuvent peut-être s'appliquer à la situation que l'on étudie, ici la fusion.

Alors, si St-Hubert et Cara sont comme une famille recomposée, nous comprenons tout de suite l'ampleur des défis qui les attendent. Oui, on craint pour son siège social. C'est son identité et cela lui confère, entre autres, un pouvoir économique important. Par contre, il y a tellement plus à préserver! Souhaitons que chacune des parties soit un bon chef de famille et qu'ils fassent de leur mieux pour que tous un chacun en sorte grandi, dans un juste équilibre.

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