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Parents contribuables, pourtant si vulnérables

Chers parents vulnérables, cette lettre s'adresse à vous. Vous qui êtes visés par les menaces perpétuelles de grève dans les CPE.

27/10/2017 09:00 EDT | Actualisé 27/10/2017 09:38 EDT
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Vous êtes, malgré vous, entre deux forces qui n'ont aucune idée de vos souffrances, réduits à l'état de dommages collatéraux à chacun de leurs conflits.

Chers parents contribuables,

Ou plutôt, chers parents vulnérables, cette lettre s'adresse à vous. Vous qui êtes visés par les menaces perpétuelles de grève dans les CPE. Cela fait vingt ans que vous êtes sous cette menace qui s'amplifie d'année en année au fur et à mesure que le nombre de CPE augmente et au gré des campagnes électorales. Les centrales syndicales, puissantes organisations spécialisées dans les déclenchements de grèves massives, vous utilisent sans hésitation à la moindre occasion. Vous constituez le meilleur otage pour mettre à genou un gouvernement qui n'a toujours pas compris que financer les CPE, c'est aussi financer les grèves.

Vous êtes, malgré vous, entre deux forces qui n'ont aucune idée de vos souffrances, réduits à l'état de dommages collatéraux à chacun de leurs conflits.

Une erreur a été commise il y a vingt ans sous le régime péquiste. Et vous en payez toujours le prix. Aucun gouvernement n'a voulu confronter les syndicats de peur de perdre des votes selon certains calculs dont les équations relèvent du domaine de la logique floue. Vous êtes, malgré vous, entre deux forces qui n'ont aucune idée de vos souffrances, réduits à l'état de dommages collatéraux à chacun de leurs conflits.

Votre impôt sert aussi à grossir des structures déjà gigantesques aux salaires de multinationales. Ce sont les CPE qui ont enregistré les hausses de salaire les plus impressionnantes ces dernières décennies ? Et ce, depuis l'instauration de cette politique de subvention aux services de garde. Les gouvernements successifs préfèrent, subventionner ces entités, vous privant ainsi du choix que la loi sur les services de garde vous donne à sa section première, au lieu de vous attribuer une allocation pour frais de garde comme c'est l'usage dans les pays de l'OCDE. C'est cette solution qu'a adoptée le gouvernement fédéral pour le choix dont elle vous privilégie au lieu de vous en priver comme au provincial où la peur des syndicats reste atavique. En bonifiant cette allocation aujourd'hui, il fait preuve d'un courage politique qui manque tant dans notre province.

"Le monde entier nous envie pour nos CPE", ne cessent de vous rabâcher ceux à qui profite cette politique. Je ne pense pas que l'on vous envie en ce moment, bien au contraire. Est-ce que les autres pays de l'OCDE savent que vous êtes à la merci des centrales syndicales ? Évidemment que oui et c'est certainement pour cette même raison qu'ils n'ont jamais adhéré à ce genre de politique aux aboutissements pas si merveilleux que ça malgré le tapage médiatique qu'en font les tenants. La commission Robillard recommande la généralisation des remboursements anticipés des frais de garde. Solution déjà en usage dans le réseau de garderies privées non subventionnées (GPNS). Malheureusement, ses recommandations sommeillent toujours au fond des rapports en attendant un parti charmant qui les en sort.

Tant que les CPE, structures privées aux budgets sidéraux, demeureront financées par le gouvernement, chers parents vulnérables, vous n'aurez jamais de repos. À chaque négociation salariale, il vous faudra prévoir l'alternative ; par exemple dans les garderies non subventionnées qui comptent actuellement plus de 25 000 places inoccupées sur plus de 65 000, ont le même permis que les CPE, le même programme éducatif et obéissent aux mêmes lois et règlements, auxquelles vous pouvez faire appel pendant cette période de grève et même après. Ces garderies qui respectent le programme éducatif du Ministère de la Famille et dont le modèle de fonctionnement est complètement différent de celui des CPE par une approche particulièrement chaleureuse dans leurs relations avec les parents vous proposeront des tarifs très avantageux grâce aux remboursements anticipés des frais de garde. Soulageant ainsi le gouvernement d'un lourd fardeau budgétaire qui ne sert qu'aux salaires et qui ne garantit rien quant à l'amélioration des services aux enfants.

Contrairement aux campagnes de salissage menées par ces mêmes centrales et leurs affiliés, les GNPS fonctionnent à des coûts moindres ; 35$ par jour par enfant, contre plus du double parfois pour les CPE, pour la même qualité et les mêmes lois et règlements. Les manquements flagrants dans les CPE ne sont pas rares et ne reflètent pas cette qualité céleste tant vantée. Sans compter le fait que les garderies privées non subventionnées sont beaucoup plus inspectées que les CPE. Juste pour ce qu'elles sont. Par contre, aucun rapport d'inspection ne filtre sur le Milieu Familial, connu pour des incidents très graves, mais jamais listés dans le site du Ministère. On vous cache l'essentiel. Les centrales syndicales diabolisent tout ce qui est entreprise privée en la désignant par commerciale.

Et pourquoi le commercial, ainsi qu'aiment le dire ceux qui sont contre la libre concurrence, coûte moins cher que le soi-disant non commercial ? C'est pourtant très simple ; les salaires et pas autre chose. Et la vérification en a déjà été faite. Quand le gouvernement avait coupé dans les subventions aux CPE, les salaires n'ont pas été touchés, ils ont été jalousement préservés. Certains CPE sont même allés jusqu'à déclarer, sans complexe d'ailleurs, que les services aux enfants seraient touchés. C'est qui le commercial maintenant ?

Négocier avec les syndicats ne veut pas dire autre chose qu'acquiescer à leurs desiderata ou ils coinceront tout le système. Point final ! Pauvres de vous et pauvre de ce gouvernement qui a eu le malheur d'annoncer, très tôt, le surplus après tant d'années de disette. C'était suffisant pour que les syndicats commencent à se frotter les mains et affûter leurs armes de paralysie massive pour réclamer leur part du gâteau, sentant les vents favorables d'élections souvent accompagnés de pluies fertiles en subventions.

En définitive, la plus belle chose qui puisse vous arriver, et je vous la souhaite de tout mon cœur c'est que :

Les subventions aux CPE soient reconverties en ce qu'elles étaient avant ; des allocations aux familles pour services de garde.

C'est la seule et unique manière de vous sortir de cet état de "menacés".

Il vous faudra convaincre les politiciens de mettre fin aux subventions, ce n'est qu'ainsi que vous aurez le vrai choix. La loi est d'une belle équité, malheureusement elle n'a jamais été respectée surtout son article premier.

Bonne chance à vous chers parents vulnérables !

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