Jill Drouillard

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En finir avec la ménopause?

Publication: 14/08/2012 08:56

De récentes publications scientifiques contestent de plus en plus la vieille croyance selon laquelle l'horloge biologique de la femme parvient fatalement un jour à son terme. Les femmes ont toujours accepté qu'après un certain âge, elles connaîtraient des «changements» par lesquels elles ne seraient plus capables de se reproduire. Les femmes doivent-elles accepter de tels «changements» comme apanage du flux et reflux de la vie, ou doivent-elles se tourner vers les nouvelles avancées de la technologie dans l'espoir de contrôler les effets de la ménopause, jusqu'à présent inévitables?

Est-il souhaitable de retarder les effets de la ménopause pour une nouvelle génération de femmes qui continuent de mettre la maternité de côté au profit de la poursuite du développement de la carrière ou de la stabilité financière? Les femmes doivent-elles se méfier des nouvelles avancées médicales qui nécessitent une recherche expérimentale sur leurs corps aussi lourde qu'invasive? Une chose est certaine, les femmes doivent commencer à considérer sérieusement ces questions puisque d'après trois récentes découvertes capitales l'inversion de la ménopause semble devenir progressivement une réalité.

Le 4 juillet 2012, le correspondant médical Stephen Adams a publié un article dans le Telegraph donnant l'espoir aux femmes qu'elles pourraient bientôt acquérir la liberté de régler leur horloge biologique sur le rythme de leurs choix de vie. Le titre de l'article « Women could delay the menopause indefinitely with ovary transplant » («Une transplantation d'ovaire pourrait retarder indéfiniment la ménopause des femmes») en dit long pour le nombre croissant de femmes qui choisissent de suspendre la maternité aux évolutions modernes de leurs conditions socio-économiques. Adams cite le Dr. Sherman J. Silber, un chirurgien américain expert de la fertilité, qui affirme: «Toutes les femmes modernes sont préoccupées par ce qui est couramment désigné comme leur «horloge biologique» parce qu'elles s'inquiètent de leurs chances de pouvoir concevoir dans le temps où elles établissent leur carrière et/ou leur mariage et leur stabilité financière ». La possibilité d'une transplantation d'ovaires offre alors une réponse à l'anxiété grandissante à l'égard du temps qui file, laissant les femmes involontairement infertiles.

Cette procédure médicale implique l'ablation et la cryo-préservation du tissu ovarien pouvant être plus tard réincorporé dans le corps de la femme lorsque celle-ci est prête à concevoir. L'article rapporte que ces greffes ont abouti à 20 naissances réussies. Devons-nous nous attendre à de telles naissances dans un futur proche? Le Dr Silber remarque : «Une femme qui naît aujourd'hui a 50 pour cent de chances de vivre jusqu'à 100 ans. Cela signifie qu'elle va passer la moitié de sa vie post-ménopause.» Est-il juste que les femmes soient contraintes d'endurer la ménopause alors même que les hommes sont capables de procréer jusqu'à 80 ans (parfois au-delà !)? Le retardement de la ménopause octroierait-il aux femmes la liberté reproductive nécessaire à une vie plus accomplie?

«Qu'en est-il des femmes nées sans utérus?» ou «de celles dont les utérus ont été affligés d'un cancer précoce ou d'une autre maladie?» Un utérus viable est indispensable à une transplantation d'ovaire. Une semaine après la publication de l'article en question, le Telegraph continue de faire paraître des nouvelles frappantes, comme le rapporte l'éditrice médicale Rebecca Smith dans « Womb transplants could be a reality in Britain within two years » («La transplantation d'utérus pourrait devenir une réalité d'ici deux ans»). L'article constate qu'en plus de l'aide à la conception pour les 14 000 femmes de Grande Bretagne nées sans utérus ou ayant subi des hystérectomies précoces, la possibilité d'une greffe d'utérus leur offre l'opportunité d'avoir un enfant qui leur est biologiquement lié comme alternative éthique au recours à la mère porteuse, largement controversé.

Le chirurgien gynécologue Richard Smith organise un appel aux dons, Uterine Transplantation UK, pour gagner les £500,000 nécessaires à la prise en charge d'expériences pour l'instant limitées aux animaux et des cinq premières opérations sur les êtres humains. Si les fonds sont réunis et que les expériences vont à leur terme, nous sommes à deux ans d'un véritable séisme dans le domaine de la procréation médicalement assistée.

Une autre révolution pourrait bien se produire dans les mois à venir, écrit Stephen Conner dans « Rewriting Rules of Human Reproduction » (« Réécrire les règles de la reproduction humaine ») dans le Economic Times. Il rapporte que les premiers ovules humains cultivés à partir de cellules souches pourraient être fertilisés au cours de l'année. Tout commence lorsque Jonathan Tilly, professeur à Harvard, démystifie la croyance de longue date selon laquelle les femmes naissent avec une certaine réserve d'ovules dont elles doivent user avant la ménopause.

