Ludovic Soucisse

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Ludovic Soucisse
 

Quatre débats à la rescousse de la démocratie

Publication: 10/08/2012 09:59

En cette campagne estivale, en plus d'avoir droit à une joute électorale des plus imprévisibles, nous assistons aussi à une lutte entre la télévision publique (Radio-Canada et Télé-Québec) et la télé privée (TVA). Avec l'annonce d'un grand débat à quatre (ou cinq) chefs le 19 août sur les ondes de la télé publique et de trois face-à face entre les chefs des trois principaux partis du 20 au 22 août sur TVA, les Québécois pourront pour une fois tirer profit de cette bataille que se font les géants des médias depuis des années.

Les quatre principaux partis politiques sont prêts depuis le printemps pour cette campagne et l'idée d'un débat qui devait inclure Québec solidaire était devenue incontournable depuis que le parti avait fait élire Amir Khadir en décembre 2008. Ce débat plus traditionnel, les partis l'attendent depuis longtemps, car sa forme est connue et le type d'échanges qu'on y retrouve est celui auquel les partis sont habitués depuis 1998 (qui fût le premier débat à inclure le chef d'un troisième parti).

Depuis 1994, les plans de campagnes des différents partis politiques prennent en considération la tenue d'un seul débat qui les propulse ensuite dans le tout dernier droit de la campagne électorale.
Une campagne électorale à quatre débats vient changer la donne pour les conseillers politiques qui prévoient les « lignes » de leurs chefs sur chacun des sujets et qui sont aussi ceux qui inventent les coups d'éclat des chefs lors de ces confrontations télévisées. Québec solidaire et Option nationale (sous réserve de leur participation) tenteront de jouer le tout pour le tout lors du premier débat, tandis que pour les trois autres chefs, la réelle confrontation aura lieu lors des trois jours suivants. Les stratégies seront donc complètement différentes et laisseront davantage de place aux vraies personnalités des chefs.

Des face-à-face incontournables

Les trois débats en duos entre MM. Legault et Charest ainsi que Mme Marois seront l'occasion pour les chefs d'aller au-delà des phrases faciles et des lignes d'attaque. Ils devront confronter directement leurs valeurs, leurs styles et leurs idées avec un adversaire au moins aussi préparé qu'eux et ce, dans un cadre qui donnera (idéalement) le même temps de parole aux deux belligérants. Cet exercice forcera les chefs à improviser rapidement et à nous montrer une partie d'eux-mêmes qu'on a trop peu souvent l'occasion de voir.

Lors des dernières élections présidentielles en France, le débat entre MM. Hollande et Sarkozy nous a montré tout le potentiel que pouvait avoir ce type d'exercice. TVA innove donc en nous donnant l'opportunité d'être témoins d'un réel débat entre les trois politiciens qui peuvent aspirer à devenir chef du prochain gouvernement. On pouvait s'attendre à l'indignation de Québec solidaire d'être tenu à l'écart de ces débats. La décision de TVA est toutefois la bonne, car selon tous les scénarios probables, QS ne fera élire qu'entre un et trois députés et n'est donc pas dans la course pour former le gouvernement.

Médias et politique

On reproche sans cesse aux médias de n'offrir qu'une infime partie de l'information disponible aux citoyens. En plus de sélectionner les nouvelles selon ce qu'ils considèrent être intéressant, la tendance des médias à interpréter le message des politiciens plutôt que de laisser ces derniers s'exprimer (par le biais de« clips » plus longs que les 7 ou 10 secondes actuelles) fait en sorte qu'il semble y avoir bien peu de communication non filtrée entre les citoyens et ceux qui aspirent à les représenter. Ces quatre débats seront une des rares occasions pour les citoyens d'analyser et de juger des discours des chefs de partis sans ces filtres interprétatifs que sont les bulletins de nouvelles ou les articles de presse écrite.

En période non-électorale, les émissions d'affaires publiques qui traitent de politique québécoise sont (trop) peu nombreuses et celles qui sont diffusées quotidiennement restent souvent en surface, invitent peu d'experts et surtout, ces dernières ne donnent pratiquement jamais la parole aux politiciens. Lorsqu'on compare la qualité des émissions politiques d'ici avec celles de nos voisins canadiens anglais (sur CBC ou sur CTV), avec celles des Français et celles des Américains, on ne peut que se désoler de voir qu'on accorde si peu d'attention aux débats politiques.

Cette fois, en plus de la couverture médiatique traditionnelle de la campagne électorale, la présentation de ces quatre débats donne davantage l'impression que nos entreprises de presse prennent au sérieux leur rôle d'information du public. On ne peut que s'en réjouir.

Loading Slideshow...
  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %

 
Suivre Le HuffPost Québec