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Je ne sais pas comment vous expliquer que vous devriez vous soucier des autres

Nos désaccords vont au-delà de la politique et reflètent des divergences fondamentales sur le sens de la vie en société.

28/06/2017 15:24 EDT | Actualisé 30/06/2017 09:42 EDT
AlexD75 via Getty Images
Je n’arrive tout simplement pas à expliquer à mes interlocuteurs pourquoi il faut faire preuve de compassion.

Que faire pour rendre une personne plus empathique?

Nos désaccords vont au-delà de la politique et reflètent des divergences fondamentales sur le sens de la vie en société.

Comme plusieurs autres Américaines et Américains, je souffre de fatigue politique. Ou, pour être plus précise, de fatigue résultant d'innombrables disputes à propos de la politique.

Je ne manque pas de faits saillants et d'arguments convaincants pour défendre mon point de vue, mais je me heurte sans cesse à des obstacles lorsque j'essaie de tendre la main et d'avoir les « conversations de fond » si souvent recommandées par des chroniqueurs prétentieux.

Je n'arrive tout simplement pas à expliquer à mes interlocuteurs pourquoi il faut faire preuve de compassion.

Je n'arrive tout simplement pas à expliquer à mes interlocuteurs pourquoi il faut faire preuve de compassion.

Personnellement, je suis heureuse de payer 4,3 % de plus pour un Big Mac si cela permet à l'employé qui le prépare de nourrir sa propre famille. Si ces 17 cents supplémentaires vous dérangent, vous êtes une personne fondamentalement différente de moi.

C'est avec plaisir que je paye des impôts qui serviront à financer des écoles publiques, même si je n'ai pas d'enfant et je n'ai pas l'intention d'en avoir, car je crois que tous les enfants ont droit à une éducation gratuite et de qualité. Si cette idée vous semble déraisonnable, nous ne parviendrons jamais à nous entendre.

S'il s'agit de contribuer à un régime de soins de santé universel, inscrivez-moi dès maintenant! Dans le pays le plus riche au monde, la pauvreté ne devrait jamais être une condamnation à mort. Mais si vous trouvez acceptable que des milliers de personnes meurent de maladies facilement traitables afin que quelques privilégiés accumulent encore plus de richesse, il existe un fossé infranchissable entre nos visions du monde.

Je n'ai plus envie d'avoir la moindre conversation avec des gens qui se satisfont de la souffrance inutile de millions de personnes en échange d'une baisse d'impôt statistiquement insignifiante.

Je ne sais pas comment rendre une personne plus empathique. Je n'ai plus envie d'avoir la moindre conversation avec des gens qui se satisfont de la souffrance inutile de millions de personnes en échange d'une baisse d'impôt statistiquement insignifiante. (Votre salaire est-il proche du salaire médian ou inférieur à celui-ci? Bravo, vous ne bénéficierez jamais de cette baisse d'impôt!)

Je ne peux plus débattre de politique avec de telles personnes. Nos désaccords vont au-delà de la politique et reflètent des divergences fondamentales sur le sens de la vie en société ainsi que la manière et l'importance de faire le bien.

Il y a d'excellentes raisons de hausser le salaire minimum, de financer les écoles publiques et de fournir des soins de santé universels. Les employés bien payés ont tendance à effectuer un meilleur travail. La population est plus en sécurité lorsque tout le monde sait lire et faire preuve de jugement. Les épidémies indésirables sont plus facilement évitées.

Si aider vos compatriotes à manger, à s'éduquer et à consulter un médecin ne sont pas d'assez bonnes raisons de délier les cordons de votre bourse, je n'ai plus rien à vous dire.

Si aider vos compatriotes à manger, à s'éduquer et à consulter un médecin ne sont pas d'assez bonnes raisons de délier les cordons de votre bourse, je n'ai plus rien à vous dire.

La compassion et l'empathie ne sont pas des choses que je parviens à implanter dans la tête d'autrui. La banalisation d'une indifférence à la limite de la cruauté, au sein d'un parti politique que je me garderai bien de nommer, est à la fois exaspérante et terrifiante.

« J'ai ce qu'il me faut, tant pis pour les autres » est une attitude qui suinte de la droite américaine depuis plusieurs décennies. Or, la joyeuse exubérance qui accompagne l'adoption de lois heurtant de plein fouet les personnes les plus vulnérables me glace le sang.

Les choses ont-elles toujours été ainsi? Qui sait. Je suis relativement jeune et encore peu familière avec cette profonde inhumanité. Il est également possible que l'émergence des médias sociaux ait donné plus de visibilité à ces tendances détestables. En tout cas, il est incroyable de voir des centaines de gens ouvrir des comptes dans le but de promouvoir des politiques qui rendront leur vie encore plus misérable.

Je ne saurais expliquer ce qui a changé. En fait, je ne sais même pas si quelque chose a réellement changé, et je n'ai aucune réponse simple à vous offrir. En revanche, je sais que j'ai renoncé à convaincre des hordes de personnes égocentriques à voir plus loin que le bout de leur nez. Les discussions futiles me font faire de la haute pression, et si la tendance se maintient, je n'aurai bientôt plus accès à une assurance médicale.

Ce billet de blogue a d'abord été publié sur le HuffPost.

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