Jessie Mc Nicoll

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La culture du viol ou l'affaire Gab Roy: un effet pervers du «politically correct»?

Publication: 04/11/2013 23:09

Vous avez sans doute eu vent de l'affaire Gab Roy, cet abject personnage qui s'est parasité une pseudo gloire en publiant un texte où il décrivait ses fantasmes à saveur criminellement sexuelle à l'endroit de Mariloup Wolfe. Faisant au passage l'étalage des rationalisations typiques de bas étage des agresseurs sexuels, à l'effet que toutes les manifestations de dégoût et de désaccord de la victime sont fausses et qu'elle doit sûrement y prendre plaisir. Et si certains d'entre vous n'y voient là que de la littérature érotique, voire de la porno, je vous invite à lire l'excellent texte de Jocelyne Robert.

Évidemment, la publication de Gab Roy a suscité un tollé, mais aussi une vague de sympathie, de supporters. Les médias sociaux aident à mettre une loupe sur ce phénomène qui peut, à priori, sembler surprenant.

«Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en!»

Aujourd'hui, l'égalité homme-femme fait consensus, le féminisme a gagné tellement de terrain qu'il est certain qu'un tel texte allait soulever l'ire populaire et la multiplication des gens qui le dénoncent.

Or c'est justement cette abondance de dénonciations qui lui sert de publicité et lui permet de devenir populaire. Qui plus est, il est inconcevable dans notre société de se faire justice soi-même ou même de suggérer à quelqu'un d'en faire autant.

Combattre le feu par le feu et la merde par... Bon, petite métaphore pour faciliter la compréhension.

Aujourd'hui, on jouit de la liberté d'expression à l'intérieur des limites du «politically correct». Dès qu'on en sort, on se fait assurément lyncher, comme s'il y avait unanimité sur le sujet et ce, même si ces propos trouvent un écho significatif au sein de la population.

Des crottés, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Mais comme ils sont minoritaires, la «flore humaine», telle la flore intestinale, devrait se trouver naturellement un point d'équilibre pour maintenir ces mauvais éléments en respect. Tant que la proportion bonnes bactéries/mauvaises bactéries est correcte, ce sont les bonnes bactéries qui gardent les mauvaises en respect.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, sachez que le fait de prendre des antibiotiques fait de vous une victime de choix pour la C. difficile en détruisant une partie de la flore intestinale (majoritairement composée de bonnes bactéries) , et que le meilleur traitement contre cette infection dans sa forme résistante aux antibiotiques pourrait bien être une transplantation d'excréments.

Où veux-je en venir avec cette histoire?

Imaginez que Gab Roy ait fait exactement le même texte sauf qu'au lieu de nommer Mariloup Wolfe, qu'il ait nommé la petite amie d'un membre en règle d'un groupe criminalisé...

On tente de l'imaginer, mais il est évident pour tous que jamais quelqu'un n'aurait osé faire une telle chose. Et le pourquoi en est simple : le texte mettant en scène Mariloup est, non pas un vrai viol, mais une agression tellement claire à son égard, un crime contre sa dignité, que même quelqu'un comme Gab Roy est trop intelligent pour l'ignorer. Et sachant qu'un membre du crime organisé ne se laisse pas arrêter par les lois en vigueur, il est évident que l'homme en question aurait sérieusement remis à sa place notre énergumène.

Tu valorises le comportement des gens du crime organisé?

En général, non. Mais dans le présent cas, il est très utile pour illustrer mon propos. Je ne connais aucun homme qui aimerait que sa compagne soit décrite dans un scénario aussi dégradant. Les vrais hommes (les bonnes bactéries) ont ça en horreur et ne se feraient pas prier pour ramener à l'ordre quelqu'un qui oserait faire une telle chose. Sauf que quelqu'un qui rappellerait ce gars à l'ordre serait lui-même traité comme un criminel aux yeux de la loi (antibiotique) , alors que Gab Roy (mauvaise bactérie) ne le sera pas.

Notre société déteste les stratégies viriles, les interventions musclées. Ce n'est pas «politically correct». Mais quand les antibiotiques aggravent la maladie au lieu de la soigner, il faut parfois mettre de côté certains préjugés pour accéder à une solution efficace.

Et si nous n'étions pas prisonniers du «politically correct» et respectueux des lois, même lorsque celles-ci favorisent agresseurs et agressions...

Et si nous redonnions leurs lettres de noblesse aux «avertissements virils» plutôt que de les qualifier «de violences en réponse à la violence», et de répondre avec une avalanche de mots qui donnent satisfaction et publicité à des gens qui en tirent profit au lieu de comprendre le message...

Un tel dérapage n'aurait que très peu de risques de se produire et, le cas échéant, le traitement réservé à notre énergumène servirait d'exemple pour tous les autres.

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