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La confiance collective: un trait des Québécois à éveiller

19/06/2014 11:08 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Avec la récente victoire de Mario Beaulieu en tant que chef du Bloc québécois, le mouvement souverainiste au palier fédéral obtient une nouvelle ère de confiance. Pourtant, la perception généralisée que les Québécois sont sous l'emprise de l'aide financière du gouvernement fédéral et des autres provinces a fait son chemin. Les Québécois ont pleinement confiance en eux au plan individuel, mais qu'en est-il de leur confiance en l'avenir collectif de la nation québécoise ?

Ces derniers temps l'État et ses grands projets controversés (ex. Charte de la laïcité, Plan Nord, etc.), sans vision à long terme, semblent nous rendre allergique à tout changement démocratique majeur. Un discours, sans nuance et souvent entendu, vise également le maintien de l'association avec le Canada, sans compromis, dans le seul but de conserver notre attachement strictement économique à ce régime politique ou au statu quo. Ce déclin politique nous ramène à l'époque du porteur d'eau des Québécois alors que nous avons tellement accompli (mais qui reste tellement à accomplir pour s'affranchir) depuis cette époque révolue du 20e siècle.

La confiance collective en nous-mêmes est une force qui reste sérieusement à développer dans notre société nordique et originale. Pourtant, quand on regarde l'Écosse ou le Danemark, un pays nordique exemplaire, la confiance envers les autres est une valeur essentielle à la base de cette société puisqu'elle lui donne une solidarité collective très équilibrée et une autonomie individuelle solide. Ce manque de confiance en notre avenir politique est difficile à briser malgré toutes les réalisations bonnes, des fois mauvaises, au cours des dernières années.

D'un autre côté, l'avènement de Mario Beaulieu au Bloc a été identifié à la fougue de la jeunesse militante, la clarté des propos et à un «pseudo-radicalisme». Sa confiance en notre avenir collectif devient rafraichissante, car elle n'est pas associée au défaitisme, au cynisme ambiant et à l'affrontement d'antan avec le fédéral. Voilà une bonne nouvelle, c'est désolant que le véhicule politique qu'est le Bloc québécois ne soit peut-être pas le plus efficace pour amorcer ce projet avec le peuple par "quelque chose comme un grand peuple" (comme l'avait laissé entendre René Lévesque). Les visions de Mario Beaulieu sont en étroite ligne avec celles d'Option nationale, alors que le PQ est toujours en phase de transition et repositionnement. La question se pose alors, qui pourra insuffler cette nouvelle ère de confiance en notre avenir collectif dont nous avons tant à développer ? Le PQ, le Bloc québécois, le Conseil de la Souveraineté, Option nationale, un nouveau parti souverainiste provincial, les Québécois eux-mêmes ou toutes ces réponses ? En cette période de fête de la St-Jean-Baptiste qui arrive à grands pas, la question se pose : les Québécois auront-ils un jour assez confiance en eux-mêmes pour clairement décider, soit d'aller plus loin dans leur avenir collectif ou continuer à rester durablement ambivalent dans le confort et l'indifférence ? Ce choix n'a jamais été clairement fait par les Québécois et l'absence collective d'orientation forte et rassembleuse occasionne, que l'on veuille ou non, des impacts sociaux, économiques, culturels et structurels négatifs pour le Québec en entier.