Linda Robertson

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Comment j'ai appris à vraiment aimer mon fils gai

Publication: 11/07/2013 14:45

Ce texte a été écrit le 5 décembre 2012, publié la première fois le 14 janvier 2013, son auteure tient le blog "Just because he breathes", ouvert après la mort de son fils Ryan, traduction : J. Grauling. Note du traducteur : paraît-il que le témoignage de Linda n'était pas étranger au volte-face d'Allan Chambers, président d'Exodus, l'une des plus grandes organisations internationales prônant les fameuses thérapies "Ex-gai", qui a présenté mi-juin des excuses complètes aux familles et aux personnes LGBT passées par ces thérapies.

Dans la soirée du 20 novembre 2001, une conversation par messagerie instantanée changea nos vies à jamais. Notre garçon âgé de 12 ans m'envoie des messages dans mon bureau à partir de l'ordinateur qui se trouve dans sa chambre.
Ryan : je peux te parler ?
Maman : Oui, j'écoute
Ryan : bien je ne sais pas vraiment comment le dire... Mais je ne peux continuer à me mentir à moi-même. J'ai caché ça depuis trop longtemps et j'ai pensé qu'il fallait te le dire maintenant. Bon, sûrement que tu as une petite idée maintenant de ce que vais te dire.
Ryan : Je suis gai
Ryan : j'arrive pas à croire que je te l'ai dit comme ça
Maman : Est-ce que c'est une blague ?
Ryan : non
Ryan : je pensais que tu comprendrais à cause d'oncle Don
Maman : bien sûr que oui
Maman : mais qu'est-ce qui te fait penser que tu l'es
Ryan : je le sais, c'est tout
Ryan : je n'aime pas Hannah
Ryan : c'est juste une couverture
Maman : mais ça ne fait pas de toi une personne homosexuelle...
Ryan : je sais
Ryan : mais tu comprends pas
Ryan : je suis gai
Maman : dis-m'en plus
Ryan : c'est que je suis comme ça et j'en suis sûr
Ryan : toi, t'es pas lesbienne et tu le sais... moi c'est la même chose
Maman : qu'est-ce que tu veux dire ?
Ryan : je suis gai, c'est tout
Ryan : je suis... ça
Maman : Je t'aime quoiqu'il en soit
Ryan : je sais
Ryan : je suis un garçon, pas une fille
Ryan : je suis attiré par les garçons, pas les filles
Ryan : tu sais ce qu'il en est pour toi, moi je sais pour moi
Maman : Dieu, que pense-t-il de ces désirs ? Tu y as réfléchi ?
Ryan : je sais
Maman : merci de m'en avoir parlé
Ryan : et je suis terriblement confus de tout ça, juste là
Maman : Je t'aime encore plus pour être honnête
Ryan : je sais
Ryan : merci

Nous étions complètement sous le choc. Pas que nous ne connaissions pas et n'aimions pas des personnes homosexuelles - mon propre frère unique avait fait son coming-out, il y quelques années, et nous avons énormément d'affection pour lui. Mais Ryan ? Il n'avait peur de rien, il était fort comme l'acier, et complètement garçon. Nous n'avions pas vu venir ça, et l'émotion qui nous submergea au point de ne plus en dormir la nuit et qui, tristement, influença toutes nos réactions pendant les six années à venir, cette émotion était la peur.

Nous disions toutes ces choses que nous pensions que des parents chrétiens croyant que la Bible est la Parole de Dieu devaient dire :
Nous t'aimons. Nous t'aimerons toujours. Et c'est dur. Vraiment dur. Mais nous savons ce que Dieu dit de ça, et tu vas donc devoir faire des choix vraiment difficiles.
Nous t'aimons. Mais d'autres ont affronté ce même combat, et Dieu a œuvré en eux afin de changer leurs désirs. On va te trouver les livres qu'ils ont écrits... tu pourras écouter leurs témoignages. Et nous mettrons notre confiance en Dieu pour cela.
Nous t'aimons. Mais tu es jeune, et ton orientation sexuelle évolue encore. Ces sentiments que tu as eus pour d'autres gars ne font pas de toi un gai. Alors, nous t'en prions, ne dis à personne que tu es gai. Tu ne sais pas qui tu es, pour l'instant. Ton identité n'est pas que tu es gai - ton identité est que tu es un enfant de Dieu.

