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Créer la Banque du Québec en nationalisant les caisses Desjardins

23/05/2016 01:02 EDT | Actualisé 23/05/2017 05:12 EDT

Nous sommes maintenant en 2016 dans un monde où la finance et les grandes institutions bancaires régissent, qu'on le veuille ou non, la politique. Nous n'avons qu'à regarder le ratio de dette par pays pour comprendre que le peuple est rendu l'esclave des grandes institutions financières de la planète. Juste au Québec, la dette nationale frise les 278 milliards de dollars, soit près de 11 milliards uniquement à payer en intérêts par le gouvernement du Québec à ses créanciers.

Je ne vous apprendrai également rien en vous disant que le budget de l'intérêt de la dette au Québec est le troisième en importance après celui de la santé et de l'éducation. Pratiquement, il est impossible de venir à bout de cette colossale dette sans trouver des ressources naturelles à exploiter à grande échelle, et ce, sans hypothéquer l'environnement.

Alors, que pouvons-nous faire pour nous enrichir collectivement sans pour autant faire une vente de feu du patrimoine québécois?

Je ne suis certes pas un spécialiste du monde bancaire et encore moins un grand économiste, mais j'ai toutefois la piqure de la politique et une passion sans nom pour le Québec. Voilà pourquoi je propose de nationaliser la Caisse Populaire Desjardins et d'en faire la première grande banque du Québec qui appartiendrait au gouvernement, soit à tout le monde...

Ce qu'il faut comprendre dans ce processus, c'est que la nationalisation de la Caisse Populaire ne couterait rien à l'État puisque nationaliser une entité qui est déjà une coopérative, revient à reprendre ce qui appartient déjà au peuple, mais cette fois-ci, au service direct du peuple, soit en redistribuant par l'entremise du gouvernement, certains revenus venant des profits de la nouvelle banque étatisée, et ce, par divers programmes sociaux ou autres investissements.

Avec la nationalisation des Caisses Populaires, nous pourrions avoir près de 2 milliards supplémentaires en profit net à investir par année dans plusieurs secteurs névralgiques de notre économie ou bien, directement, par exemple, dans le secteur de l'éducation afin de se rapprocher de la gratuité scolaire ou, tout simplement, de financer une allocation supplémentaire par enfant, ce qui enrichirait directement les foyers, ce qui stimulerait par le fait même l'économie du Québec. Il ne faut également pas oublier que l'actif total de Desjardins est d'environ 248 milliards, ce qui ouvre un colossal éventail de possibilités quant à ce qui pourrait être fait pour le Québec avec ce nouveau levier.

En effet, nous pourrions prendre une partie de cette somme pour acheter une portion de notre dette à l'étranger afin de baisser les intérêts à payer sur cette dernière, ce qui d'emblée dégagerait de l'argent supplémentaire pour autres opportunités que de payer de l'intérêt sur la dette et d'enrichir ainsi d'autres banques internationales...

Il ne s'agit ici que d'un exemple parmi tant d'autres. Cependant, imaginer toutes les possibilités pour le Québec si nous accomplissions cette nationalisation.

Ne serait-ce pas cela, être maître chez nous? Cette nationalisation ne pourrait-elle pas nous émanciper de la peur face au désir que le Québec devienne un jour un pays. D'ailleurs, nous n'aurions pas été obligés d'emprunter à l'extérieur pour investir dans Bombardier si nous avions notre propre capacité à nous financer ou bien à nous emprunter de l'argent sans payer de l'intérêt. Nous ne serions également pas pognés dans une logique d'austérité libérale qui n'a que pour but de briser habillement et par la peur, le modèle de solidarité du Québec afin de nous rendre plus esclave d'une forme d'oligarchie.

Évidemment, plusieurs vous diront que de nationaliser la Caisse Populaire est une utopie. Toutefois, ne laissez pas les représentants et les sbires des grandes banques vous dire que ce n'est pas possible. Ils ne veulent pas perdre leurs mainmises sur ce secteur névralgique, mais oh combien lucratif qu'est le domaine bancaire privé.

Sortons des sentiers battus et jouons-nous aussi à armes égales le jeu de la vie!

Desjardins en chiffres

  • 248,1 G en actif total
  • 1 959 M d'excédents après impôts et avant ristournes
  • 1er groupe financier coopératif au Canada
  • Un ratio de capital de la catégorie 1A de 16,0 %, toujours parmi les meilleurs de l'industrie bancaire
  • D'excellentes cotes de crédit :
  • AA (DBRS), A+ (Standard and Poor's), Aa2 (Moody's), AA- (Fitch)
  • Fondée en 1900 par Alphonse et Dorimène Desjardins
  • Au 7e rang des meilleures entreprises citoyennes au Canada selon Corporate Knights (édition 2015)
  • 3e coopérative financière la plus socialement responsable selon le magazine Maclean's (édition 2015)
  • 1er rang nord-américain du classement 2015 World's 20 Strongest Banks de l'agence financière Bloomberg

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