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Pour tous ceux qui y croient...

03/11/2013 09:40 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

La défaite.

Quel terme est plus lourd de sens et cruel que défaite? On s'investit en vue de gagner, on y croit puis, hop, comme un poing en plein visage, la défaite nous happe de plein fouet. Ils sont nombreux les candidats, à chaque élection municipale, provinciale ou fédérale, à la subir. À priori, ils s'investissent tous pour la victoire, mais surtout pour que notre système démocratique puisse fonctionner adéquatement et ait un sens en soi. Cette défaite cruelle et impitoyable demeure néanmoins un ingrédient essentiel. Aussi dure soit-elle.

Il faut l'avouer, c'est un peu crève-cœur de voir autant de candidats se donner corps et âme dans l'espoir d'être choisis par leurs semblables; de devenir l'élu, celui qui pourra savourer la victoire et écrire son nom dans l'histoire collective. Ce goût de gagner est un peu inné en nous. Il remonte à une histoire bien lointaine et commune à tous. Il remonte au jour où chacun de nous, spermatozoïdes dynamiques, avons participé à une course enlevante pour réussir à féconder l'ovule. Il faut l'avouer, l'enjeu était élevé. Mais tous autant que nous sommes, nous avons gagné.

Si les candidats perdants ont parfois tendance à trouver leur sort bien injuste et à vouloir s'apitoyer sur celui-ci, d'autres réussissent à accepter cet état de fait avec davantage de sérénité. Certains, résilients, vont même parfois se promettre un match de revanche où ils auront l'occasion de démontrer, une fois pour toutes, de quel bois ils se chauffent. Cette attitude est franchement rassurante et démontre une combativité qui mérite d'être soulignée. Après tout, l'électeur a toujours raison. Même quand il a tort. Il n'en demeure pas moins que si la défaite est difficile à accepter pour les candidats non élus, ils ne sont pas les seuls à avoir à la porter; à la vivre difficilement.

Il y a aussi les militants. Ces militants qui donnent temps et argent sans compter, qui se réveillent le matin avec le sourire aux lèvres, carburants à l'idée de contribuer à faire gagner leur formation politique ou leur candidat favori. Ces hommes et ces femmes, qui se relaient sans relâche au téléphone, au porte-à-porte, à la pose de pancartes, en ces temps où le cynisme politique semble atteindre son apogée, méritent toute notre admiration. Que l'on soit en accord ou non avec l'objet de leur militantisme, il faut lever notre chapeau à ces gens sans qui l'exercice démocratique serait encore davantage empreint de petites magouilles entre personnalités influentes. Les militants sont une bouffée d'oxygène dans le paysage politique.

Personnellement, je ne peux m'empêcher de penser aux Manu, André, Renaud ou au regretté Richard, militants souverainistes que j'ai connus en Beauce. Malgré un terrain bien peu fertile pour leurs idéaux, jamais ils n'ont baissé pavillon; jamais ils ne se sont découragés. Toujours, ils ont gardé le sourire, malgré les défaites par-dessus défaites. Ils furent, pour moi, une grande source d'inspiration. J'ai aussi une pensée pour mon bon ami Pascal, militant pour Projet Montréal, qui se bat quotidiennement pour ses convictions et qui le fait avec ardeur et passion. Faisant abstraction des marées plus tourmentées, jamais il ne quitte la barre. Il est droit, fier et dévoué comme pas un. Des militants comme Pascal et les autres, ça vaut beaucoup plus que tout dénier qu'un parti politique puisse détenir. Il s'agit ici d'une véritable richesse. La richesse du cœur.

Il n'est donc pas difficile de s'imaginer que ces milliers de militants, impliqués un peu partout dans différentes formations, puissent prendre la défaite aussi durement que les candidats qu'ils travaillent à faire élire. En contrepartie, la victoire est aussi partagée lorsque, par bonheur, elle survient. Pour tous ceux qui y croient, qui portent une cause à bout de bras, qui la défendent en vibrant quotidiennement, il y a un mot qui peut expliquer cette fidélité et cette persévérance dont ils font preuve. Il s'agit de l'espoir. L'espoir d'un monde meilleur.

L'espoir.

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