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Les Argentins expriment leur colère après la mort soudaine d'un important magistrat

20/01/2015 03:35 EST | Actualisé 22/03/2015 05:12 EDT

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

Plusieurs centaines d'Argentins se sont réunis sur la place de Mayo à Buenos Aires le 19 janvier afin d'exprimer leur frustration suite à la mort subite d'Alberto Nisman, un important magistrat qui enquêtait sur les attentats les plus meurtriers que l'Argentine ait connus.

Celui-ci a été retrouvé mort dans son appartement du quartier de Puerto Madero dans la nuit du 18 janvier 2015 avec un pistolet de calibre 22 près de son corps.

En juillet 1994, une explosion devant le siège du centre communautaire juif, la AMIA, à Buenos Aires avait fait 85 morts. L'on suspecte le magistrat d'avoir été assassiné, car il accusait la présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, d'avoir tenté de couvrir les preuves mettant en cause des Iraniens. L'Argentine, en pleine crise économique, aurait bien besoin d'un partenaire commercial comme l'Iran, dont le pétrole est bon marché.

Vers 20 heures, ils sont plusieurs centaines à s'être réunis au centre de la capitale afin d'exprimer leur désarroi face à « l'impunité » qui règne dans ce pays d'Amérique latine. Ils scandent « Cristina, meurtrière » en référence à la possible implication de la présidente argentine dans la mort du procureur Nisman.

Les Argentins se posent, en effet, des questions. La semaine dernière, Alberto Nisman avait demandé l'ouverture d'une enquête contre la présidente. Tel un film d'espionnage, le voilà mort quelques heures avant de rendre son verdict.

Vers 21h30, la manifestation à Buenos Aires devient violente. Une bande d'Argentins se heurte à la police qui lance des gaz lacrymogènes pour les empêcher de faire tomber la grille de séparation. Certains hurlent. D'autres pleurent. Il y en a qui se prennent la tête dans les mains. L'heure est à la consternation face à cette troublante mort.

Affaire Nisman: la marche du silence à Buenos Aires

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