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La suite des choses pour le PQ

13/04/2014 09:22 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Maintenant que la poussière commence à retomber, le Parti québécois a un gigantesque post-mortem à faire. Ce qui s'est passé? Ça semble évident : la charte des valeurs n'a pas eu les effets escomptés par les péquistes, la carte de l'intégrité ne semble plus avoir la même portée qu'auparavant et l'option indépendantiste qu'il présente piétine.

Commençons justement avec l'indépendance. Je l'ai écrit dans mon précédent billet : le Parti québecois a tellement tenté de camoufler son option durant la campagne que les citoyen(ne)s ne savaient plus sur quel pied danser. Pour un parti qui a l'indépendance du Québec comme article 1, on s'empressait un peu trop de le nier en disant qu'il n'y aurait pas de référendum «tant que les Québécois ne sont pas prêts». Plus flou que ça, c'est de l'aveuglement. Le PQ devra donc faire un choix : soit il est résolument indépendantiste et brandit le projet fièrement, soit il l'abandonne. Ce parti, qui a été fondé pour une raison, doit cesser de danser entre deux chaises. Non seulement il devra décider s'il garde ou s'il abandonne l'idée de l'indépendance, mais il devra aussi revoir la manière dont il le présente.

Car soyons francs : lundi dernier, ce n'était pas la défaite de la souveraineté ou de l'indépendance - appelez ça comme vous voulez, ça veut dire «pays» à l'autre bout : c'était la cuisante défaite du nationalisme identitaire et du gouvernement d'improvisation. Ce qui veut donc dire que le projet doit être au goût du jour, ce qui n'est pas le cas actuellement. D'ailleurs, si l'idée d'indépendance était morte, le suffrage exprimé pour l'autre parti qui en parle fièrement n'aurait pas augmenté. En effet, Québec solidaire est l'un des trois partis à avoir augmenté son suffrage exprimé.

Gouvernement d'improvisation, ai-je dit. En fait, il s'agit plutôt d'un gouvernement qui a trop tenté de ménager la chèvre et le chou. Du moment où les avancées se sont transformées en recul ou en statu quo, les citoyens ont perdu leurs repères et leur confiance envers ce gouvernement. Le gel devenait une indexation. La promesse qu'il n'y aurait pas de hausse des tarifs d'électricité s'est soldée en hausse. Les garderies sont passées de 7$ par jour à 9$ par jour, l'électrification des transports venait avec le pipeline 9B d'Enbridge et l'exploration d'Anticosti, etc.

Quant à la charte des valeurs québécoises, elle semblait si incomplète et parsemée de flous que plus la campagne avançait, plus le citoyen se rendait compte qu'elle ne tenait pas la route. Tant et si bien que durant ladite campagne, cette charte qui était censée passer le test des tribunaux haut la main...devenait sujette à la clause dérogatoire si le besoin s'en faisait sentir.

C'est une succession d'erreurs qui a mené à la défaite du Parti québécois. Et ce sera extrêmement long pour qu'il s'en remette, s'il s'en remet. Il lui faudra revenir à la base : un parti fier de son option, progressiste et libéral (pas de parti, de courant politique). Il lui faudra aussi trouver un nouveau ou une nouvelle chef. Dans mon prochain billet, je tenterai de trouver les successeurs potentiels.

Pour l'instant, le PQ doit se retrouver. Car il s'est perdu lui-même. Il en est le seul responsable. Et tant et aussi longtemps qu'il ne le reconnaîtra pas, il ne pourra ni passer à la prochaine étape, ni trouver des solutions.

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