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Le gouvernement Couillard a un gros problème de valeurs

11/11/2016 10:34 EST | Actualisé 11/11/2016 10:34 EST

Les membres du Parti libéral du Québec (PLQ) se réuniront en conseil général en fin de semaine pour réfléchir ensemble autour du thème «Le Québec au cœur de nos valeurs». J'avoue que j'ai dû me pincer pour être certaine que je ne rêvais pas.

Les libéraux de Philippe Couillard qui se proposent de se pencher sur les valeurs du Québec... De quelles valeurs parlent-ils?

La réponse se trouve sur le site web du PLQ: justice sociale, libertés individuelles, développement économique, respect de la société civile, équité intergénérationnelle et attachement à la démocratie.

Des valeurs bafouées sans remords

Des valeurs qui, depuis l'arrivée de Philippe Couillard au pouvoir, ont été plus souvent qu'autrement bafouées par son gouvernement dans l'élaboration de ses politiques et orientations. Pourtant, ce sont ces grands principes qui avaient inspiré la mise sur pied de nos services publics, notamment notre réseau d'éducation, nos services de garde et notre système de santé.

Ce sont ces valeurs mêmes que le gouvernement du PLQ a remises en question unilatéralement, sans mandat faut-il le rappeler, au nom d'une austérité budgétaire dont il n'avait jamais été question en campagne électorale.

Qu'à cela ne tienne, le gouvernement de Philippe Couillard s'est empressé d'affaiblir, de rapetisser et de pousser vers la privatisation nos services publics, qui nous sont si chers, et qui contribuent justement au maintien de la justice sociale, à l'équité intergénérationnelle, au développement économique, au respect des droits individuels et de la société civile, et qui rendent les citoyennes et citoyens plus attachés à leur système démocratique.

Un œuvre très parlante du ministre de la Santé

Prenons le seul cas du secteur de la santé et des services sociaux. L'œuvre de Gaétan Barrette est particulièrement parlante: abolition des conseils d'administration d'élus qui dirigeaient les agences de santé et de services sociaux, de même que les établissements, dans le seul but de rapatrier tous les pouvoirs à Québec au bureau du ministre. C'est lui qui désormais décide qui aura le droit de siéger sur les conseils d'administration de ses CIUSSS et CISSS. Et tant pis pour la démocratie et le respect de la société civile!

Que dire des centaines de millions de dollars imposés en coupes et compressions de toutes sortes sans aucun égard pour le personnel et les services dus à la population, pendant qu'on encourage de plus en plus l'intrusion du secteur privé dans notre système public de santé? Et tant pis pour les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, et tous les autres travailleuses et travailleurs, rendus à bout de souffle! Tant pis également pour les citoyennes et citoyens pour qui l'on réduit l'accessibilité aux soins et aux services! Ce n'est pas de la faute du ministre s'ils n'ont pas les moyens d'aller au privé. Que dire de la décision unilatérale une fois encore de centraliser dans les grands centres les laboratoires médicaux, malgré les multiples avis contraires de nombreux acteurs du réseau de la santé. Tant pis pour les conséquences et les risques que le déploiement d'Optilab causera aux patientes et patients.

Ces exemples résument bien les valeurs du gouvernement Couillard. Elles n'ont rien à voir avec la réflexion projetée par son parti en fin de semaine. Pas surprenant que le président sortant de la commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, ait écrit récemment que son parti est usé et délaissé par ses propres militants! C'est également le cas de la majorité de la population qui ne se reconnait plus dans les actions du gouvernement Couillard. Parions que tout cela n'est qu'une question de valeurs.

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