Forte de sa majorité à la Chambre des communes, l'idéologie conservatrice décomplexée a sévi une nouvelle fois avec le dépôt du dernier budget fédéral. Plus de 650 emplois seront supprimés à Radio-Canada, dont près de la moitié dans les services français. C'est une nouvelle désastreuse pour la qualité et la diversité de l'information au Québec.
Les salles de nouvelles en région subissent ainsi de plein fouet le contrecoup de cette barbarie à visage mondain, avec l'appauvrissement durable appréhendé de l'offre de l'information. Jean Pelletier, premier directeur de l'information télévisée, déclarait le 4 avril dernier : «Sur le front de l'information, les moyens deviennent de plus en plus réduits.» Des émissions comme Enquête, qui a débusqué, dans les dernières années, de nombreux scandales, verront-elles leurs moyens d'investigation réduits ? Si oui, ce serait une très mauvaise nouvelle pour la démocratie et une très bonne nouvelle pour les bandits, cravatés ou non...
Qu'entend faire le gouvernement de Jean Charest face à la fragilisation de ce diffuseur public qui célébrait récemment avec fierté son 75e anniversaire ?
La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, qui connaît bien ces enjeux, s'est dite attristée et restera, dit-elle, attentive à la situation. Un peu court...
Interpellé sur cette question la semaine dernière à l'Assemblée nationale par Pauline Marois, la chef de l'opposition officielle, le premier ministre Charest n'a pas bronché et n'a pas semblé préoccupé de l'impact de ces coupes à Radio-Canada sur la qualité et la diversité de l'information dans les régions du Québec.
Une semaine plus tard, on attend toujours que le premier ministre Charest condamne le gouvernement conservateur de Stephen Harper pour ces coupes idéologiques et qu'il exige que Radio-Canada poursuive sa mission, soit celle d'offrir une information de qualité dans toutes les régions du Québec.
D'ailleurs, dans un article du journal Le Soleil , le 29 octobre 2011, le directeur des services français de Radio-Canada à Québec, Jean-François Rioux, disait, en marge du 75e anniversaire de l'institution, que « Radio-Canada est un repère dans la société, et une société sans repères est une société qui se perd », se réjouissant qu'au fil des ans, le contenu local prît une place grandissante, soulignant « que l'engagement au niveau régional est fondamental et est de plus en plus vrai ». Il en rajoutait en disant : « Si Radio-Canada Québec traitait l'information de la même manière que l'ensemble des autres médias, ce serait la noyade garantie. Le local est à la fois un gilet de sauvetage et une obligation envers le public ».
On peut toutefois présumer que les récentes (mauvaises) nouvelles émanant de son employeur ont eu un impact important sur son enthousiasme... surtout que l'article du Soleil était coiffé du titre : Radio-Canada : 75 ans tournée vers l'avenir.
Mais qui dit télévision publique, dit culture et le premier ministre Harper a depuis longtemps montré son vrai visage en ces matières. Déjà, entre 2004 et 2008, alors que je siégeais à la Chambre des communes, j'ai souvent eu l'occasion de dénoncer Stephen Harper (à la tête d'un gouvernement minoritaire en 2006) pour ses positions idéologiques archaïques et frémi à l'idée de le voir à la direction d'un gouvernement majoritaire... Je posais alors une question toute simple, à savoir si l'avènement d'un gouvernement conservateur majoritaire ne sonnerait pas le glas de la culture, au Canada en général et au Québec en particulier ? Les coupes à Radio-Canada, CBC et à l'Office national du film en sont un éloquent et triste préambule.
Le 75e anniversaire de Radio-Canada nous a rappelé la place unique de ce diffuseur public dans l'histoire et la vie culturelle du Québec, que ce soit au chapitre de l'information avec les René Lévesque et tant d'autres grands journalistes ; de son rôle dans la diffusion et le rayonnement de la chanson, de la poésie et du théâtre québécois ; de la production des grands téléromans et autres Beaux-Dimanches qui ont révélé aux Québécoises et aux Québécois leur exceptionnelle énergie créatrice et le talent inépuisable de ses artisans.