Nous t'aimons. Nous t'aimerons toujours. Mais si tu penses suivre Jésus, la sainteté est ta seule option. Tu auras à choisir de suivre Jésus, quoiqu'il en soit. Et comme tu sais ce que la Bible dit et que tu veux suivre Dieu, accueillir ta sexualité n'est pasune option.

Au fond, nous disions à notre fils qu'il devait choisir entre Jésus et sa sexualité. Nous l'obligions à faire un choix entre Dieu et le fait d'être une personne sexuelle. Choisir Dieu signifiait en pratique de mener une existence de solitude (ne jamais tomber amoureux, recevoir un premier baiser, se tenir par la main, partager un compagnonnage intime, faire des expériences romantiques), mais cela signifiait aussi la vie en abondance, la paix parfaite et des récompenses éternelles. Alors, pendant les six prochaines années, il essayait de choisir Jésus. Comme tant d'autres avant lui, il adjurait Dieu de l'aider à être attiré par les filles. Il mémorisait les Écritures, rencontrait son pasteur responsable de la jeunesse, semaine après semaine, participait avec enthousiasme à tous les événements de son groupe de jeunes ecclésial et aux études bibliques, se fit baptiser, lisait tous les livres qui prétendaient savoir où ses sentiments gais trouvaient leur origine, plongeait dans les consultations pour mieux comprendre les « pourquoi » de son attraction non-souhaitée pour les garçons, suivait une douloureuse thérapie de résolution de conflits avec mon mari et moi, et construisait des amitiés fortes avec des garçons - des garçons straight (=hétéros), suivant en tout les conseils qu'il avait reçus. Il a même fait son coming-out devant son groupe de jeunes, en donnant son témoignage sur la manière dont Dieu l'a sauvé des pièges tendus par l'ennemi, tout en partageant - de mémoire - les versets, les uns après les autres, que Dieu avait utilisés pour mener Ryan vers Lui-même.

Mais rien n'avait changé. Dieu ne répondait pas à ses prières - ni aux nôtres - alors même que nous croyions fermement que le Dieu de l'univers - ce Dieu pour qui rien n'est impossible - pouvait rendre Ryan straight (non gai). Mais Il ne le faisait pas.

Alors que nos cœurs étaient sans doute bons (nous croyions vraiment que ce que nous faisions était de l'amour), nous n'avions même pas donné la chance à Ryan de lutter avec Dieu, de découvrir lui-même ce que Dieu pouvait lui signifier concernant sa sexualité, à travers les Écritures. Nous pensions fermement avoir donné à chacun de nos quatre enfants suffisamment d'espace pour mettre en question le christianisme, pour décider par eux-mêmes s'ils voulaient suivre Jésus, pour réellement acquérir leur propre foi. Mais nous avions trop peur de laisser à Ryan cette liberté quand il s'agissait de sa sexualité, par crainte qu'il puisse faire le mauvais choix.

Ainsi, juste avant son 18e anniversaire, Ryan - déprimé, suicidaire, désillusionné et convaincu qu'il n'arriverait jamais à se faire aimer de Dieu - fit un nouveau choix. Il décida de virer sa Bible par-dessus bord, et sa foi avec, et d'essayer de chercher ce qu'il souhaitait désespérément - la paix - d'une autre manière. Et la première chose qu'il essaya était la drogue.

Sans en avoir l'intention, nous avions appris à Ryan à haïr sa sexualité. Et comme la sexualité ne peut être séparée de la personne, nous avons inculqué à Ryan de se haïr lui-même. Ainsi, en consommant les drogues, il le faisait avec une telle imprudence et un manque de précaution pour sa propre sécurité que tous ceux qui le connaissaient s'en alarmaient.

Tout à coup, notre peur que Ryan pourrait un jour avoir un petit ami (possibilité qui honnêtement me terrifiait) parût triviale en comparaison avec celle qu'il pourrait mourir, d'autant plus qu'il venait de rejeter le christianisme et que sa colère contre Dieu grandissait.

Ryan commença avec de l'herbe et de la bière... mais en seulement six mois, il passa à la cocaïne, le crack et l'héroïne. Il était accro dès le début, et son aversion vis-à-vis de lui-même et sa rage contre Dieu ne faisaient que renforcer son addiction. Peu après, nous perdîmes le contact avec lui.
Pendant les un an et demi qui suivirent, nous ne savions ni où il était, ni même s'il était mort ou vivant. Et pendant cette période épouvantable, Dieu eut notre entière attention. Nous cessâmes de prier pour que Ryan devînt straight. Nous commençâmes à prier pour qu'il sût que Dieu l'aime. Nous cessâmes de prier qu'il n'eût jamais un petit ami. Nous commençâmes à prier qu'un jour il revînt à Jésus. Nous cessâmes même de prier qu'il revînt chez nous à la maison... nous souhaitions seulement qu'il revînt à la maison de Dieu.

