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Montréal: la fierté a une ville!

28/05/2013 09:50 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT
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reflection of montreal skyline...

Dans les années 80, à la fin de l'ère Drapeau, alors que Montréal sortait d'une période où elle avait accueilli l'exposition universelle et les jeux olympiques, et où elle s'était donnée un métro parmi les plus modernes au monde, Montréal s'était donné un slogan : La fierté a une ville. Trente ans plus tard, sur fond de scandales et de nid-de-poule, livrée à la mafia, sans maire, sans métro, sans eau potable et avec des infrastructures en décrépitude, un slogan plus approprié serait : Une ile, une honte.

Je ne sais pas ce que le lecteur en pense, mais personnellement j'en ai marre de cette dépression collective qui frappe les Montréalais. On n'en finit plus d'espérer un sauveur à la Mairie qui viendrait relancer notre ville. Mais au fond, tout le monde le sait : Montréal a autant de chances d'élire un sauveur en 2013 que de remporter la Coupe Stanley. La solution ne viendra pas de l'extérieur. Il est peut-être temps pour les citoyens de cesser de dénigrer leur ville et de miser sur ce qui fait que l'on s'y sent bien.

Parce que malgré ses problèmes, Montréal est une ville formidable où il fait bon vivre. J'habite Montréal depuis plus de 20 ans. J'ai vécu dans Hochelaga-Maisonneuve, dans Notre-Dame-de-Grâce et je demeure depuis 12 ans dans Ahuntsic-Cartierville où j'élève ma famille dans un milieu extraordinaire rempli d'installations sportives, de parcs et de pistes cyclables. Je peux marcher pour faire mes courses. Je prends l'apéro le soir dans le parc avec mes voisins pendant que mes enfants jouent. De temps à autre, un renard, un pic-bois ou un cardinal nous rendent visite.

J'aime Montréal.

Dans quelle autre ville au monde pouvons-nous nous rendre en Bixi acheter des bagels chauds à 4h du matin, assister à des spectacles en plein air gratuits pendant tout l'été, manger de la poutine au foie gras ? Dans Villeray, Petite Patrie, Ahuntsic, sur le Plateau, dans le Mile-End ou à Outremont, les gens sortent en famille, vont prendre une crème glacée, faire du vélo ou simplement faire un tour au parc. Nos quartiers regorgent de vie comme dans les chansons de Beau Dommage.

La liste des choses qui rendent l'expérience de Montréal unique est trop longue pour être même effleuré. Il faut avoir vécu une Coupe du monde de soccer à Montréal pour savoir ce qu'est une ville multiculturelle. À chaque match, les Portugais, les Grecs, les Brésiliens, les Italiens défilent un peu partout à grands coups de klaxon. En 1998, les Brésiliens et les Français ont défilé ensemble sur l'air des Champs Élysée de Joe Dassin. Only in Montreal. Notre ville, c'est le marché Jean-talon en format géant. Merguez, blé-dinde, papaye.

Nous avons chacun nos expériences montréalaises préférées : voir un coucher de soleil à la statue de Calder sur l'ile Sainte-Hélène, regarder un feu d'artifice du pont Jacques-Cartier, s'embrasser au Belvédère du Mont-Royal, prendre un café sur une terrasse côté est de la rue Saint-Denis en plein mois de mars quand les premiers rayons du printemps se pointent. Le printemps arrive en premier à Montréal, le saviez-vous ? Et en hiver il faut voir les autos jackées sur les bancs de neige, ou les gens déneiger leurs escaliers après une tempête. Magnifique chaos.

Vivre dans la deuxième plus grande ville francophone du monde, avec une vie culturelle vibrante qui fait notre réputation à travers le monde. Une des grandes villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord. Vivre dans une ville de 1,7 million d'habitants, mais demeurer dans des quartiers à échelle humaine où il fait bon vivre. Vivre dans une ville où un quart de million de personnes se réunissent pour dire non à la guerre ou dire oui à la Terre. Où les gens vont marcher pour défendre leurs droits, casseroles à la main, enfants sur leurs épaules. Vivre dans une ville où l'on peut tracer son propre chemin tellement il y en a de différents à créer.

Montréal est plus que sa Mairie, son métro où ses viaducs. Ce qui fait la beauté de Montréal, ce sont ses habitants, sa culture, ses quartiers. Il faut sonner la fin du Montreal-bashing. Les Montréalais doivent montrer un peu plus de fierté et reprendre la ville dont ils ont été dépossédés lorsqu'on a créé ce monstre ingouvernable suite à des fusions/défusions complètement schizophrènes imposées de l'extérieur.

C'est aux Montréalais de reprendre collectivement le contrôle de leur ville et de la façonner à leur image. La première étape est de sortir voter massivement aux élections municipales, et d'exiger plus que des pancartes et des slogans. Ensuite, il faut recommencer à croire en Montréal. C'est dans nos rues, dans nos quartiers, dans nos parcs que pourra s'amorcer notre renaissance.

On a déclaré Montréal cliniquement morte tellement souvent. Dans les années 90 alors que son centre-ville se mourait, dans les années 80 alors que ses usines fermaient les unes après les autres. Nous fêterons bientôt nos 375 ans. Il serait peut-être temps d'arrêter de nous plaindre, de relever la tête et de nous redonner des raisons d'être fiers. Ce serait le plus beau cadeau que nous pourrions nous faire.

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