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Le contrôle des armes à feu est un problème parental

14/12/2012 04:59 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST
AFP

Plus d'une douzaine d'enfants sont allés à l'école ce matin et ont été tués avant le déjeuner.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a dit: "aujourd'hui n'est pas le jour" pour parler du contrôle des armes à feu.

Je ne suis pas d'accord. Aujourd'hui, on ne devrait parler que de ça.

Nous avons le cœur brisé, il est vrai. Mais le dire ne permettra pas de réparer quoi que ce soit. Cela ne fera revenir personne et cela n'empêchera ce genre d'évènements de se reproduire. Bien entendu, nous savons que nous aurions pu être les parents de Newtown. Il est important de s'en souvenir, mais ce n'est pas suffisant, notamment parce que cette prise de conscience n'élimine pas la possibilité que nous soyons les suivants.

Nous ne pouvons donc pas faire comme après Columbine, après Virginia Tech, après Aurora. Nous ne pouvons pas uniquement nous affliger et serrer nos enfants contre nous. Nous devons demander à notre pays de justifier son statut de nation civilisée. Nous devons le faire parce que notre rôle central de parents - peut-être notre seul rôle, vraiment - c'est de protéger nos enfants et leur permettre de grandir. Faciliter l'accès aux armes à feu nous empêche de remplir ce rôle-là.

Une étude dans le Journal of Trauma and Acute Care Surgery montre que le taux de meurtres par arme à feu aux États-Unis est 20 fois plus élevé que dans les 22 nations les plus riches et les plus peuplées combinées qui nous suivent. Tous ces pays ont des lois plus strictes sur le contrôle des armes.

Et puis il y a cette donnée: si vous rassemblez les morts par armes à feu dans les 23 pays les plus riches du monde, 80% des victimes sont des Américains. De tous les enfants tués par balles dans ces nations, 87% sont des Américains.

S'il vous plaît, ne me dites pas que si les adultes de l'école primaire de Sandy Hook avait été armé il en aurait été autrement. Cela se serait peut-être terminé différemment, mais cacher des armes dans la salle des professeurs n'est pas la façon dont nous voulons élever nos enfants.

Jose Luis Nunez avait un revolver pour protéger son fils. Son enfant de 4 ans s'est tué accidentellement avec mardi 11 décembre à Houston. Joseph V. Loughrey en avait un pour la même raison. Son fils de 7 ans, Craig est mort samedi 8 décembre dans la banlieue de Pittsburgh à la suite d'un coup de feu accidentel, alors que son père l'attachait au siège de sa voiture.

Et je ne parle que de cette semaine. Cette même semaine pendant laquelle, la National Rifle Association a fièrement tweeté compter 1.7 million «j'aime» sur leur page Facebook.

Aux États-Unis, nous mettons en valeur l'individualisme. Nous voyons l'éducation de nos enfants comme une affaire personnelle et nous n'avons jamais réussi à former un bloc "parental". Il est temps de le faire. Les armes à feu sont un problème parental et nous devons les contrôler aux noms des enfants qui sont morts ce matin. Nous devons le faire aussi aux noms de leurs parents.

Donc pleurez aujourd'hui, rassurez vos enfants. Jurez et priez. Et puis décrochez le téléphone, prenez votre plume, un clavier ou votre carnet de chèques et faites vous entendre. Toute la journée et tous les jours. Mais surtout aujourd'hui.

Voyez les photos de la plus récente tragédie aux États-Unis

Sandy Hook Elementary School Shooting

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