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L'homme et la femme sont comme les deux ailes d'un oiseau

08/03/2013 05:50 EST | Actualisé 31/07/2014 10:31 EDT

On a rarement vu dans les médias une série aussi tumultueuse d'événements rapportant des actes de violences envers les femmes qu'au cours des derniers mois. Tout le monde se souviendra de cette jeune fille indienne, décédée à la suite d'un viol brutal; de Malala, jeune Pakistanaise abattue d'une balle à la tête parce qu'elle voulait aller à l'école; et plus près de nous, de Tanya St-Arnaud, aspergée d'acide par son ex-conjoint.

Ces histoires horribles nous ont peut-être finalement fait prendre conscience que la violence envers les femmes est une agression envers la société dans son ensemble. Le viol, par exemple, n'affecte pas seulement la victime, aussi terrible que puisse être son traumatisme. C'est un acte qui perpétue une méfiance et une peur continuelle et permanente entre les femmes et les hommes. Les violeurs créent ainsi une profonde fissure dans le tissu social en nous faisant croire que chaque homme est peut-être un violeur en puissance. Les hommes veulent-ils vraiment qu'on ait cette image d'eux? Bien sûr que non! Pourtant, tous les hommes doivent porter ce fardeau, même si, faut-il le rappeler, la grande majorité d'entre eux ne sont pas des violeurs. Et si les hommes devenaient de réels champions de l'égalité? Leur condition, et bien sûr celle des femmes, ne s'en trouverait-elle pas grandement améliorée?

Prenons le débat sous un autre angle. Et si l'égalité des femmes et des hommes n'était pas un but à atteindre, mais plutôt une vérité fondamentale de la nature humaine? N'est-ce pas vrai que l'essence de notre humanité est asexuée, c'est-à-dire que notre âme et notre esprit ne peuvent être catégorisés ni dans le genre féminin ni dans le genre masculin? Accepter cet état de fait exige une transformation des attitudes, des croyances, des comportements et de certaines traditions culturelles, tout ça dans le but de nous mener vers une société plus juste et plus sécuritaire.

Il y a lieu de se poser des questions sur la façon dont nous éduquons nos enfants, puisque c'est là que tout commence. Est-ce que nos garçons et nos filles sont réellement socialisés dans un contexte qui reconnaît l'égalité? La plupart des jouets sur le marché sont hyper-stéréotypés et j'entends encore malheureusement trop souvent des gens dire à leur petit garçon de ne pas pleurer, parce que c'est une affaire de fille! Ces comportements contribuent à perpétuer des conceptions étroites de ce que sont la féminité et la masculinité, en plus de continuer à dévaloriser les contributions des femmes et à encourager des attitudes oppressives. Ne serait-il pas à propos d'entamer une réflexion profonde avec nos enfants afin de développer en eux un sens aigu de la responsabilité morale et une capacité à démontrer le principe de l'égalité entre les femmes et les hommes?

Les jeunes au début de l'adolescence sont particulièrement réceptifs à la discussion de concepts moraux, puisque leur conscience s'éveille aux enjeux sociaux qui les entourent. C'est une étape cruciale du développement de l'enfant qui offre une belle opportunité aux parents et aux écoles pour travailler sur le renforcement d'une identité positive chez les jeunes, mais aussi sur des façons de stimuler leurs réflexions pour qu'ils adoptent des comportements qui contribuent au mieux-être de leurs communautés. Comment faire pour encourager tous les garçons et toutes les filles à développer le courage moral nécessaire qui leur permettra d'adopter de nouveaux rôles et de nouvelles responsabilités, en vue de mettre en pratique le principe fondamental de l'égalité?

Les écrits baha'is disent que les hommes et les femmes sont comme les deux ailes d'un oiseau, si une aile reste faible, le vol est impossible. Il nous reste encore du chemin à faire pour voir une société égalitaire prendre son envol, mais ne sommes-nous pas sur la bonne voie? Le principe de l'égalité est évident pour la plupart des Québécois, il reste maintenant à trouver des façons de l'intégrer à nos structures sociales.

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