Le jour où notre fils appela, après 18 longs mois de silence, Dieu avait complètement changé notre perspective. Comme Ryan avait commis certains actes vraiment terribles en consommant des drogues, la première chose qu'il me demanda était :

Penses-tu pouvoir me pardonner un jour ? (Je lui dis, bien sûr que oui, qu'il était déjà pardonné. Qu'il avait toujours été pardonné.)

Penses-tu pouvoir m'aimer de nouveau ? (Je lui dis que nous n'avions jamais cessé de l'aimer, pas une seconde. Que nous l'aimions plus que nous ne l'avions jamais aimé.)

Penses-tu possible que tu puisses même m'aimer avec un petit ami ? (En pleurant, je lui dis que nous pourrions l'aimer avec quinze petits amis. Que nous voulions juste qu'il revienne faire partie de nos vies. Que nous voulions juste avoir de nouveau une relation avec lui... et avec son petit ami.)

Un nouveau voyage venait de commencer. Un voyage de guérison, de restauration, de communication ouverte et de grâce. Enormément de grâce. Et Dieu était présent à chaque pas du chemin ; Il nous conduisait et nous guidait en nous rappelant gentiment de simplement aimer notre fils, en laissant le reste à Ses soins.

Pendant les prochains dix mois, nous apprenions à aimer notre fils. Point à la ligne. Pas de mais. Pas de préalables. Juste parce qu'il respire. Nous apprenions à aimer quiconque notre fils aimait. Et c'était facile. Ce dont j'avais tellement peur auparavant, devenait une bénédiction. Le cheminement se passait sans erreurs, nous n'avions que de la reconnaissance les uns pour les autres, et le langage des excuses et du pardon devint une part naturelle de notre relation. Pendant que notre fils poursuivait sa rémission des addictions à la drogue et à l'alcool, nous le soutenions. Dieu nous enseignait comment l'aimer, nous réjouir de lui, d'être fier de l'homme qu'il était en train de devenir. Nous étions tous en voie de guérison... et, le plus important, Ryan commença à penser que si nous étions capables de lui pardonner et de l'aimer, Dieu le serait peut-être Lui aussi.

Et puis, Ryan fit l'erreur classique de tout dépendant en rémission... il se remit à fréquenter ses anciens amis... ses amis usuels et usants. Et un soir, qu'il pensait simplement passer à regarder des films, il s'est shooté, pour la première fois depuis dix mois... et pour la dernière. Ryan est mort le 16 juillet 2009. Et nous perdîmes la possibilité d'aimer notre fils gai... parce que nous n'avions plus de fils gai. Ce que nous avions souhaité et espéré, ce pourquoi nous avions prié... de ne pas avoir un fils gai, s'est réalisé. Pas du tout, cependant, de la manière dont nous l'avions envisagé.

Aujourd'hui, quand je repense à la peur qui avait gouverné toutes mes réactions pendant les six premières années après l'annonce de Ryan disant qu'il était gai, j'ai honte de m'apercevoir quelle folle j'étais. J'avais peur des mauvaises choses. Et ce qui me chagrine, ce n'est pas seulement la perte de mon fils aîné qui me manquera chaque jour qui me reste à vivre, mais ce sont les erreurs que j'ai commises. Le chagrin me ronge à cause de ce qui aurait pu être, si nous avions cheminé dans la confiance et non dans la peur. Aujourd'hui, à chaque fois que Rob et moi rejoignons nos amis gais lors d'une soirée, je rumine et me dis combien j'aurais aimé venir dîner avec Ryan et son partenaire. Au lieu de cela, nous visitons sa pierre tombale. Nous célébrons des anniversaires : les aurait-été-anniversaires et le jour inoubliable de sa mort. Nous nous habillons en orange - sa couleur. Nous amassons des souvenirs : photos, vêtements qu'il a portés, notes manuscrites, listes d'affaires qu'il aimait, les bribes de ses passions, collections de chansons drôles qu'il avait inventées, son maillot Curious George et son maillot de baseball, tout, absolument tout ce qui peut nous rappeler notre merveilleux garçon... car c'est tout ce qui nous reste, il n'y aura plus de nouveaux souvenirs. Nous nous réjouissons de nos enfants devenus adultes et de la famille qui s'agrandit quand ils se marient... mais nous souffrons à cause de celui qui manque dans notre « bande de quatre ». Nous inscrivons l'existence avec des dates marquées AC (avant-coma) et AD (après-décès), parce que nous sommes des gens différents maintenant ; notre vie a changé irrévocablement - en un million de façons - par sa mort. Nous soignons les amitiés avec d'autres qui « peuvent comprendre »... parce qu'eux aussi ont perdu un enfant.

