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Les successeurs potentiels à Pauline Marois

16/04/2014 12:35 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Puisqu'il le faut, le Parti québécois devra se trouver un nouveau ou une nouvelle chef. Même s'il a beaucoup de temps pour le faire et que la majorité libérale lui laisse amplement le temps de le faire, le PQ doit quand même étudier ses options. Pour ce faire, il doit remettre les choses en perspective.

Ce qu'on reproche beaucoup au Parti québécois, c'est son manque de transparence sur la question nationale. Le classique «on verra quand on sera souverain» revient beaucoup trop dans les réponses des péquistes lorsqu'ils sont interrogés sur la nature d'un pan de l'État s'il advenait que le Québec devienne un pays souverain. C'est donc un(e) chef honnête, fier et droit, qui n'a pas peur de parler de souveraineté, dont le PQ a besoin. C'est bien sûr s'il décide de continuer à parler de l'option indépendantiste. Le contraire serait plutôt surprenant, mais en même temps, plus rien n'est vraiment surprenant venant de ce parti.

Ce chef doit aussi être en mesure de reprendre le vote des 18-35 ans qu'il vient de perdre au profit du PLQ et de QS. Et le vote de la frange progressiste francophone qui s'est aussi divisé entre le PLQ et QS.

Le ou la chef doit aussi être capable de rivaliser avec de nouveaux adversaires bien plus coriaces qu'auparavant. Philippe Couillard s'est avéré être un excellent débatteur - calme et posé - et a montré un bel aplomb lorsqu'il était la cible des attaques. Parions qu'il ne fera plus jamais l'erreur d'être nonchalant sur la langue. Du côté gauche, Françoise David demeure une adversaire plus que respectable. Plusieurs citoyen(ne)s découvrent en elle bien plus qu'une simple idéaliste, mais aussi une femme au bagage louable qui propose des solutions concrètes aux défis du Québec. Quant à François Legault, il représente bien une frange de la population plus à droite économiquement qui apprécient les hommes qui parlent fort et n'hésitent pas à taper sur le pupitre pour faire valoir son point.

Et c'est là que la liste devient beaucoup plus courte.

Commençons avec Bernard Drainville. Même si expérimenté, il a tendance à aisément monter le ton et s'emporter lorsque l'adversaire n'est pas d'accord avec lui. Il gaffe aussi plus souvent qu'à son tour à des moments où il ne peut se permettre de gaffer. On peut penser au manque de poigne qu'il avait durant le débat sur la charte: bien qu'il appelait souvent au calme du bout des lèvres, jamais n'a-t-il pris la peine de remettre à sa place une personne qui allait trop loin dans son interprétation de la charte. Fatigué? Peut-être. Reste que Drainville est un très bon soldat. Mais loin d'être un chef.

Jean-François Lisée? Bien que très futé et très expérimenté, il ne jouit pas d'une très bonne réputation, dans la population. Il est perçu comme hautain, au-dessus de ses affaires, comme s'il regardait la plèbe de haut. Il a aussi tendance à être mesquin avec ses adversaires, ce qui lui vaudrait des critiques virulentes de la part de ceux et celles qui sont rebutés par la vieille politique de division. Ce qui veut donc dire que devant des adversaires comme M. Couillard et Mme David, il ne pourrait pas faire le poids. Pas parce qu'il manque de contenu, mais parce que l'image est devenue trop importante, en politique.

Pierre Karl Péladeau, maintenant. Parce qu'on ne peut pas ne pas le nommer. De son côté, son manque d'expérience politique (qui n'a rien à voir avec la gestion d'une entreprise) fait de lui une personne trop vulnérable aux expérimenté(e)s qui seront face à lui. Son ton hésitant lors de certaines entrevues et certains points de presse font de lui une proie trop facile. M. Péladeau a besoin d'expérience parlementaire, voire ministérielle, avant d'occuper un tel poste. Puisqu'il verra rapidement que le travail politique n'a rien à voir avec le travail d'homme d'affaires, c'est beaucoup trop tôt dans son cas.

Eh oui!, nous avons déjà fait le tour des trois hommes qui étaient sur l'estrade, le 7 avril au soir. Et dans les trois cas, ce n'est pas la personne qu'il faut. Un peu plus haut, j'ai mentionné l'importance pour le PQ de reprendre le vote des 18-35. Aucun des trois mentionnés ci-haut ne pourra le faire. Alors, il faut que le PQ se tourne vers la jeunesse.

Dommage: Alexis Deschênes a été battu dans Trois-Rivières. Bien qu'il ne possède pas d'expérience parlementaire, il a baigné dans cet univers lors de son parcours journalistique. Il aurait été un excellent prétendant.

Reste donc, dans le PQ actuel, trois personnes: le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et la députée de Joliette, Véronique Hivon.

Hivon jouit d'une excellente réputation suite à son excellent travail sur le Projet de loi 52. Elle est l'une des députées du Parti québécois les plus populaires au sein de la population. En somme, tout le monde aime Véronique Hivon. Cependant, elle n'a jamais été directement à l'avant-scène puisque même avec le PDL 52, elle fut reléguée aux confins médiatiques pour cause de charterie. À voir.

Gaudreault est l'homme de fer du gouvernement Marois. En pleine commission Charbonneau, l'homme a occupé les fonctions de ministre des Transports et ministre des Affaires municipales en plus d'occuper le poste essentiel de ministre à l'occupation du territoire. Chef? Peut-être pas. Mais il sera sans doute l'homme de confiance du prochain chef. Avec tout ce qu'on a mis dans son assiette, le fait qu'il ressorte de cette législature avec un immense respect de la population relève du miracle. Attention au «syndrome Paul Martin», par contre: un excellent exécutant ne fait pas nécessairement un bon chef.

Cloutier, de son côté, a aussi été plutôt effacé durant le mandat de Mme Marois. Impossible d'estimer sa capacité à prendre les reines du Parti québécois. Mais, à l'instar de Hivon, il est très populaire et peut aisément renouveler l'image du PQ. En plus d'être un souverainiste très convaincu, il est particulièrement habile avec les citoyen(ne)s.

Sauf que...

Je ne sais pas pour vous, mais malgré la grande qualité de ces trois membres de la nouvelle garde du PQ, personne ne sort tel un «Jack-in-a-Box» comme un choix évident. Il faudra donc que le Parti québécois ouvre ses horizons à l'extérieur du parti.

Et si le seul choix louable était trop évident?

Il va me détester pour celle-là. Mais bon: London Calling?

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