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Prolongation des pourparlers sur le nucléaire avec l'Iran

27/11/2014 08:53 EST | Actualisé 27/01/2015 05:12 EST

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a réitéré l'importance d'empêcher que les armes de destruction massive ne tombent entre les mains de dangereux acteurs non gouvernementaux, après avoir manqué la date butoir du lundi 24 novembre 2014 pour signer un accord historique avec l'Iran sur le nucléaire.

Plus tôt dans la journée, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne ont prolongé leurs tractations avec Téhéran jusqu'au 30 juin 2015. C'est la deuxième fois dans l'année que les puissances mondiales et l'Iran n'atteignent pas leur objective quant au nucléaire. L'accord intérimaire conclu en 2013 limite le nombre de centrifugeuses que Téhéran peut utiliser afin d'enrichir de l'uranium. Il restreint également le niveau d'enrichissement d'uranium bien en dessous de celui qui est nécessaire pour développer une arme nucléaire.

Davantage d'efforts

Les membres du Conseil de sécurité ont convenu que la prolifération des ADM était une menace réelle aujourd'hui. Le représentant des États-Unis a déclaré que le comité n'avait pas réussi à atteindre ses objectifs, notamment assurer le respect de la non-prolifération des ADM. « Nous demandons que le comité fasse de cet aspect de son travail une priorité », a-t-il dit. Le 18 novembre, 2014, le président américain Barack Obama a annoncé qu'il enverrait des troupes pour combattre en Irak et en Syrie si ISIS acquérait des armes nucléaires.

« La résolution 1540 a l'un des taux les plus élevés de rapports sur la conformité, mais nous n'avons pas encore atteint la conformité universelle », a dit le porte-parole du Royaume-Uni. Cette résolution de l'ONU de 2004 affirme que la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques menace la paix et la sécurité internationales. Elle exige aussi que tous les États empêchent la propagation des ADM. En outre, la résolution 1540 requiert que tous les pays présentent un rapport sur les mesures qu'ils ont prises ou qu'ils prendront afin de la mettre en œuvre.

« Les objectifs de la résolution n'ont jamais été plus pertinents », a noté le représentant de la Russie. Le porte-parole de la France a déclaré que « beaucoup reste à faire », tout en se disant préoccupé par la situation en Iran, en Corée du Nord et en Syrie. Le 13 novembre 2014, le ministère des Affaires étrangères de Pyongyang a menacé de procéder à un essai nucléaire en représailles à une enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme dans le pays. « Nous devons continuer à renforcer la coopération internationale [...] contre l'utilisation illégale des armes traditionnelles », a ajouté le représentant français.

« À l'heure actuelle, la lutte de la communauté internationale contre la non-prolifération des ADM se heurte à une situation nouvelle et complexe due à la croissance d'entités non étatiques », a déclaré le représentant de la Chine. À titre d'exemple, la Syrie, déchirée par la guerre, pourrait encore avoir des stocks d'armes chimiques, en dépit d'un accord avec la communauté internationale afin de détruire son arsenal en septembre 2014. Le président Bachar al-Assad avait utilisé des armes chimiques contre ses propres civils.

Étapes futures

Le porte-parole de l'Australie et président du Comité du Conseil de sécurité a suggéré trois façons de mettre en œuvre de manière plus efficace la résolution 1540. Il a expliqué que sensibiliser davantage les entreprises et le secteur privé était crucial pour contrôler les exportations d'armes. « Lorsqu'ils comprennent la menace, ils deviennent des partenaires fiables et non des adversaires », a-t-il souligné.

Il a également proposé d'aider les pays en développement à mettre en œuvre la résolution pour alléger leur fardeau. Le représentant australien a aussi recommandé de mettre en relation cette résolution avec d'autres résolutions liées au même sujet.

La porte-parole de l'Argentine, quant à elle, a rappelé le droit souverain des États à développer l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. Elle a, par ailleurs, souligné que la communauté internationale devait empêcher que les ADM ne tombent entre de mauvaises mains. « Honnêtement, nous ne savons pas qui auraient de bonnes mains pour cela, » a-t-elle dit. « L'Argentine est convaincue que la seule façon d'assurer que les ADM ne tombent pas entre de mauvaises mains ou ne soient utilisées en aucune façon est de les supprimer complètement, » a-t-elle ajouté.

Kamilia Lahrichi est une correspondante étrangère basée en Argentine qui couvre les affaires internationales en anglais, français, espagnol et arabe. Elle est récipiendaire de la bourse de presse de la Fondation des Nations Unies à New York.

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