Nous versons des larmes. Nous implorons le Ciel de nous accorder grâce et miséricorde et rédemption, tout comme nous tentons non de devenir meilleurs, mais d'être meilleurs. Et nous prions que Dieu puisse employer notre histoire, de quelque manière que ce soit, pour aider d'autres parents à apprendre à aimer leurs enfants, en vérité. Simplement parce qu'ils respirent.

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  • Sappho (600 av. J.-C.)

    Cette poétesse grecque a vécu à Mytilène, sur l'île de Lesbos, d'où le terme "lesbienne". Elle a aussi donné son nom au saphisme (homosexualité féminine). Sappho était mariée avec un homme, mais chez les Grecs, homosexualité et maraige hétérosexuel n'étaient pas incompatibles.

  • Socrate (-470 à -399)

    L'amour de Socrate pour les jeunes hommes était connu. Il eut notamment pour amant le jeune Alcibiade, qui le pourchassait sans cesse, comme il est décrit dans Le Banquet : "L'amour de cet homme n'est pas pour moi un médiocre embarras (...). Depuis l'époque où j'ai commencé à l'aimer, je ne puis plus me permettre de regarder un beau garçon ni de causer avec lui sans que, dans sa fureur jalouse, il ne vienne me faire mille scènes extravagantes, m'injuriant, et s'abstenant à peine de porter les mains sur moi"

  • Alexandre Le Grand (356-323 av JC)

    Alexandre Le Grand, roi de Macédoine, est l’un des plus grands conquérants de l’histoire. Mais guerrier et homosexuel sont deux caractères qui ne s'opposent pas du tout à cette époque, où l'amour des hommes entre eux est bien accepté. Alexandre Le Grand est marié avec une femme, il est demeuré attaché tout sa vie à son amour d'enfance, Héphaestion, éduqué comme lui par le philosophe-précepteur Aristote. Selon Lane Fox, professeur à Oxford et auteur d'une biographie sur Alexandre, ils auraient tous deux été amants.

  • Léonard De Vinci (1452-1519)

    La controverse continue, mais aujourd'hui, la plupart des scientifiques s'accordent pour dire que Léonard de Vinci était bisexuel. A 24 ans, il a même été accusé de "sodomie active" envers un jeune homme de 17 ans. Il était par ailleurs entouré de jeunes garçons, dont l'un d'eux, Salaï, serait "la muse du visage et du sourire de La Joconde" <a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2010/07/21/les-deux-amours-de-leonard.html">selon l'historien Michel Larivière</a>.

  • Richard 1er Coeur de Lion (1157-1199)

    Richard Coeur de Lion, Roi d'Angleterre, était amoureux de Philippe II Roi de France. On ne sait pas s'il s'agissait d'un amour entièrement "consommé", mais on sait qu'ils partageaient le même lit.

  • William Shakespeare (1564-1616)

    Le poète anglais a été contraint à 18 ans d'épouser une femme, de 18 ans son aînée... Mais à peine les jumeaux nés, il s'enfuit ! "Sous le règne d’Elisabeth, la sodomie est punie de la peine capitale, le poète sait se montrer prudent",<a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2011/11/23/william-shakespeare-to-bi-or-not-to-bi.html"> raconte l'historien Michel Larivière</a>. Mais certains de ses sonnets sont explicites, comme le XXXIII : "Homme, tu domines tout de ton état suprême, Dérobant les regards des hommes et fascinant l’âme des femmes Tu fus d’abord créé pour être femme Puis quand la nature t’eut fait elle délira Et par une addition me frustra de toi En t’ajoutant une chose dont je n’ai que faire, Puisqu’elle t’a donné un membre pour le plaisir des femmes Donne leur la jouissance, garde-moi ton amour"

  • Louis XIII (1601-1643)

    Louis XIII a épousé Anne d'Autriche,certes, mais il ne l'a pas beaucoup "honorée" ... Selon les mots de son médecin, Jean Héroard, le jeune Louis XIII a "de la honte et une haute crainte" à aller voir la reine...Il a ensuite eu un certain nombre de favoris (masculins donc), qui selon le Vénitien Morosini, étaient là "non pour les affaires de l'Etat mais pour la chasse et les inclinations particulières du roi".

