Laure Cohen

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La gestion du temps, un faux problème

Publication: 13/03/2013 14:18

Dernièrement, j'ai travaillé avec un client qui a fondé son entreprise avec tout ce que cela comporte de défis: financement, acquisitions, positionnement de la marque, partenariats, gestion de crise, gestion de la croissance, et j'en passe.

Croyez-vous qu'il cherchait de l'aide sur de tels sujets? Non.

Son plus grand problème, celui qui commençait à prendre des proportions démesurées et à sérieusement mettre en danger son équilibre, c'était: la gestion du temps.

Passer d'une entreprise de quelques employés à plus d'une centaine lui a soudainement fait réaliser qu'il n'était plus maître de son temps.

Panique!

Cours de gestion du temps, gestion d'Outlook, livres de gurus sur le sujet... Rien n'y fait.

Il retombe toujours dans ses «mauvaises habitudes».

De mon humble avis, il n'y a pas de sujet plus casse-gueule à aborder en coaching que celui de la gestion du temps.

D'abord, tout semble avoir été dit et découvert. Visitez les étagères virtuelles d'Amazon.ca pour constater qu'elles débordent de conseils: S'organiser pour réussir, The 4-Hour Workweek, Les 7 habitudes des gens efficaces... 140 pages de livres écrits sur le sujet!

J'ai assez roulé ma bosse auprès de clients en mal de temps pour réaliser qu'ils savent parfaitement quoi faire et même comment faire pour régler leurs problèmes. Mais après deux jours d'efforts pour changer leurs habitudes, ils abandonnent la partie. Comme dans un régime, ils n'ont plus la volonté de résister à la crème glacée.

Après tout, ils ont si bien réussi jusqu'à maintenant. La douleur n'est pas encore assez forte pour changer. À quoi servirait que je leur donne encore des trucs sur la productivité, les priorités, les urgences, les calendriers?

Alors, comment aider mon client?

Le vrai problème s'appelle la résistance

La résistance à changer, à déléguer, à faire confiance, à communiquer ses besoins, à demander de l'aide, à se renouveler, à gérer autrement. Et on amalgame tout ça sous le nom de gestion du temps! C'est tellement commode.

Pourquoi donc? Parce que c'est une façon subtile de rationaliser le problème de manque de temps, de se justifier alors qu'en réalité, on doit affronter autre chose. Et peut-être même qu'on n'a pas du tout envie de confronter son vrai petit démon.

Ça s'appelle de la résistance

Que lui ai-je proposé à ce client?

D'accord. Je lui ai donné quelques trucs parce qu'il en voulait vraiment, pour le rassurer aussi.

1. Prendre exemple sur Maestro Nagano, le chef d'orchestre de l'OSM: minuter ses rencontres (il est très en demande), s'en tenir au temps alloué, et terminer 5 minutes à l'avance pour respirer entre deux rencontres.

2. Apprendre à demander de l'aide. Pour un dirigeant qui a du succès dans ses affaires, ce n'est pas si facile. Imaginez! Demander, par exemple, à son assistante pour qu'elle l'aide à faire le ménage de sa boîte de messagerie.

3. Lire À la recherche du temps perdu, parce que c'est un livre qui prend une vie à lire. Et mieux gérer son temps, c'est aussi savoir perdre son temps, mais le perdre avec plaisir.

Mais surtout, sur quoi avons-nous travaillé?

  • Déléguer, faire confiance à l'équipe, communiquer.
  • Gérer son temps, c'est se renouveler. Gérer son temps, c'est gérer sa résistance.
  • Gérer son temps, c'est faire face au changement.
  • Gérer son temps, c'est apprendre en faisant des erreurs.
  • Gérer son temps, c'est bien plus que gérer les minutes qui passent.

Ce qui me passionne dans mon métier de coach, c'est que les problèmes de gestion sont en vérité des problèmes universels auxquels nous faisons tous face - ce temps qui s'écoule, profitons-en tant qu'il passe!

 

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