Le formidable héritage culturel qu'ils nous ont légué ne doit pas être dilapidé par pure dérive idéologique.
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Pour le reste : ces coupures feront du bien. J'ai déjà assisté à la venue du PDG de RC dans une station régionale. J'ai jamais vu un tel faste.
- Ricardo
- Des kiwis et des hommes
- Pour le plaisir
- L'union fait la force
- L'épicerie
Si c'est cela notre "culture" qu'il faut défendre (et subventionner)... je crois que l'on à un gros problème...
• Ils refusent de parler de l’histoire du Canada.
• Ils disent que les choses vont bien au Québec, mais refusent de parler de la condition des francophones hors-Québec.
• Ils évitent et refusent de répondre à des questions précises sur ces sujets.
Quitte à vous surprendre, Chuck Guitté exprimait la vérité et la perception d’Ottawa, lorsqu’il parlait des commandites, lors de la commission Gomery : « Nous étions en guerre! ».
http://www.ledevoir.com/politique/canada/73173/commission-gomery-charles-guite-un-modele-a-suivre
Quand René Lévesque prit le pouvoir le 15 novembre 1976, Roméo Leblanc était ministre de Trudeau et il avait dit que face aux séparatistes que le Conseil des ministres du Canada devenait un ''war room''.
1. En 1970, lors de la crise (sic) d’octobre;
2. En 1900-1920, lors de l’élimination des droits des francophones en Ontario, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, etc.…
3. Entre 1870 et 1930, l’exil de millions de Québécois aux États-Unis (13 millions en 1980);
4. En 1885, lors du massacre des Métis et la pendaison de Louis Riel;
5. En 1837-38, lors des patriotes;
6. En 1759-1800, lors de l’occupation militaire;
7. En 1759, suite à la prise de Québec;
8. En 1755-1763, lors de la déportation des Acadiens.
9. la crise de la conscription en 1917 et 1944, 1er avril 1918 à Québec où l’armée canadienne a ouvert le feu sur ses propres citoyens et tuée quatre personnes dans la foule et fait plus de 70 blessés.
Les 10 pires moments de l'histoire du Québec
http://www.youtube.com/watch?v=G6j85oXCyqU&feature=share
Ce qu’il nous faut c’est un vrai Radio-Québec, où on n’a pas à écouter la météo de Moose Jaw (la mâchoire d’orignal) et Thunder Bay (la baie du tonnerre) chaque matin en se réveillant ! De fait, ce qu’il nous faut c’est l’indépendance du Québec, où on pourra faire nos lois, lever nos impôts et signer nos traités !
"C'est une nouvelle désastreuse pour la qualité et la diversité de l'information au Québec."
Désolé de vous sortir de votre nombril, mais c'est une nouvelle désastreuse pour l'ensemble des francophones au Canada.
Voilà pourquoi il est impossible de mobiliser un plus grand nombre de citoyens francophones; si tu n'es pas 'québécois' (et même là on voit émerger une définition sournoise de ce qu'est un québécois), tu n'es pas francophone. Or, M. Kotto, c'est Radio-Canada - ce n'est pas parce que votre vision est territoriale (et même là les autochtones ont propriété sur un large territoire, mais ça, les séparatistes n'aiment en parler ou ne le savent pas), qu'il faut la souscrire à l'étroitesse d'esprit qui est votre vision des francophones en Amérique du Nord: français=québec.
Oui, ces coupures sont choquantes.
Faudrait peut-être mobiliser un peu plus que notre nombril?
Ce qui voudrait même dire, (oh my god!), même les anglais.
Le canada-des-anglos est un pays séparé, les ÉU aussi, le Mexique, la France, la Belgique, l'Algérie, le Pérou, le Viet-Nam, ..
David1975 a vraiment beaucoup de monde à détester