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Trop peu, trop tard pour Stephen Harper au Québec?

16/07/2014 11:35 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

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(JACQUES BOISSINOT / CP)

Le 27 novembre 2006, Stephen Harper se levait à la Chambre des communes pour déposer une motion reconnaissant la nation québécoise. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis, et contrairement à ce que l'on aurait pu penser à ce moment, cette eau ne s'est pas transformée en vague bleue à la faveur du premier ministre canadien. Bien au contraire, un sentiment de répugne qui parait maintenant ineffaçable semble être la première chose qui vient à l'esprit des Québécois lorsqu'ils pensent au Parti conservateur du Canada et encore plus au premier ministre Harper lui-même.

Plusieurs événements, la plupart ayant déjà fait l'objet d'analyse plus ou moins profonde, expliquent cette situation de fait. Les résultats du dernier scrutin fédéral sont venus confirmer ce que plusieurs s'entendaient pour dire depuis longtemps; c'était la fin des efforts de ce gouvernement pour plaire aux Québécois puisque la preuve était faite qu'il était possible d'obtenir une majorité de sièges aux Communes avec une représentation québécoise anémique.

Toutefois, tel que le mentionnait récemment le chroniqueur Daniel Leblanc, le gouvernement Harper semble vouloir miser sur un retour en force de députés conservateurs du Québec à la suite de la prochaine élection fédérale, dans un peu plus d'un an.

Chose certaine, si Stephen Harper espère faire des gains au Québec, il devra offrir aux Québécois du tangible et du concret. Des déclarations, surtout forcées, vides et sans force de loi, les Québécois et les Canadiens en ont vu d'autres.

S'il veut attirer le sang latin québecois, mieux tempéré comme fakir que de voter pour lui, il devra à son tour prendre un beau risque en leur proposant des solutions qui cadrent avec sa vision du fédéralisme.

Tranquillement, les étoiles semblent vouloir s'aligner pour monsieur Harper. L'arrivée de Philippe Couillard et d'un nouveau gouvernement fédéraliste qui jouit encore d'une importante popularité et qui semble vouloir collaborer avec lui dans de nombreux dossiers d'importance est un élément important. Le premier ministre canadien devra toutefois pousser l'audace un peu plus loin, et ce, avec l'intelligence et la rigueur qu'on lui connait.

Il y a un côté de Justin Trudeau que les Québécois redoutent toujours: comme son père avant lui, il incarne toujours ce fédéralisme centralisateur paternaliste et contrôlant auquel les Québécois et beaucoup de Canadiens sont bien allergiques.

Stephen Harper doit donc saisir la balle au bond et faire ce qu'il a réussi à faire avec l'ensemble de ses adversaires depuis son arrivée au pouvoir : faire ressortir clairement les contrastes entre lui et ses adversaires, le tout à son avantage, bien évidemment. Cette stratégie ne semble pas fonctionner avec Justin Trudeau pour le moment, Stephen Harper devra y remédier.

Joseph Soares est ancien conseiller en gestion des enjeux pour le Québec du premier ministre du Canada (2008-2010), ainsi qu'ancien conseiller en politique et gouvernance de son lieutenant politique pour le Québec (2006-2008). Son courriel: j@josephsoares.com.

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