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Harper a raison

21/03/2015 08:09 EDT | Actualisé 21/05/2015 05:12 EDT

Il a affirmé que sa «femme vient d'une région rurale où la possession d'armes n'était pas que pour les besoins de la ferme, mais aussi pour assurer un certain niveau de sécurité lorsqu'une assistance policière immédiate n'était pas disponible »

Or cette affirmation a littéralement déclenché une hystérie collective au Québec. Philippe Couillard, premier ministre du Québec, alors qu'il est lui-même un chasseur, et que sa propre vie est protégée par des gardes armés, a affirmé que «Moins il y a d'armes en circulation chez nous, le mieux, et je pense qu'une grande partie des Québécois sinon une bonne majorité des Québécois pensent la même chose

Bien sûr que plusieurs Québécois le pensent! Depuis la tragédie de la polytechnique, le discours mensonger de la coalition pour le contrôle des armes à feu monopolise la place publique.

On reproche à Harper de faire de l'idéologie en matière d'armes à feu, mais en réalité, ceux qui font de l'idéologie sont les pro-contrôle. La croyance erronée étant que la criminalité violente augmente avec la possession d'armes à feu sans égard au fait que celles-ci soient possédées par d'honnêtes citoyens. Toute mesure de contrôle est donc essentielle pour eux, afin que la «procédurite» liée à la possession d'armes à feu en décourage le plus grand nombre de gens de s'en procurer.

Comment peux-tu affirmer qu'ils font de l'idéologie? Tout le monde sait que les crimes par armes à feu ont baissé depuis le resserrement de loi sur les armes à feu!

Bien sûr que le crime par armes à feu a baissé depuis le resserrement de la loi. Comme la fille de mon chum a grandi depuis le début de nos fréquentations. C'est dans l'habitude des pro-contrôle de citer des chiffres hors contexte pour laisser croire à une quelconque utilité de leur lobbying. Mais jamais ils ne vous diront que la tendance était déjà bien installée depuis plus de 30 ans...

Et que l'examen des données par Caillin Langmann, MD, PhD de McMaster University, Hamilton, Ontario, Canada sur les homicides disponibles sur statistiques Canada n'a réussi à démontrer aucun bénéfice entre une des lois canadiennes sur les armes à feu adoptées entre 1974 et 2008 et une baisse des taux d'homicides, ni de façon globale, ni sur les homicides conjugaux. Deux des méthodes statistiques appliquées à ces données ont même révélé que la baisse du taux d'homicides est moins marquée depuis l'application complète de la loi C-68 sur les armes à feu.

Or non seulement l'examen des données ne suggère pas de bienfaits liés au resserrement de la loi, mais pis encore, il y aurait lieu de se questionner à savoir si ces resserrements n'ont pas créé un faux sentiment de sécurité chez les femmes victimes de violence conjugale.

Mais revenons-en au point de monsieur Harper, si vous le voulez bien, voulant qu'une arme à feu soit utile «pour assurer un certain niveau de sécurité lorsqu'une assistance policière immédiate n'était pas disponible».

On peut lire sur le site du ministère de la Justice que :

«Les recherches indiquent généralement que les victimes qui résistent au moyen d'une arme à feu ou d'une autre arme sont moins susceptibles que les autres victimes d'être dépossédées de leurs biens lors d'un vol ou d'un cambriolage (Kleck, 1995, p. 8). De même, ces victimes sont moins susceptibles de subir des blessures (Gabor, 1994, p. 61; Kleck, 1995, p. 18; Kleck et Gertz, 1995, p. 151-152). Sur la base de cette information, certains auteurs sont arrivés à la conclusion que le fait de restreindre la possession d'armes à feu peut se traduire par la perte de moyens de se protéger (Kleck, 1995, p. 19; Kleck et Gertz, 1995, p. 151; Mauser, 1996a)».

-Ouais, bon... Mais en général, si tu n'entretiens pas de lien avec le crime organisé, tu ne vis pas ce genre de problème!

Contrairement à la croyance populaire, selon les données officielles, parmi les invasions de domicile avec violence portés à l'attention de la police, il y a une relation de nature criminelle entre l'auteur et la victime dans moins de 1 % (0,2%) des cas.

Selon la définition la plus stricte, on observe un taux relativement constant au Québec de 6,1 infractions par 100 000 habitants, ce qui représente entre 400 et 500 victimes par année. Mais en utilisant l'ensemble des actes de violence perpétrés lors d'une introduction par effraction, on constate que le nombre d'événements a doublé de 1997 à 2006, pour atteindre plus de 1200 victimes, soit plus de 3 Québécois chaque jour.

Ça reste néanmoins un type de crime rare. Mais sachant que de restreindre la possession d'arme à feu chez les citoyens honnêtes les prive d'un moyen efficace de se défendre en cas de besoin, et que toutes les législations ajoutées depuis 1974 ont été inefficaces pour lutter contre le crime... Et sachant que, peu importe la définition utilisée, Montréal se classe toujours au-dessus de la moyenne provinciale pour ce type de crime...

La seule chose que l'on puisse reprocher à Harper, c'est de limiter son propos aux gens de la campagne...

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