LES BLOGUES

L’importance de se déguiser en entrevue

On ne cherche pas que des gens qui ont des compétences.

18/12/2017 15:17 EST | Actualisé 18/12/2017 15:17 EST
PeopleImages via Getty Images

Dans le merveilleux monde du travail, c'est l'Halloween tous les jours. Oui, vraiment, TOUS LES JOURS, et il n'y a malheureusement rien de futile là-dedans.

Pourquoi?

Parce qu'il y a des milliers d'entrevues qui se tiennent tous les jours. Donc, tous les jours, les gens se déguisent avant d'aller se pavaner sur un podium comparable à celui d'un défilé de mode.

Compétences, compétences, compétences... on ne cherche pas que des gens qui ont des compétences. On cherche des gens qui sont beaux et qui sont associés avec la culture de beauté en entreprise.

JAMAIS, vous époumonez-vous à crier! Je vous entends, mais ça ne change rien à la réalité.

Je vous le dis; se mettre du gel dans les cheveux change tout!

Avez-vous la gueule de l'emploi? Moi, non! J'ai davantage la face du gars qui est assuré de se faire fouiller à l'aéroport. J'ai plutôt la face du gars qui se fait intercepter sans aucune raison légitime, alors que je gambade, seulement parce que ma face ne revient pas à bien de gens. Je le sais, je le vis et je le vois.

À tout aseptiser et tout standardiser, bien des gens dans la société tentent d'abolir la notion de genre et ont défoncé les barrières de l'intimidation, au gré d'un monde meilleur et plus juste. Je ne peux pas être contre, surtout que l'on tente de faire tomber les stéréotypes véhiculés afin de contribuer aux changements des perceptions et des mœurs.

C'est vertueux, mais nous jugeons encore par l'habillement, encore l'apparence, et encore la présentation.

C'est vertueux, mais nous jugeons encore par l'habillement, encore l'apparence, et encore la présentation. Nous jugeons encore, par ce que l'on dégage, et nous jugeons surtout, à partir du conflit entre ce que les gens s'attendent de vous, en vous voyant, versus ce qu'ils voient vraiment. Comme s'attendre au pire, alors que rien ne se produit, ou bien ne s'attendre à rien par partialité, mais terminé déboussolé, et plus trop certain de ce qui vient de se produire.

Lorsque vous vous présentez à la clinique pour aller rencontrer un médecin, vous ne vous attendez surtout pas à ce qu'il soit vêtu d'un jeans moulant et d'un t-shirt de The Cure. Il y a toute une mécanique complexe, bien huilée, qui tient son origine bien avant votre rencontre à l'urgence. Parcours scolaire, résidence, et entourage familial sont tous des éléments qui préparent notre futur docteur pour sa première entrevue en emploi.

Le comité de recrutement de l'établissement de soin de santé a des attentes, voire une image préconçue du futur interviewé, ne serait-ce que par l'appartenance à une certaine classe dans la société. Le gars aurait beau être le meilleur docteur en devenir, s'il ne se présente pas habillé d'une certaine façon; s'il n'a pas une certaine coiffure digne d'un docteur; s'il use un langage un peu trop familier et pas assez scientifique au goût des membres du comité, eh bien, cela n'annonce rien de bon.

En RH, c'est pareil, surtout du côté masculin. Pas besoin d'études empiriques; ça se voit facilement sur le terrain. Peut-être est-ce dû au fait que nous sommes moins nombreux, ou encore, peut-être est-ce dû au fait que je ne me mets pas de gel dans les cheveux. Qui sait...

Sur le CV, nous sommes tous accoutrés de la même façon et avons tous les cheveux de la même couleur. Mais en entrevue, face à ces messieurs, tout sourire, habillés exactement comme les modèles masculins de leurs magazines trainant à l'accueil de leur beau bureau.

Compétences, compétences, compétences... t'ont emmené en entrevue, mais ça risque de se terminer là si tu as oublié de te déguiser avant de te présenter!

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost