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Haïti: des images à jamais gravées dans ma mémoire

15/01/2013 09:55 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT
Getty Images
A UN Peacekeeper stands watch near a bridge washed away by heavy rains from Hurricane Sandy October 25, 2012 in Port-au-Prince, Haiti. Hurricane Sandy barreled toward the Bahamas Thursday as a powerful category two storm, after battering Jamaica, Haiti and Cuba and claiming three lives so far. The US-based National Hurricane Center said the storm was packing winds of up to 105 miles (165 kilometers) per hour as it moved north, near the top of the category two range on the five-rung Saffir-Simpson wind scale. Forecasters predicted the storm would weaken somewhat over the next 48 hours. But Sandy will remain a hurricane as it passes over the Bahamas, according to the NHC's 1500 GMT advisory. AFP PHOTO / THONY BELIZAIRE (Photo credit should read THONY BELIZAIRE/AFP/Getty Images)

Les images sont gravées à jamais dans ma mémoire. Survolant Haïti peu après le tremblement de terre de janvier 2010, je découvrais les ruines d'une ville réduite à un amoncellement de gravats et de poussière. Cela évoquait en tous points une zone de guerre.

En plus de 200.000 victimes, 1,5 million de personnes se retrouvèrent sans abri. Le défi humanitaire était énorme et la communauté internationale répondit avec rapidité et générosité.

Trois ans plus tard, je reviens à Haïti afin de me rendre compte des progrès effectués en matière de reconstruction. Je viens peu après le passage de Sandy, qui nous a rappelé qu'Haïti était un pays particulièrement affecté par les désastres naturels, un pays vulnérable qui doit renforcer sa capacité à faire face aux forces de la nature.

Après le passage de Sandy, nous avons augmenté notre aide humanitaire afin de subvenir aux besoins des Haïtiens. Depuis le séisme de 2010, l'Union européenne a engagé près d'un demi-milliard d'euros pour sauver des vies, bâtir des hôpitaux, des écoles, des routes et soutenir les autorités du pays.

Il y a encore près de 350.000 personnes vivant dans des abris temporaires. C'est évidemment beaucoup trop, mais nous avons déjà fourni un logement à plus de 500.000 Haïtiens. Il y a eu plusieurs milliers de morts à cause du choléra, mais notre action a sauvé des centaines de milliers de personnes affectées par le virus.

Nous avons à cœur d'aider les Haïtiens à mieux se préparer à affronter des calamités comme les tremblements de terre ou les cyclones. Les communautés locales ont à ce titre un rôle-clé à jouer: ce sont elles qui sont à même d'organiser les évacuations ou les premiers soins. Plus de 3.000 volontaires répartis en 140 communes ont été spécifiquement formés et peuvent utiliser l'équipement financé par l'UE.

Trois ans après, il est clair que tout n'est pas parfait. Nous n'avons pas encore appris toutes les leçons d'une telle catastrophe. Nous devons éviter de vivre à nouveau un chaos similaire à celui qui a suivi le tremblement de terre: les mécanismes de coordination de l'assistance humanitaire internationale sont en train d'être renforcés. Nous étendons nos contacts et partageons notre expérience avec des donateurs humanitaires plus récents. Nous plaidons pour que les autorités facilitent l'aide d'urgence. Je tiens à ce titre à saluer la récente décision du gouvernement d'Haïti d'accélérer les réformes en ce sens.

C'est un pas dans le bon sens, et nécessaire. L'histoire d'Haïti démontre l'importance d'une démarche à long terme, la seule qui permettra d'éviter qu'un tremblement de terre ne produise à nouveau des centaines de milliers de morts. C'est pourquoi je suis heureuse d'être à Haïti afin de m'assurer que l'engagement européen soit le gage d'un futur positif pour les Haïtiens.