  • Frédéric II de Prusse (1712-1786)

    L'homosexualité de "Frédéric le Grand" est le plus souvent absente des manuels scolaires, mais elle est aujourd'hui communément admise par les Historiens. Il eut par ailleurs une relation avec Voltaire, celle-là plus platonique, qui s'est fini tristement. Il fit enfermer Voltaire de peur que celui-ci ne divulgue ses poèmes, parfois très audacieux, et clairement homosexuels. Après la rupture, Voltaire lui renverra <a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2010/08/17/frederic-ii-le-grand-amoureux.html">selon l'historien Michel Larivière </a>ses décorations et ses ordres accompagnés d'un dernier quatrain ambigu : "Je les reçus avec tendresse / Je vous les rends avec douleur / C'est ainsi qu'un amant, dans son extrême ardeur / Rend le portrait de sa maîtresse".

  • Frédéric Chopin (1810-1849)

    Chopin était-il gay? Bisexuel, sans doute. <a href="http://gayscelebres.hautetfort.com/archive/2010/07/29/chopin-et-maman-george.html">Selon l'historien auteur de <em>Homosexuels et bisexuels célèbres</em></a>, George Sand aurait un jour confié à son ami Grzymala : "Il y a sept ans que je vis avec Chopette comme avec une vierge". Son amour de toujours était un dénommé Tytus, à qui il écrit en octobre 1849. "Mes médecins m’interdisent de quitter Paris. (…) Sinon, je t’aurais rencontré quelque part en Belgique. J’aurais tellement aimé que nous passions ensemble un moment de bonheur complet. Je n'ai jamais été aimé comme je l'aurais voulu".

  • Gustave Flaubert (1821-1880)

    "Madame Bovary, c'est moi" : la célèbre phrase de Flaubert résonne différemment si on l'envisage sous l'angle de son homosexualité. Flaubert était-il homosexuel? Selon Harry Redman, qui a publié <a href="http://books.google.fr/books/about/Le_c%C3%B4t%C3%A9_homosexuel_de_Flaubert.html?id=PbZcAAAAMAAJ&redir_esc=y"><em>Le côté homosexuel de Flaubert</em></a>, l'écrivain était au moins bisexuel. Certains écrits de sa correspondance sont assez crûs, à tel point que le premier éditeur de Flaubert, aurait supprimé tous les passages concernant l’homosexualité. L'un de ces passages, écrit au collège à son camarade Alfred Le Poitevin, est explicite : "Continuité du désir sodomite, bandaison dans la culotte pour le beau Morel. Intensité lubrique, masturbation réciproque avec Morel".

  • Paul Gauguin (1848-1903)

    Dans <em>Paul Gauguin: An Erotic Life</em>, Nancy Mowll Mathews rapporte une anecdote, racontée dans <a href="http://books.google.fr/books/about/Noa_Noa.html?id=8NTaLM5pZKAC&redir_esc=y"><em>Noa Noa</em></a>, son journal de bord à Tahiti. Il y aurait souhaité "être pour une fois l'être passif qui aime et obéit". Peut-être au courant de certains aspects de la vie sexuelle de Gauguin, une Américaine a essayé de détruire <em>Les deux Tahitiennes</em> l'année dernière à Washington, <a href="http://next.liberation.fr/arts/01012329933-une-toile-de-gauguin-trop-homosexuelle">la jugeant "trop homosexuelle"....</a>

  • Paul Verlaine (1844-1896) et Arthur Rimbaud (1854-1891)

    L'amour de Verlaine et Rimbaud (en bas à gauche dans le tableau) ne fait plus de doutes. Mais il gêne toujours : certains poèmes de Rimbaud et Verlaine "ne figurent toujours dans aucune œuvre soi-disant complète de grandes maisons d’édition”, <a href="http://www.tetu.com/actualites/culture/les-gays-censures-par-lhistoire-quon-arrete-le-delire-leonard-de-vinci-etait-homo-20544">comme l'a fait remarquer l'historien Michel Larivière.</a>

  • Marcel Proust (1871-1922)

    La préférence de Proust pour les hommes est une des moins ignorées de l'histoire de la littérature. On connaît moins <a href="http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/6-fevrier-1897-proust-fait-le-coup-de-feu-dans-le-bois-de-meudon-quel-homme-06-02-2012-1427774_494.php">cette anecdote</a> : quand en février 1897 Marcel Proust provoqua en duel le venimeux et féroce Jean Lorrain, critique de littérature, pour avoir évoqué son homosexualité et révélé en plein jour la relation intime qu'il entretenait avec Lucien Daudet, le fils d'Alphonse Daudet. Fort heureusement, chacun des deux rivaux tira par terre...