En 2004, il conduit des études sur les ovaires de souris, montrant que certaines cellules souches actives ont le potentiel de régénérer les ovules au cours d'une vie. Il faut juste que ces expériences soient étendues aux ovaires chez la femme, ce qui est imminent. Conner déclare que « les scientifiques sont sur le point de demander une autorisation auprès du Human Fertility and Embryology Authority au Royaume-Uni, pour pouvoir fertiliser des ovules afin de générer un réservoir illimité d'ovules humains -- une révolution qui pourrait aider les femmes stériles à avoir des bébés et les rendre aussi fertiles que les hommes au fil de l'âge ». L'article évoque l'éradication de la ménopause comme un «élixir de jouvence». Il revient aux femmes de se demander si elles souhaitent boire à cette fontaine.

Est-ce ce que Cranach avait à l'esprit lorsqu'il peignit sa célèbre «Fontaine de Jouvence»? Le fait que seules des femmes figurent dans ce tableau n'est pas un détail négligeable, tout comme le fait que seules les femmes sont assujetties à la ménopause (malgré les discussions récentes sur la « manopause » ou « andropause », la faculté procréatrice des hommes ne se heurte jamais à une pause ou à un arrêt subit).

L'aptitude de la femme à procréer, si elle s'étendait aussi longtemps que celle de l'homme, créerait-elle une situation plus équitable dans la sphère de la reproduction? Les hommes ignorent le tourment psychologique vécu par les femmes lorsqu'elles doivent choisir entre des enfants et une carrière. Ils n'ont pas à l'oreille, à l'approche de la trentaine, le tic-tac insistant de leur horloge interne. Diverses portes de la société commencent à s'ouvrir aux femmes qui maintenant vont à l'université, prennent part à la politique, choisissent des carrières desquelles elles étaient jusqu'alors exclues, etc. Cependant subsiste encore l'inquiétude que ces choix se fassent au détriment de la maternité. Bien sûr, les femmes sont capables -- et le font déjà -- de jongler entre le travail et leurs enfants. Mais ne serait-il pas plus simple de pouvoir repousser le compte à rebours?

En théorie, les femmes seraient sans doute d'accord pour considérer le choix en matière de reproduction comme un but positif. Je pense également que si la possibilité de modifier cette échéance biologique accordait aux femmes plus de temps pour poursuivre des buts comme l'émancipation professionnelle, alors un sursis (si ce n'est carrément un effacement) de la ménopause serait un projet désirable -- sans même parler des bénéfices physiques sur la santé comme le fait de contrer la diminution des œstrogènes, de bannir les bouffées de chaleur et de réduire le risque d'ostéoporose.

Néanmoins, les femmes ont beaucoup subi au cours l'histoire de la médecine où les abus infligés à leurs corps pullulent, avec entre autres essais cliniques peu scrupuleux, stérilisations forcées, eugénisme, procédures invasives, non-respect du consentement, etc., et de récents reportages sur les risques induits (ignorés sans doute pour la plupart) par les récents travaux de procréation médicalement assistée comme le don d'ovules et la fécondation in vitro, pourraient nous amener à réfléchir à nouveau, sans même évoquer la relation de plus en plus complexe entre la médecine et le capitalisme (consulter cet article montrant des obstétriciens qui se voient offrir des commissions). Quelle que soit notre inclination en la matière, il est important de commencer à se forger une position, parce que la possibilité d'en finir avec la ménopause est dans notre avenir proche.

 
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De récentes publications scientifiques contestent de plus en plus la vieille croyance selon laquelle l'horloge biologique de la femme parvient fatalement un jour à son terme. Les femmes ont toujours...
De récentes publications scientifiques contestent de plus en plus la vieille croyance selon laquelle l'horloge biologique de la femme parvient fatalement un jour à son terme. Les femmes ont toujours...
 
