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Seins: la vraie raison pour laquelle les hommes en sont fous

Publication: 27/09/2012 09:04

Les blagues sur les seins et les hommes qui les regardent sont de tels ressorts comiques qu'ils sont devenus des clichés. Combien de fois on a vu un homme parler avec une femme pulpeuse pour finir par voir cette femme pointer ses propres yeux en disant : "Hé, mec, c'est là qu'il faut regarder !"

C'est drôle - ou du moins c'était drôle les douze premières fois où on l'a dit - parce que c'est vrai. Les yeux du mâle ont vraiment tendance à dériver vers le bas. Pourquoi ? Pourquoi les hétérosexuels sont si fascinés par les seins des femmes qu'ils agissent parfois comme s'ils étaient le siège de leur esprit ?

Et bien, il se trouve que nous sommes des hommes hétérosexuels. Il se trouve aussi que nous éprouvons aussi de l'intérêt pour la biologie - l'un d'entre nous, Larry, est l'un des experts mondiaux de la neuroscience du lien social. Nous avons donc décidé de réfléchir à la question et dans notre nouveau livre, The Chemistry Between Us: Love, Sex, and the Science of Attraction, nous proposons même une réponse.

Biologiquement parlant, cette obsession du mâle humain pour les seins est assez bizarre. Les hommes sont les seuls mammifères mâles à être fascinés par les seins dans un contexte sexuel. Les femmes sont aussi les seules mammifères femelles dont la poitrine grossit à la puberté, indépendamment des grossesses. Nous sommes également la seule espèce où les mâles caressent, massent, et même stimulent oralement les seins durant les préliminaires et l'acte sexuel.

Les femmes ont l'air d'apprécier l'attention, du moins si elle survient au bon moment. Quand Roy Levin, de l'université de Sheffield, et Cindy Meston, de l'université du Texas, ont interrogé 301 personnes - dont 153 femmes - ils ont découvert que pour 82 % des femmes, stimuler la poitrine ou les tétons augmentait l'excitation sexuelle. Presque 60 % avaient d'ailleurs demandé à leur partenaire de leur toucher les seins.

Les hommes sont généralement ravis de leur faire plaisir. A voir le succès de la chaîne de restaurants Hooters (où les serveuses doivent porter un uniforme sexy, NdT), le nombre infini de sites web, et presque 10 000 ans d'art, les hommes sont en effet très portés sur la chose, et pas seulement parce que, dés l'enfance, ils apprennent à la récréation qu'ils devraient s'intéresser aux seins. C'est biologique et complètement ancré dans notre cerveau ! Des recherches indiquent même qu'en fait, dés que nous sommes confrontés à une paire de seins, ou même à un simple stimulus apparenté, comme un soutien-gorge, nous commençons à prendre de mauvaises décisions (et pas seulement celle d'aller manger chez Hooters).

Par exemple, dans une étude, on offrait à des hommes de l'argent : soit ils pouvaient avoir tout de suite quelques euros, soit s'ils attendaient quelques jours, plus d'euros. Dans cette version de l'expérience classique de la "récompense différée" (également appelée choix intertemporel par les économistes comportementaux), certains hommes ont regardé des films présentant des scènes champêtres, tandis que d'autres ont regardé des femmes attirantes assez dénudées et courant au ralenti, façon Alerte à Malibu : les hommes qui ont regardé ce défilé de seins ont plus souvent opté pour la solution "moins d'argent tout de suite", que ceux qui ont visionné les scènes bucoliques.

Cette expérience suggère donc que la partie du cerveau associée à la "récompense", au plaisir et à la motivation orientée vers un but, diminuent l'influence des fonctions rationnelles du cerveau, principalement le cortex préfrontal. Les substances neurochimiques activaient les circuits de la récompense et de la motivation pour conduire ces hommes à accepter moins d'argent.

Donc une paire de seins est très tentante. Mais à quoi cela sert vraiment ?

Selon des théories de biologie évolutive, une poitrine abondante était perçue par l'homme comme un signe de bonne santé de la femme en question, qui devenait du coup une option de tout premier ordre pour porter et élever des enfants. Mais les hommes ne sont pas connus pour faire les difficiles concernant leur partenaires sexuels. Après tout, le sperme est bon marché. Puisque nous ne pouvons pas tomber "enceints" ni porter des enfants, cela ne nous coûte pas cher de l'éparpiller à droite à gauche. Si le but principal du sexe - en termes d'évolution - est de transmettre les gènes, cela a plus de sens de coucher avec le plus de femmes possibles, qu'elles ressemblent ou non à la Playmate du mois dernier.

Une autre hypothèse est basée sur l'idée que pour la plupart des primates, l'acte sexuel se résume à une pénétration par derrière. Ceci expliquerait peut-être pourquoi certaines femelles singes exhibent avec un art consommé leur arrière-train. Chez les humains, avec le temps, les seins seraient devenus plus gros pour imiter le contour des fesses féminines.

Nous pensons que ces deux hypothèses sont des foutaises ! Sans aucun doute, il n'y a qu'une seule explication neurologique et elle a à voir avec les mécanismes du cerveau qui aident au développement du lien très fort entre une mère et son enfant.

