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Lettre ouverte de femmes contre le registre des armes d'épaule

15/12/2015 04:28 EST | Actualisé 15/12/2016 05:12 EST

Vous trouverez au bas de cette page la liste des cosignataires.

Voyant l'avalanche de réponses de femmes s'exprimant contre la création d'un registre québécois des armes d'épaule sur la page Facebook de Sylvie Roy, députée d'Arthabaska, j'ai pris l'initiative d'approcher ces femmes, et quelques autres, pour les inviter à cosigner cette lettre ouverte.

Nous ne sommes ni célèbres, ni spécialement réseautées dans les milieux politique ou artistique. Nous sommes de tous âges, comptant une jeune femme de 17 ans et quelques jeunes retraitées, et de tous horizons, mères à la maison, travailleuses autonomes, entrepreneures et salariées.

Certaines d'entre nous sont favorables aux politiques de rigueur budgétaire, alors que d'autres les déplorent. Certaines d'entre nous se mobilisent par amour pour les sports de tir, alors que d'autres n'aiment pas les armes. Mais nous sommes unanimes sur un point: l'argent doit être investi là où il peut faire la différence.

Nous déplorons l'apparente unanimité quant au registre des armes d'épaule, puisque cette question ne fait l'unanimité ni dans la population en général, ni chez les femmes.

Nous avons constaté l'inefficacité du registre fédéral et souhaitons éviter la répétition d'une erreur évidente. L'examen des données sur les homicides disponibles sur statistiques Canada n'a réussi à démontrer aucun bénéfice relié à une des lois canadiennes sur les armes à feu adoptées entre 1974 et 2008, incluant le défunt registre des armes d'épaule.

Nous sommes préoccupées par l'aspect financier de la démarche. Au fédéral, le registre a coûté entre 500 et 1000 fois le montant prévu au départ. Peu importe le coût réel, quand c'est inefficace, c'est du gaspillage pur et simple. Voici ce qu'en disait une de mes cosignataires:

«Je vois tellement de désarroi dans le visage de gens qui requièrent des soins et qui ne peuvent en avoir faute de budget. Notre société est malade de vouloir encore une fois lancer notre argent par les fenêtres et délaisser des gens qui un jour, seront peut-être un membre de notre famille» -Josianne Allard.

Nous déplorons tous les meurtres, quelle que soit l'arme utilisée pour le perpétrer. Ainsi, tous les suicides sont tragiques, peu importe la méthode utilisée. Nous comprenons que certaines personnes ayant perdu un proche ou survécu à une agression par arme à feu puissent être émotives sur la question.

Mais nous déplorons l'utilisation de cette émotion pour évacuer toute possibilité de débat, malgré la pertinence de plusieurs arguments des opposants à la création d'un tel registre. Pour respecter la mémoire des victimes, l'efficacité des mesures préventives devrait être notre principale préoccupation.

Or le financement des services en santé mentale ne semble pas faire l'objet d'une étude sérieuse. Au Québec, 80 % des personnes qui se suicident souffraient de dépression au moment de passer à l'acte, causant annuellement 50% plus de décès que les accidents de la route, sept fois plus que la totalité des décès annuels par armes à feu, et 44 fois plus si on exclut les suicides par armes à feu de ce calcul. On peut donc se questionner sur les priorités du gouvernement.

C'est pourquoi nous vous invitons à signer en grand nombre la pétition contre la loi 64 sur l'immatriculation des armes à feu parrainée par Sylvie Roy qui est présentement en ligne sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.

Si vous êtes en détresse, n'hésitez pas à contacter le Centre de prévention du suicide du Québec: 1 866 277 3553

Josée-Alexandra Dalcourt, mère au foyer (et cousine de Jenique Dalcourt assassinée à Longueil), St-Amable.

Dyane Bergeron, bouchère (et victime de violence conjugale), Coaticook.

Samantha Murray, que vous voyez sur la photo, conseillère de chasse et armes à feu, Québec.

Sonya Mullins, self-employed, St-Léonard.

Geneviève Proulx, chauffeuse-livreuse, Québec.

Martine Bédard, responsable d'un service de garde, Dosquet.

Valérie Mailloux, gérante dans un magasin de fruits et légumes, Montréal.

Diane Morin, comptable, Stoneham-et-Tewkesbury.

Janie Calvé, conseillère technique, Ste-Agathe-des-Monts.

Jocelyne Michaud, assistante gérante, Coaticook.

Elise Gravel, retraitée, Québec.

Mariève Pelletier, service à la clientèle, Québec.

Anne de Blois, analyste de l'informatique et des procédés administratifs, Québec.

Analie Morrissette, conseillère technique, Trois-Rivières.

Claudette Boily, bénévole, Beloeil.

Françoise Tremblay, retraitée, Albanel.

Kathie Mc Nicoll, Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Justine Morin, étudiante, Québec.

Marie-Josée St-Pierre, commis d'entrepôt, Québec.

Manon Labonté, préposée à l'entretien ménager, St-Hippolyte.

Katerine Boutet, secrétaire de direction, Lévis.

Annie Perron, maman à la maison, St-Jérôme.

Julie Ducharme, secrétaire médicale, Roxton Pond.

Lise Morissette, retraitée, Québec.

Josianne Allard, infirmière auxiliaire, Marieville.

Catherine Jobin, entrepreneure en construction, L'Assomption.

Kate Lafrance, ouvrière d'atelier, Trois-Pistoles.

Luce Parent, chauffeuse d'autobus, Ste-Claire.

Darleen McConmey, auxiliaire en santé et service sociaux, Coaticook

Rita Lemieux, retraitée, Compton.

France Théroux, opératrice de machine à tricots, Stanstead

Laurence Bazinet, Mirabel.

Maryse Longchamps, secrétaire et préposée aux bénéficiaires, St-Ephrem-de-Beauce.

Karine Lelièvre, graphiste/chargée de projet, Québec.

Soraya Xavier, Technologue en imagerie médicale, Montreal.

Catherine Paradis, mère au foyer, St-Lucien.

Jessie Mc Nicoll, blogueuse à temps perdu, Trois-Rivières.

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