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Énergie: «Blockchain» et le chaînon québécois

La société québécoise a tout intérêt à porter une attention particulière au phénomène «Blockchain».

06/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 06/09/2017 09:00 EDT
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Un nouveau filon d'or, prêt à faire jaillir son précieux métal, se cache dans le Nord québécois. Il comporte cependant des caractéristiques différentes des gisements «conventionnels». Premièrement, il ne requiert peu ou pas d'investissements initiaux. Deuxièmement, il ne laisse pratiquement aucune trace sur l'environnement après son exploitation. Ce filon se trouve étrangement à un endroit précis, c'est-à-dire à l'embouchure des grands barrages électriques de la Baie-James.

Je parle en fait d'un nouveau type de forage tout à fait hors du commun, le forage de cryptomonnaie. Pour les non-initiés, les cryptomonnaies sont des instruments de paiement digitaux basés sur la technologie du «blockchain». Elles permettent aux utilisateurs de transiger sur internet avec des inconnus tout en garantissant la sécurité et la validité de l'échange. Ces monnaies opèrent indépendamment des banques conventionnelles et leurs transactions sont enregistrées sur la chaîne de blocs (blockchain). Cette présentation de M. Don Tapscott est un bon départ pour comprendre ces concepts et leur potentiel.

Ce que l'on entend par forage de cryptomonnaie est l'action de valider et d'ajouter les transactions sur la chaîne de blocs. Tout un chacun peut participer à cette activité, un ordinateur et une connexion internet seulement sont requis. Il s'agit, pratiquement, d'écrire et de valider un grand livre comptable publique. Les «foreurs virtuels» sont ensuite récompensés par des unités de ladite cryptomonnaie pour avoir mis leur ordinateur au service de la chaîne de bloc.

Un investisseur précoce, ayant placé 1 000$ US dans cette monnaie en juillet 2010, est aujourd'hui propriétaire d'un actif de plus de 53 000 000$ US.

La plus populaire de ces monnaies est le Bitcoin. Vous avez probablement entendu parler de cette mystérieuse devise, qui sera un des actifs avec la plus forte croissance en 2017. Un investisseur précoce, ayant placé 1 000$ US dans cette monnaie en juillet 2010, est aujourd'hui propriétaire d'un actif de plus de 53 000 000$ US.

La technologie derrière ces monnaies est maintenant considérée par les experts comme une nouvelle fondation de notre économie. Comme l'indique le Harvard Business Review, la chaîne de blocs a le même potentiel que la roue, le chemin de fer ou l'internet.

Bref, pourquoi est-ce que les Québécois devraient s'intéresser à ce filon?

La raison est fort simple, le forage de cryptomonnaie requiert des quantités faramineuses d'électricité. En effet, les puissants ordinateurs, utilisés lors du forage, sont très énergivores.

Actuellement, la croissance de la demande en électricité est faible et nos prix sont très compétitifs en Amérique du Nord. Nous sommes donc à la recherche de nouvelles industries pouvant exploiter notre électricité propre et renouvelable.

Il n'est pas surprenant que même les firmes comptables s'intéressent à ce phénomène. En effet, Raymond Chabot Grant Thornton annonçait en juillet un partenariat avec des entrepreneurs de la technologie «blockchain» pour créer un centre d'expertise à Montréal.

Avec des investissements initiaux de quelques centaines de milliers de dollars, une entreprise pourrait s'attendre à rentabiliser ses opérations en seulement quelques mois.

Les marges de profits d'une entreprise de forage de cryptomonnaie s'installant aujourd'hui au Québec seraient spectaculaires. Avec des investissements initiaux de quelques centaines de milliers de dollars, une entreprise pourrait s'attendre à rentabiliser ses opérations en seulement quelques mois.

L'entreprise Genesis, installée en Islande, est un bon exemple de succès dans la matière. Avec son électricité propre à faibles coûts et son climat tempéré, cette île de l'Atlantique est comparable au Québec. D'ailleurs, voyant les marges grandir de jour en jour en 2017, la jeune firme a même été jusqu'à louer des avions de ligne 747 pour transporter, le plus rapidement possible, de grandes quantités d'ordinateurs sur l'île nordique.

La situation géopolitique est cependant préoccupante. Actuellement, des entreprises chinoises, financées par leur gouvernement, contrôlent plus de 60% du forage de cryptomonnaie mondial. Plusieurs de ces entreprises sont directement installées sur les sites des barrages hydroélectriques chinois. Un peu plus à l'ouest, un proche de Vladimir Poutine vient tout juste de lancer un projet d'investissement de 100 000 000$ US pour rivaliser les foreurs chinois. Avec leur électricité à faibles coûts et leur climat froid, ils seront compétitifs.

La société québécoise a tout intérêt à porter une attention particulière à ce phénomène. Il importe de ne pas rater le navire alors que nous avons les conditions gagnantes sur notre territoire.

Il est temps d'envoyer le signal au monde que notre énergie propre, fiable et renouvelable est au service de cette nouvelle aventure.

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