Quand une femme donne naissance, son bébé va commencer une manipulation assez élaborée de la poitrine maternelle. Cette stimulation envoie des signaux au cerveau, déclenchant la production depuis l'hypothalamus d'une substance neurochimique appelée ocytocine. Celle-ci va à son tour stimuler les muscles de la poitrine maternelle pour faire sortir le lait, rendant la mère capable de nourrir son enfant.

Mais la production d'ocytocine a d'autres effets. Quand c'est le bébé qui en est à l'origine, l'attention de la mère se porte sur lui, il devient la chose la plus importante au monde. L'ocytocine, agissant de concert avec la dopamine, aide aussi à imprimer dans le circuit neuronal maternel, le visage, l'odeur et les bruits de son bébé, faisant de la maternité et de l'allaitement une expérience positive, et motivant la mère à la poursuivre, tout renforçant le lien mère-enfant. Ce lien n'est pas seulement le plus beau lien social qui puisse exister. C'est aussi le plus long, qui dure toute une vie.

Une autre étrangeté humaine est que nous sommes parmi les rares animaux à pratiquer l'acte sexuel face-à-face, regardant dans les yeux de l'autre. Nous pensons que cette particularité de la sexualité humaine a évolué dans ce sens pour exploiter le lien séculaire mère-enfant comme moyen d'améliorer la formation du lien entre amants.

Quand un partenaire touche, masse ou mordille les seins d'une femme, cela déclenche le même type de réactions neuronales que l'allaitement. L'ocytocine concentre l'attention du cerveau sur le visage, l'odeur et les sons du partenaire. La combinaison entre l'ocytocine produite par la stimulation de la poitrine, et l'irruption de la dopamine avec l'excitation des préliminaires et du sexe face-à-face, contribuent à créer une association entre le visage et les yeux du partenaires avec des sentiments de plaisir, construisant un lien dans le cerveau féminin.

Bref, vous pouvez plaisanter tant que vous voudrez, mais notre fascination pour vos seins, loin d'être suspecte, est un mouvement inconscient dicté par l'évolution, et qui nous pousse à créer des liens affectifs et nourrissants.

Pour en savoir plus, y compris le côté masculine de l'équation, consultez notre livre : The Chemistry Between Us.

Diaporama: les bénéfices du sexe sur la santé

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  • Les bénéfices du sexe sur la santé

    Hormis le fait d'être le <em>fun</em> et d'apporter du plaisir, le sexe offre aussi de nombreux bénéfices sur la santé. Découvrez les avantages d'avoir des rapports sexuels de façon régulière...

  • Le sexe... éloigne la maladie

    Selon <a href="http://www.wilkes.edu/pages/1.asp" target="_hplink">l'université de Wilkes</a>, faire l'amour deux fois par semaine libère un anticorps appelé immunoglobuline A or IgA, qui aide à protéger contre le corps contre les infections et les maladies. D'autres recherches suggèrent également que de fréquentes éjaculations (au moins cinq fois par semaine) chez l'homme réduisent le risque de développer, plus tard, un cancer de la prostate. Lisez le <a href="http://www.bjui.org/default.aspx" target="_hplink">British Journal of Urology International</a> à ce sujet (en anglais).

  • Le sexe... fait brûler des calories

    Cela ne prend pas un expert pour deviner que de faire l'amour de façon énergique revient à faire de l'exercice. Ainsi, une session de trente minutes d'actions sous (ou sur) les draps brûle environ 85 calories. Si vous faites le calcul, après des sessions comptabilisant un total de 42 heures, vous pourriez brûler 3,570 calories, ce qui équivaut à une livre. En ayant un rapport sexuel trois fois par semaine pendant un an, vous pourriez brûler l'equivalent de <strong>cinq livres</strong> par année. Oubliée, la diète!

  • Le sexe... soulage la douleur

    Pendant le rapport sexuel, une hormone appelée oxytocine est libérée lors de l'orgasme; elle accroît le niveau d'endorphines qui agissent comme un antidouleur naturel. Et le corps peut se relâcher. De nombreuses personnes constatent ainsi que leurs maux et douleurs (maux de tête, crampes, etc.) disparaissent ou s'améliorent après un rapport sexuel.

  • Le sexe... aide à combattre la dépression

    Les femmes qui ont des orgasmes régulièrement sont généralement plus relaxes, moins déprimées, et physiquement et émotionnellement plus satisfaites. Le sexe aide aussi à mieux s'endormir et relâche la tension nerveuse en produisant, dans le cerveau, de la sérotonine - qui contrôle l'humeur et que l'on trouve également dans les antidépresseurs.

  • Le sexe... vous garde jeune

    Faire l'amour régulièrement libère donc une pléthore d'hormones dans le corps, appelées «Les hormones du bonheur». Et elles contiennent de la testostérone. Avec l'âge, le niveau de testostérone diminue. Ainsi, de nombreux rapports sexuels assurent un bon niveau de testostérone dans le corps. Cette hormone joue un rôle important: elle garde les os et les muscles en santé, sans oublier l'aspect jeune de la peau. Chez les femmes, les rapports sexuels réguliers favorisent la bonne santé du plancher pelvien et réduit ainsi les risques d'incontinence lié à l'âge.

 
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