  • Colette (1873-1954)

    Colette s'entoure de femmes homosexuelles après avoir divorcé de son mari le critique Henry Gauthier-Villars; Elle aura une liaison notamment avec notamment avec Mathilde de Morny, fille du duc de Morny, qui devient sa partenaire sur scène. Elle épouse quand même trois hommes au cour de sa vie, et ne fut donc pas toujours éprise que de femmes.

  • Virginia Woolf (1882-1941)

    Virginia Woolf était l’épouse de l'écrivain Leonard Woolf, avec lequel elle disait filer un grand bonheur, même si plusieurs biographes ont supposé que leur mariage n'avait jamais été pleinement consommé. Des années après son mariage, elle rencontre en 1922 Vita Sackville-West, poétesse et romancière. Leur relation durera des années...

  • Francis Bacon (1909-1992)

    Difficile d'ignorer l'homosexualité de Francis bacon, quand on connaît un peu ses oeuvres, tant la question du corps, corps de l'homme et aussi corps masculin, y est présente. "Ma peinture est le reflet de ma vie", disait le peintre. Il semblerait qu'il ait eu aussi quelques penchants pour le travestissement : selon l'historien d'art Michel Archimbaud, son père l'aurait renvoyé du foyer familial à l'âge de 16 ans après l'avoir surpris en train d'essayer les sous-vêtements de sa mère.

  • Jean Genet (1910-1986)

    Difficile là encore d'ignorer l'homosexualité de l'écrivain pour qui connaît son oeuvre tant elle transpire de tous ses textes. Et parfois crûment, <a href="http://memoiredusilenceblogspotcom.blogspot.fr/2010/12/le-funambule.html">comme dans <em>Le Funambule</em></a>, oeuvre dédié au jeune acrobate Abdallah Bentaga : "Bande, et fais bander. Cette chaleur qui sort de toi, et rayonne, c’est ton désir pour toi-même – ou pour ton image – jamais comblé".

  • Alan Turing (1912-1954)

    Terrible histoire que celle d'Alan Turing, ce "père de l'informatique" <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2012/06/24/alan-turing-informatique-intelligence-artificielle_n_1622013.html">dont on vient tout juste de fêter le 100ème anniversaire de la naissance</a>. Malgré tous les bons et loyaux services rendus, comme la découverte des codes secrets nazis durant la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne le condamna en 1952 pour "outrage aux bonnes moeurs" en raison de son homosexualité, encore illégale à l'époque. Il fut contraint à la castration chimique, sanction insupportable qu'il choisit d'éviter en absorbant du cyanure.

  • Michel Foucault (1926-1984)

    Dans la biographie qu'il a faite de lui, Didier Eribon raconte que Michel Foucault vivait très mal son homosexualité. Selon Didier Eribon, quand Michel Foucault rentrait de ses fréquentes sorties dans les bars gays, il restait prostré pendant des heures, anéanti par la honte. Il confessera lui-même que "c'est tout de même un problème impressionnant quand on le découvre pour soi-même [qu'on est homosexuel]. Très vite, ça s'est transformé en une espèce de menace psychiatrique : si tu n'est pas comme tout le monde, c'est que tu es anormal, si tu es anormal, c'est que tu es malade". Il fera deux tentatives de suicide, <a href="http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I07290569/didier-eribon-michel-foucault.fr.html">vraisemblablement liées aux difficultés d'assumer socialement son homosexualité à cette époque</a>.

  • Joan Baez (1942-)

    C'est une toute petite relation à l'échelle d'une vie, mais elle éclaire d'une certaine manière une partie du combat de Joan baez en faveur des droits des LGBT. <a href="http://articles.latimes.com/1987-06-14/entertainment/ca-6960_1_baez-joan-voice">Elle a reconnu pour la première fois cette relation en 1972</a>, une relation d'un an alors qu'elle avait 19 ans. Par la suite, <a href="http://www.contactmusic.com/news-article/baez.s-lesbian-admission">elle n'aura des liaisons plus qu'avec des hommes.</a>

 

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