 
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06:56 sur 28/08/2012
L'âge et le trop-plein de sexe, ça amène aux pauses ?
09:16 sur 16/08/2012
C'est sur, avoir une mère qui à toutes les chance d'avoir la maladie d'Alzheimer (ou une autre maladie neurodégénérative) avant d'être adulte, quelle chance ! D'un autre coté, vu l'accroissement des risques génétiques qui augmente brutalement avec l'age de la mère, le (la) pauvre cheri(e) ne s'en rendra pas compte !
La médecine de la reproduction devient délirante, et les philosophes devraient prendre en compte la réalité, pas les fantasmes ...
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alizee144
La violence c'est le recours des gens qui ne saven
05:57 sur 16/08/2012
Mes parents avaient 20 ans d'écart , hélas à la suite d'un dérèglement ma mère a eu un autre enfant a 45 ans , mon père en avait 65 , je peux affirmer ici que ma mère a eu besoin des aînés pour élever ce dernier enfant . Mon père trop âgé pour lui donner une éducation digne de l'époque , ça a été un flop pour toute la famille , et maintenant que mes parents ont disparus , ce sont encore les aînés ( elle a 50 ans ) qui doivent gérer sa vie sous tutelle !
Si la nature est ainsi faite , pourquoi vouloir a tout prix la rediriger ? En Italie un gynécologue a fait faire un enfant a une femme de 60 ans , qui va prendre la suite si jamais elle meurt ? Je suis ok pour que la science nous apporte d'excellentes choses , mais détourner la nature , ça mène où ?
08:16 sur 15/08/2012
Selon Jill, le principal intérêt est de permettre aux femmes de pouvoir s’accomplir professionnellement avant de procréer. Soyons positif, d’après Richard Dawkins, le principal péril que devra affronter l’humanité, c’est la démographie, en faisant des enfants à 70 ans, on fait sauter une génération et, mathématiquement, on réduit la population terrestre. Deuxième avantage, vos enfants attendront moins pour hériter. Ça fait quand même deux gros points positifs non ?
Arrêtons de déconner. Imaginons un jeune de 14 ans avec sa mère de 84 ans. Le dialogue entre génération n’est déjà pas forcément facile, mais là, il devient très très dur. L’avidité commande toujours aux choix des humains. La parité et l’égalité entre sexe commencent par la reconnaissance de la contribution de chacun à la communauté et sans impact sur sa carrière professionnelle.
Les luttes féministes ont encore de beaux jours devant elles.
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Anomhouse
Enfermé dehors
05:33 sur 15/08/2012
Après la ménopause la mémépause ahah.
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alroanise
Si vis pacem para bellum
05:21 sur 15/08/2012
Mais quelle idée, et les enfants qui y pense ! Avoir une mère qui aurait l'âge d'être la grand-mère ne poserait donc aucun problème ?
04:12 sur 15/08/2012
Selon Jill, le principal intérêt est de permettre aux femmes de pouvoir s’accomplir professionnellement avant de procréer. Soyons positif, d’après Richard Dawkins, le principal péril que devra affronter l’humanité, c’est la démographie. En faisant des enfants à 70 ans, on fait sauter une génération et, mathématiquement, on réduit la population terrestre. Deuxième avantage, vos enfants attendront moins pour hériter. Ça fait quand même deux gros points positifs non ?
Arrêtons les âneries. Imaginons un jeune de 14 ans avec sa mère de 84 ans. Le dialogue entre génération n’est déjà pas forcément facile, mais là, il devient très très dur. L’avidité commande toujours aux choix des humains. La parité et l’égalité entre sexe commencent par la reconnaissance de la contribution de chacun à la communauté et sans impact sur carrière professionnelle.
Les luttes féministes ont encore de beaux jours devant elles.
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Asalyah
Mokkori man in Singapore
00:09 sur 15/08/2012
je suis pour a 100%

on ne sera plus constamment presses pour faire des enfants parce que "tic tac tic tac (rangers du risque)"!

j'ai le choix de faire des mioches quand je veux, je souhaite la meme chose aux femmes.
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Blogueur du Huffington Post
Sabine Aussenac
19:20 sur 14/08/2012
Envie de vomir, à la seule pensée- oui, je l'avoue, quel cliché...- des milliers d'enfants mourant de faim dans le monde...

Sans compter qu'imaginer des seins d'allaitante de plus de septante ans, huuuum, über glam!!!

Last but not least, que celle qui n'a jamais eu mal pendant ses ragnagnas me jette la première pierre.

Spasfon Kiss
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La Marianne du Post
HuffPo's community manager
17:30 sur 14/08/2012
Pourquoi vouloir à tout prix repousser les limites naturelles?
02:26 sur 15/08/2012
Effectivement, Marianne : votre réaction remet un peu les pendules à l'heure.
L'article développe quelque chose qui semble plus du coté d'une hypothèse de travail,
que du coté de ce que pensent et désirent la plupart des femmes.
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La Marianne du Post
HuffPo's community manager
13:16 sur 15/08/2012
Je veux dire la vieillesse, la ménopause et toutes ces étapes naturelles pour moi ne sont pas là "par hasard", c'est le cours normal des choses, alors pourquoi vouloir les empêcher?Un peu comme lorsqu'on dévie des cours d'eau pour pouvoir faire des maisons et qu'un beau jour, la nature reprend ses droits et crée des drames.
07:22 sur 16/08/2012
Parce que l'on veut vivre mieux et plus longtemps. C'est la nature de l'Homme.
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La Marianne du Post
HuffPo's community manager
14:34 sur 16/08/2012
Mieux? C'est pas forcément évident de vivre mieux en tentant d'aller contre la nature des choses. Mais bon. Je vous rejoins, c'est dans notre instinct que de vouloir tout contrôler sûrement!
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amberspy
11:46 sur 14/08/2012
avoir un bebe a 70 ans ....... le reve .....
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Anomhouse
Enfermé dehors
01:59 sur 15/08/2012
C'est clair, le rêve de beaucoup d'enfants être né dans une maison de retraite.
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06:17 sur 16/08/2012
Très drôle , votre idée pourrait être une excellente idée pour un roman, ou un film !