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Gabriel Nadeau-Dubois, un politicien que nous attendions!

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Il est le jeune qui possède le plus grand potentiel pour pousser de l'avant l'immense projet d'ingénierie sociale qui fait la marque du Québec, depuis la Révolution tranquille.

Je suis d'accord avec Gabriel Nadeau-Dubois qui accuse la classe politique qui gouverne depuis 30 ans d'avoir «trahi le Québec».

La génération des 60 ans et plus a eu un rêve dans les années 60, mais ne l'a pas réalisé. Pourquoi la génération qui suit devrait-elle avoir le même rêve? Combien de jeunes dans la trentaine sont réalistes et affirment: «If you can't beat them, joint them» et apprennent l'anglais. Nous, les boomers, pouvons-nous demander à la jeune réalisation de réaliser le rêve que nous avions? Pouvons-nous exiger des immigrants de faire les enfants que nous n'avons pas eus?

René Lévesque et les dirigeants de sa génération, Jacques Parizeau, Bernard Landry, etc. portaient sur leurs épaules, peut-être trop fragiles, l'espoir de tout un peuple qui voulait devenir grand. Malheureusement, ils nous ont tellement entrainés dans un «va-et-vient giratoire, rotatif, tournant» (Réjean Ducharme), que nous avons perdu le nord alors que devant nous, l'un des nôtres, Pierre-Elliot Trudeau savait où il allait: sauver le Canada.

Nadeau-Dubois est jeune. Je crois qu'il est important de lui rappeler les bons et les mauvais coups de nos politiciens.

Lise Payette qui s'est battue pour les droits des femmes, Morgentaler pour l'avortement, Lise Beaudoin pour recevoir des médailles en France, le grand philosophe catholique Charles Taylor pour protéger les religions, Pierre Elliot Trudeau pour sauver le Canada, le juge en chef de la Cour suprême Antonio Lamer et le lobby des Droits de la Personne et de la Jeunesse pour sacraliser les Chartes québécoise et canadienne, Jacques Parizeau pour l'équité salariale, Claude Ryan l'ex-directeur du Devoir pour le camp du Non au Référendum, Pauline Marois pour les garderies, la réforme du système d'éducation et les mises à la retraite hâtive des fonctionnaires, Bernard Landry pour la Paix des Braves qui a couté trois milliards de dollars, Michel Tremblay pour les homosexuels, Paul-Gérin Lajoie créant le ministère de l'Éducation, René Lévesque nationalisant l'électricité, Maurice Duplessis qui a donné un drapeau au Québec, etc.

Nadeau-Dubois doit comprendre que les élites de sa génération doivent se battre comme se sont battus nos ancêtres, ceux qui «sont nés d'une race fière» selon les paroles de notre hymne national «Ô Canada».

Le sociologue Marcel Rioux a déjà écrit que, lors du Référendum de 1980, l'affaire des Yvettes, provoquée par une remarque méprisante de Lise Payette alors ministre du PQ, poussa des milliers de femmes à remplir le Forum pour le NON. Cette action n'était pas seulement l'affirmation des «Reines du foyer» face au dénigrement de Lise Payette. C'était aussi, disait-il, «au plan symbolique, la manifestation populaire profonde d'une désapprobation de la vie de libertin de René Lévesque. Il est important de ne jamais mépriser le peuple.»

S'en tenir à ses convictions est-il plus important qu'exercer le pouvoir?

Gabriel Nadeau-Dubois serait aussi surement d'accord avec la description de René Lévesque et des principaux dirigeants du PQ, par Martin Bisaillon dans son excellent livre «Le perdant». Un groupe d'individus qui ont préféré exercer le pouvoir plutôt que de réaliser les espoirs qu'un grand nombre de Québécois avaient placés en eux. S'en tenir à ses convictions est-il plus important qu'exercer le pouvoir?

L'aspirant co-porte-parole de Québec Solidaire dénonce aussi le Parti libéral du Québec, il devra comprendre ce qui en constitue l'essentiel. Le PLQ n'est pas comme le PQ en concurrence directe au niveau des idées avec QS. Le PLQ, c'est le parti du quotidien, de la gestion au jour le jour qui s'adapte à l'air du temps, sans une idéologie précise, sans le fameux «Projet de société» si cher à la gauche, sans idéaux, qui accepte tout, qui respecte le slogan : «Un chum c't'un chum», qui ne cherche pas à vivre «le Grand soir», qui aide ses membres, qui ne veut pas «passer à l'histoire», etc. ce parti ne propose pas une «nouvelle vision du monde», ou de fabriquer un «homme nouveau» ou une «femme nouvelle». GND devra réaliser que de nombreux Québécois se reconnaissent dans ce parti.

En ce qui concerne le gouvernement fédéral, Gabriel Nadeau-Dubois devra être prudent. C'est grâce a la péréquation qui force les provinces les plus riches du Canada a nous donner 10 milliards par année, que nous pouvons financer tous nos généreux programmes sociaux. Les garderies coutent un milliard par année au gouvernement du Québec, l'équité salariale aussi. Québec est la seule province à subventionner un organisme pour gérer le vent du sirop d'érable. Si on devait faire un décompte de ce que coutent nos 250 organismes financés par Québec, comme le disait Mario Dumont, nous atteindrions des montants astronomiques. Il n'est pas évident qu'en devenant indépendants nous pourrions nous payer toutes ces luxueuses mesures d'ingénierie sociale.

Après deux référendums perdus, j'espère qu'un grand homme ou une grande femme se lève bientôt au Québec. Le méritons-nous ? Je suis convaincu que Gabriel Nadeau-Dubois a l'étoffe pour devenir un grand politicien.

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