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Vous ne voulez pas que vos filles soient méchantes? Faites-en de gentilles filles

17/10/2014 04:25 EDT | Actualisé 17/12/2014 05:12 EST

Jadis, la quatrième année de primaire était le moment où les jeunes filles commençaient à avoir des difficultés à gérer leurs amitiés. Pendant de nombreuses années, j'ai travaillé dans une école pour enfants ayant des difficultés d'apprentissage. C'était toujours en quatrième année que les grandes amitiés commençaient à connaître des turbulences. On se donnait des sobriquets. On échangeait des rumeurs. On se blessait mutuellement.

Les professeurs faisaient face aux pires facettes de cette situation, bien sûr, parce que les larmes, les roulements d'yeux, et les commentaires sarcastiques, se faisaient ressentir dès le moment où ils débutaient leurs cours.

Parfois, les filles résolvaient leurs propres problèmes et les anciennes meilleures amies redevenaient les meilleures amies à l'arrivée du bus. D'autres jours, les problèmes persistaient jusqu'à la fin des cours.

C'était un système compliqué d'amitiés tissées et détissées bien avant que les réseaux sociaux n'amènent ce concept à la portée de nos doigts. Voulant mettre un terme aux alliances instables et aux crises de larmes dans les salles de bain à l'heure du cours de maths, des professeurs m'ont demandé d'intervenir. C'est ce que j'ai fait.

J'ai lancé un club de l'amitié. Du moins c'est ainsi qu'on l'appelait. Certaines d'entre elles oint levé les yeux au ciel en entendant le nom, mais elles en avaient tellement assez de leur routine récré/classe qu'elles ont rejoint le club avec grand plaisir, dans la bibliothèque, pour parler amitié une fois par semaine. Nous créions et jouions à des jeux, et je passais le plus clair de ces réunions à parler d'empathie et de gentillesse. Parce que même en quatrième année, les enfants ont besoin de leçons dans ces domaines.

Après quelques semaines, une chose magnifique est arrivée. Les filles partageaient leurs sentiments. Elle se sont mises à parler des choses qui les dérangeaient et des choses qui les rendaient heureuses. L'une a appris la couture à l'autre . Deux filles qui pensaient n'avoir rien en commun sont devenues amies proches. Lorsque les filles ont arrêté de se juger pour écouter et pratiquer leur empathie, elles ont senti qu'elles prenaient le pouvoir. Et le petit jeu de méchanceté qui autrefois menaçait leur bien-être émotionnel et académique est passé aux oubliettes. Pouvez-vous imaginer?

Ces progrès ont pu avoir lieu parce qu'on a pris le temps de les aider à apprendre l'empathie. Quelqu'un leur a montré une meilleure façon d'établir et gérer les amitiés. Ce n'était pas parfait, et ça n'a pas pris une semaine, mais ça a marché.

Malheureusement, une recherche PEW montre que l'empathie et la gentillesse ne font pas partie des traits les plus importants pour les parents de nos jours. Ceux-ci, semble-t-il, sont plus enclins à élever des enfants durs à la tâche et responsables que des enfants empathiques. C'est dommage parce que les enfants apprennent beaucoup à être responsables et travailleurs à l'école, mais c'est à la maison qu'ils devraient apprendre l'empathie et la gentillesse.

Si nous voulons mettre un terme à ces comportements de «fille méchante» et le rabaissement basé sur les jugements de valeur, la jalousie et les ragots, nous devons apprendre l'empathie aux filles. Nous devons leur apprendre à établir des amitiés saines, écouter pour le plaisir d'écouter, et se construire mutuellement en chemin.

Tous les enfants ont leurs forces individuelles, pourtant notre culture aime qu'on se fonde dans le moule. Nous devrions leur apprendre à être des individus indépendants, mais nous les plongeons dans un monde où il est essentiel d'être inclus dans tel ou tel groupe. Sans groupe, les enfants sont perdus. Mais les dynamiques de groupes peuvent être trompeuses.

Même s'il est parfaitement normale qu'une fille gravite autour d'autres filles aux intérêts similaires, il est aussi important de lui apprendre à célébrer les différences et à chercher le bien chez les autres.

En mettant ben permanence l'accent sur la gentillesse et l'empathie, nous pouvons élever une génération de filles à l'opposé de cette mode de la méchanceté qui gagne du terrain chaque année. Nous pouvons faire une différence.

Encouragez-les à aider. L'éducation basée sur al compétition n'est pas seulement toxique pour les parents, ça l'est aussi pour les enfants qui assistent à cette course effrénée. Arrêtez la compétition. Votre famille est votre famille et peu importe ce que font les autres familles. Votre enfant va peut-être entrer à Harvard. Ou peut-être dans une université moins côtée. Elle va peut-être devenir danseuse, artiste ou professeure. Votre rôle n'est pas de la formater vers la perfection mais de la soutenir lorsqu'elle établit ses propres objectifs et rêves.

Plutôt que de vous concentrer sur l'inconnu, incitez votre fille à aider une amie dans le besoin. Encouragez-la à être un agent du changement dans sa communauté, à penser au bien-être des autres plutôt que de se demander si ceux-ci s'en sortent mieux ou moins bien dans tel ou tel domaine.

Tuez le sarcasme. J'entends beaucoup de sarcasme entre parents et enfants. Les parents se servent du sarcasme quand ils sont fatigués, frustrés ou en colère. C'est blessant. Ça donne aux enfants un sentiment de confusion, de colère et d'impuissance. C'est mauvais pour l'esprit. Et pourtant, les parents continuent à l'utiliser, souvent devant les autres enfants et adultes.

Arrêtez d'utiliser le sarcasme comme une forme de communication avec votre fille. Elle ne va peut-être pas el comprendre immédiatement, mais elle va finir par le faire sien et le répéter. Elle va en faire son propre langage et l'utiliser pour blesser autrui.

Dites ce que vous pensez. Soyez clair. Parlez de vos sentiments et communiquez l'empathie. Servez-vous d'une communication honnête. Votre fille apprendra à en faire de même..

Mettez en place un groupe positif pour filles. Pas la peine de devenir entraîneuse de l'équipe de basketball de votre fille pour l'aider elle et ses amies à établir une amitié saine et positive. Hébergez un groupe de tricot ou de littérature mensuel. Lancez un club de course à pied.

La consistance est la clé pour aider les filles à gérer les émotions tumultueuses pouvant accompagner les relations d'amitié. Trouvez quelque chose, ou plusieurs choses, pouvant éveiller leur intérêt et faites en sorte que ce groupe d'amitié ait lieu au moins une fois par mois. Votre fille et les autres filles apprendront l'écoute et l'empathie, le développement mutuel, et se serreront les coudes peu importe les obstacles.

Voilà des leçons qu'on devrait tous apprendre.

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