J'adore les enfants. Mais à cette étape de ma vie, je suis très contente de les garder à une distance raisonnable.

Mon conjoint et moi avons discuté de la «chose» plusieurs fois, et nous sommes toujours arrivés à la même conclusion. Nos parents étaient plus jeunes que nous lorsqu'ils nous ont mis au monde; mais malgré notre maturité et notre désir sincère d'avoir des enfants, nous ne sommes pas encore prêts à assumer l'énorme responsabilité qui vient avec le bruit de leurs petits pas sur le plancher.

Lorsque ma meilleure amie m'a annoncée qu'elle était enceinte de son mari, je dois admettre que j'ai eu un sursaut d'émotions contradictoires. J'ai ressenti la joie de voir leur désir devenir réalité - sachant qu'ils ont toutes les qualités pour faire d'excellents parents.

En même temps, je n'ai pu m'empêcher d'être jalouse. Je croyais que les spectacles rock, les sorties à la campagne et la douce folie que je partageais avec ma copine étaient définitivement révolus, puisque son petit monstre allait dorénavant monopoliser son existence.

Heureusement, les choses se sont replacées rapidement. Une fois la routine bien installée au sein du couple et le bébé assez grand pour être confié à une gardienne, mon amie a pu me consacrer un peu de temps. Nous avons même été voir quelques spectacles.

L'effet le plus inattendu de la maternité de mes amies est que j'ai maintenant autant de plaisir en présence de leurs enfants que lorsque j'étais uniquement entourée d'adultes. Les pique-niques au parc et les parties de frisbee ont pris une tournure plus énergique, voire hilarante.
Les fins de semaine au chalet sont devenues plus frénétiques, quoique moins alcoolisées. La baignade et les parties de ballon de plage en sont maintenant l'activité principale. Les soupers que nous organisons sont aussi plaisants qu'avant (même si, après coup, le ménage est devenu fastidieux).

Je le répète: j'adore les enfants. Mon conjoint et moi sommes absolument enchantés d'être «oncle et tante honorifiques». Le contact avec les rejetons de nos amis communs est extrêmement enrichissant.

Mais lorsque le plaisir et le jeu tournent à la crise de fatigue, aux pleurs et aux inévitables changements de couche, nous sommes enchantés de les embrasser sur le front et de déguerpir aussitôt vers le bar d'un hôtel branché, où nous pourrons déguster un bon pinot noir.

Nous profitons donc du meilleur des deux mondes. Pour l'instant.