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Option nationale a capitulé?

10/02/2015 11:52 EST | Actualisé 12/04/2015 05:12 EDT

Il y a quelques jours, une militante du Parti Québécois publiait sur Le Huffington Post Québec son billet Je pensais le conseil national d'Option nationale plus combatif que ça. Elle y critique la décision de ne pas organiser de congrès où les membres d'ON auraient pu décider d'appuyer un candidat à la chefferie du PQ. À sa lecture, je me suis posé une question : qu'est-ce qu'être combatif chez Option nationale ?

Le rôle d'ON et sa mission depuis sa création était et est toujours d'être un promoteur inconditionnel de l'indépendance du Québec. Qu'on se le dise, Option nationale s'inspire directement du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). D'ailleurs, ceux qui, comme moi, ont déjà entendu en conférence Andrée Ferretti, ex-vice-présidente du RIN, savent à quel point les deux partis ont des points en commun.

Aux élections de 2012 et de 2014, le PQ n'a manifestement pas parlé beaucoup d'indépendance. De plus, si j'avais reçu 1$ à chaque fois que je me suis fait dire qu'ON divise le vote du PQ, je serais probablement millionnaire maintenant. Cette simple accusation, qui à mon avis est fallacieuse, montre cependant à quel point ON a su influencer le milieu indépendantiste et le PQ. Il est vrai qu'ON n'a pas disposé d'une visibilité médiatique importante et n'a pas fait élire de député. Par contre, je crois que nous avons joué le rôle que nous avons décidé de jouer en créant ON. Et savez-vous quoi ? Malgré le départ de Jean-Martin Aussant et les multiples embûches que le parti a connues, je crois que nous sommes en train de récolter ce que nous avons semé.

Option nationale n'est pas le seul responsable de la tentative de retrouver la clarté des années de Parizeau en faveur de l'indépendance des candidats à la chefferie du PQ. Cependant, qui peut garantir que sans le travail d'ON, nous en serions là aujourd'hui? Personne, car si ON avait été là, le gouvernement péquiste de 2012 aurait été majoritaire selon les chiffres du Devoir. C'est donc dire qu'actuellement, le Québec serait gouverné par un PQ étapiste ayant la gouvernance souverainiste comme stratégie. Au lieu de cela, aujourd'hui, la gouvernance souverainiste semble être disparue des discours des candidats à la direction. Avec un peu de chance, la démarche d'accession à l'indépendance du PQ en ressortira plus claire, plus franche et favorisera une collaboration des différents partis indépendantistes. Voilà un résultat des plus intéressants dans une perspective de bénéfices à plus long terme.

Quand je regarde globalement la situation actuelle du PQ, je suis content que le gouvernement de 2012 ait été minoritaire et éventuellement défait, car cela est en train de permettre à tout le mouvement indépendantiste de se reprendre en main, de se débarrasser de ses vieux réflexes et peut-être assumer pleinement sa raison d'être, du moins, nous l'espérons. Cela manquait cruellement et les militants du PQ en seront les premiers à en être satisfaits. Option nationale a donc joué pleinement son rôle et nous avons tous été combatifs. En conséquence, si quelqu'un pense que j'ai « capitulé » - il s'agit après tout du contraire de quelqu'un de combatif - je répondrais à cette personne que je n'ai jamais été aussi fier d'avoir capitulé sur le PQ en 2011 en osant créer un nouveau parti politique clairement indépendantiste qui, aujourd'hui, peut s'estimer particulièrement fier du chemin qu'il a parcouru et des résultats qu'il a obtenus. Comme je l'ai expliqué, c'est en partie grâce à cela que le PQ est aujourd'hui en pleine remise en question. De cela naîtra, peut-être, une collaboration des trois partis politiques indépendantistes, et ce, avant les élections de 2018, tel qu'ON l'a toujours souhaité. C'est uniquement ainsi que les indépendantistes seront un jour en mesure de regagner la confiance de la population.

Si le PQ parvient à prendre un virage clairement indépendantiste, cela sera bien plus bénéfique dans le futur que simplement éviter les dommages créés par l'austérité du PLQ, car les indépendantistes auront alors tous les outils en main pour faire du Québec un pays. Pour reprendre une phrase de Winston Churchill : « Le succès n'est pas définitif, l'échec n'est pas définitif. C'est le courage de continuer qui compte ». Et c'est exactement ce que fait, et ce que continuera à faire Option nationale tant que le Québec ne sera pas un pays.

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