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L'homme d'État, le politicien carriériste et l'utopiste

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Bien que la course à la chefferie du Parti québécois soit encore jeune, plusieurs observateurs peuvent d'ores et déjà se faire une bonne idée des forces en présence sur le terrain, ce qui est également mon cas.

Déjà, avec ce qui a été affirmé au sujet de la précieuse et incontournable question référendaire, je peux désormais séparer l'homme d'État du politicien de carrière et de l'utopiste.

Le favori et charismatique Alexandre Cloutier propose de se fier à son flair au sujet d'un possible référendum dans un premier mandat d'un gouvernement péquiste, et ce, en fonction du degré de «préparation» et de «mobilisation» du mouvement indépendantiste. D'ailleurs, pour y arriver, ce dernier propose de charger huit comités formés de députés péquistes, d'experts et de militants indépendantistes afin de rédiger le projet d'indépendance du Québec.

Pour ce qui est de l'autre favorite, Véronique Hivon, mis à part les huit comités, elle va dans la même direction que Cloutier, soit celle de se fier à son flair pour déterminer s'il y aura un référendum dans le prochain mandat.

Évidemment, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que cette position stratégique ne vise qu'à rassurer la base d'indépendantistes pressés en gardant volontairement et fallacieusement l'espoir chez ces derniers pour triompher comme prochain chef du Parti québécois.

Je dis bien, ici, «garder volontairement et fallacieusement l'espoir» du pays rapidement, car c'est la seule façon de ne pas déplaire tout en sachant très bien qu'il n'y aura pas de référendum sur l'accession du Québec comme pays indépendant de la fédération canadienne dans un prochain mandat.

Employer cette stratégie est synonyme de deux choses en ce qui me concerne; soit d'y croire vraiment, ce qui équivaut à de l'irréalisme dans la situation actuelle, ou bien soit d'y adhérer volontairement en sachant très bien qu'il s'agit d'un subterfuge pour aller chercher les impatients.

Dans les deux cas, cette manœuvre n'est pas digne d'un homme ou d'une femme d'État avisé(e), mais bien d'un politicien ou d'une politicienne de carrière leurrant ainsi la population, comme l'ont si bien fait les libéraux depuis maintenant trop longtemps, ou bien d'être carrément déconnecté(e) de la réalité.

Cette stratégie du flou référendaire est vouée à l'échec puisqu'elle laissera, encore une fois, le champ libre au PLQ qui ne tardera pas à employer la répétitive cassette, mais oh combien payante, de l'épouvantail de la séparation du Québec lors du prochain rendez-vous électoral.

Dans le meilleur des cas et c'est très peu probable, nous aurons un gouvernement minoritaire du Parti québécois arraché de justesse, devant un parti libéral usé qui, une fois reposé avec un nouveau chef, rebondira comme en avril 2014. Encore pire, nous aurons un autre gouvernement libéral pour quatre ans qui continuera ses ravages.

Si nous sommes le moindrement chanceux, nous pourrions avoir un gouvernement libéral minoritaire où les jeux de coulisses seront à l'ordre du jour et une autre élection dans 12 mois où le tout serait à recommencer.
Quoi qu'il en soit, ce ne sera pas ces scénarios qui feront avancer la nation québécoise.

Évidemment, je ne m'étendrai pas longtemps sur le cas de Martine Ouellet puisqu'elle propose un référendum dès le prochain mandat, trame rêvée pour nos bons amis libéraux. Elle a au moins le mérite d'être claire!

En résumé, il ne semble pas y avoir d'espoir avec ces scénarios, mais, heureusement, il y a Lisée.
Jean-François Lisée n'est certes pas le favori dans cette course, il n'a également pas le charisme d'Alexandre Cloutier et n'est sûrement pas le plus populaire auprès de ses confrères et consœurs de la députation péquiste, mais il est de loin celui qui fait le plus trembler le Parti libéral et la CAQ.

Nous n'avons qu'à nous remémorer la panique de ces deux formations politiques quand monsieur Lisée a promis de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat s'il devenait le nouveau chef du Parti québécois.

Voilà que la stratégie de peur libérale venait de prendre le bord et que la CAQ se sentait déjà menacée dans son nationalisme de pacotille, voyant déjà son vote volatil se déplacer au profit du PQ, pour enfin déloger les libéraux.

D'ailleurs, Jean-François Lisée n'abandonne pas l'idée du pays, mais poussé par le réalisme de la situation et l'urgence de se guérir de la gangrène rouge qui érode le Québec, il promet de le préparer afin d'éviter de le perdre à jamais, et ce, sur une période de six ans.

Ce qu'il faut également reconnaître, c'est que le Parti québécois n'a que rarement brillé par ses stratégies politiques. En fait, force est d'admettre que les libéraux sont de loin de meilleurs tacticiens que les péquistes.
Cependant, avec un intellectuel et habile stratège comme Lisée à sa tête, tout en ayant en face un Parti libéral où la grogne intérieure fragilise sa cohésion, le Parti québécois pourrait regagner une partie du vote nationaliste expatrié à la Coalition avenir Québec et chasser les libéraux du pouvoir.

Nous pourrions dès lors nous retrouver avec un gouvernement social-démocrate qui ne serait pas à la botte du néolibéralisme, mais bien un État qui ferait tout en son pouvoir pour protéger ses ouailles face à certaines dérives de la mondialisation; position qui plairait assurément à plusieurs partisans de Québec solidaire...

Jean-François Lisée a plus de trente ans d'expérience politique et journalistique, il est reconnu pour être une inépuisable boîte à idées. De plus, son intelligence, son flair politique ainsi que son réalisme combiné à son sens de la stratégie font de lui un opposant redoutable et craint de la part de ses adversaires.

Mais plus important encore, il comprend la nécessité de fédérer les forces nationalistes pour chasser les libéraux du pouvoir.

N'oubliez pas, la force des libéraux comme plusieurs autres «maniganceux» est de diviser pour mieux régner. Ceux qui ne comprennent pas cet état de fait sont condamnés à l'immobilisme de l'opposition pendant que le PLQ détruit au gré de la volonté du marché et de ses sbires, l'État québécois...

Jean-François Lisée se démarque des autres aspirants et aspirantes par sa pertinence, son réalisme, ses idées, sa clairvoyance ainsi que son expérience et démontre ainsi les qualités inhérentes d'un futur homme d'État.

En terminant, bien qu'il ne soit pas le favori dans la course, Lisée se doit de continuer jusqu'au bout, car, comme le disait le Général de Gaulle: «La difficulté attire l'homme de caractère, car c'est en l'étreignant qu'il se réalise lui-même.»

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