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Encore plus d'inégalités

29/01/2015 10:35 EST | Actualisé 31/03/2015 05:12 EDT

Oxfam International a encore frappé un grand coup en dévoilant un rapport troublant sur les inégalités extrêmes dans le monde. Le rapport révèle que près de la moitié des richesses mondiales est entre les mains d'une infime partie de l'humanité. La ritournelle est archiconnue depuis que le mouvement Occupy Wall Street s'est mis en branle : 1 % de la société a tout, alors que les 99 % restant se retrouvent devant très peu. Donc, à l'échelle planétaire, ce 1 % contrôle près de la moitié des richesses mondiales.

Pire encore, sept personnes sur dix vivent dans un pays où les inégalités se sont creusées au cours des 30 dernières années. Même le Forum économique mondial, qui s'est déroulé à Davos, en Suisse, du 21 au 24 janvier 2015, a qualifié ces inégalités de risque majeur pour les progrès humains. Pourtant, elles sont loin d'être en voie de se résorber.

Parler pour parler

L'on peut dire ceci des deux sujets majeurs à l'ordre du jour à Davos, soit les changements climatiques et les inégalités économiques : nos élites en parlent pour éviter d'avoir à réellement aborder le sujet.

En effet, bien que ces deux défis majeurs pour l'humanité soient en discussion à cette réunion de puissants, il est difficile de conclure que leur résolution figure au sommet de leurs priorités.

Et les inégalités?

Les inégalités économiques, faut-il le rappeler, ne relèvent pas d'une sorte de fatalité, mais bien de choix politiques et fiscaux délibérés. Quels facteurs influent sur les inégalités ? Les plus pertinents sont les changements sur le marché du travail provoqués par la mondialisation (davantage de commerce intensif et extensif, et d'immigration), la désindustrialisation et la baisse des taux de syndicalisation.

À ce titre, l'œuvre du gouvernement Harper est édifiante : projets de loi antisyndicaux (C-525 et C-377), signature d'accords économiques unilatéraux et vaste accord de libre-échange avec l'Union européenne, législation favorisant le recours aux travailleurs étrangers temporaires, investissements majeurs dans l'économie extractive au détriment de l'industrie manufacturière, etc.

Le Canada a connu la deuxième plus forte croissance du niveau d'inégalités entre 2000 et 2008. Les choix politiques du gouvernement Harper, additionnés aux compressions budgétaires, aux mises à pied dans la fonction publique et aux réductions de services à la population au fédéral et au provincial, contribueront à creuser l'écart.

Prospérité pour tous

Nous sommes en droit de nous demander à qui profitent ces choix politiques. La réponse se trouve peut-être en partie dans les résultats d'une récente étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) qui dévoile que, grâce aux baisses d'impôts que les gouvernements fédéral et provincial leur ont accordées (à nos frais !), les liquidités des entreprises canadiennes représentent actuellement 32 % du produit intérieur brut (PIB) du Québec, soit 97 milliards de dollars. Au Canada, ce serait 575 milliards qui dorment dans les coffres des entreprises !

Face à ce constat, deux pistes de solution s'offrent à nous pour réduire les inégalités : inciter les entreprises, par la législation, à réinvestir ce capital, et annuler les baisses d'impôts qui leur ont été consenties. De cette façon, nous pourrions continuer à offrir des services publics de qualité à la population et à assurer une plus grande prospérité qui profiterait réellement aux citoyennes et citoyens du pays.

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