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Santé, services sociaux et services de garde: une année très mouvementée pour les syndicats

27/12/2016 08:16 EST | Actualisé 27/12/2016 08:16 EST

Il y a un an, presque jour pour jour, nous étions plusieurs centaines de délégués réunis à Laval pour faire le débat sur l'entente de principe intervenue en Front commun quelques jours auparavant.

La poursuite d'une négociation grâce à notre détermination

Malgré la recommandation du Front commun, le comité de négociation de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), avec l'appui sans ambiguïté de la direction de la fédération, a recommandé à une salle pleine à craquer de rejeter l'entente de principe. Le débat a commencé le 21 décembre pour finir un peu avant minuit le 22 décembre. Massivement, par vote secret, les délégués des syndicats locaux ont voté pour poursuivre la négociation afin d'améliorer davantage nos conditions de travail.

L'année 2016 a donc commencé avec des assemblées générales locales pour confirmer le choix des délégués du Conseil fédéral. Les assemblées générales, à leur tour, ont confirmé la volonté de poursuivre la négociation pour les quatre catégories du secteur public, sans oublier la participation de nos secteurs privés à ces discussions très importantes.

Le retour à la table de négociation, malgré les menaces publiques du gouvernement, a donné des résultats très intéressants. Étant la seule organisation syndicale dans la santé et les services sociaux à avoir rejeté l'entente de principe du Front commun, nous devions absolument réussir notre négociation pour inspirer les luttes futures. Il me paraît évident que si d'autres organisations de la santé et des services sociaux avaient rejeté l'entente de principe, on aurait pu obtenir davantage.

Parce qu'en négociation comme dans toutes nos luttes, nous sommes plus forts quand nous nous regroupons. Mais nous étions prêts à continuer, même tout seuls!

Les résultats de la négociation de la FSSS-CSN

La fédération a réussi à arracher 80 millions de dollars supplémentaires au gouvernement Couillard, et ce, sans aucune concession sur ce qui a été négocié au mois de décembre 2015.

De plus, dans la catégorie du personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires, toutes les autres organisations syndicales ont retiré toutes leurs plaintes de maintien de l'équité salariale pour 2010 et 2015. Les syndicats de ces autres organisations sont liés par cette décision.

À la FSSS-CSN, nous étions obligés de retirer nos plaintes. Cependant, la différence majeure avec les autres est le fait que nous avons préservé la possibilité pour nos syndicats de maintenir leurs plaintes si le syndicat local voulait contester les décisions du Conseil du trésor sur le maintien de l'équité salariale pour les professionnels en soins.

Ce 80 millions de dollars supplémentaires permet de réduire concrètement le coût des assurances pour les prochaines années. De plus, nous sommes parvenus à obtenir la rétroactivité sur les primes que le ministère avait suspendues unilatéralement en avril 2015. C'est donc dire que pour le personnel qui recevait ces primes, il y a grâce à la CSN une récupération de plus que 15 mois sur le versement de celles-ci.

Le courage de nos membres à affronter le gouvernement en lui exigeant de faire mieux a permis au personnel de la santé et des services sociaux d'améliorer un peu leur situation.

Comme la FSSS-CSN était toute seule dans notre secteur à affronter le gouvernement, nous sommes parvenus à faire un pas extraordinaire, même si les résultats n'étaient pas à la hauteur voulue.

Des luttes inspirantes

Pour le reste de l'année, nos énergies ont été concentrées sur les éléments suivants :

  • Une négociation coordonnée dans les Centres d'hébergement privés à but lucratif, où les conditions de travail sont totalement inacceptables;

  • La lutte pour la défense du réseau des services de garde éducatifs, alors que le gouvernement continue son démantèlement malgré l'absence de mandat obtenu par la population. Celle-ci va payer cher cette manœuvre du PLQ si on ne réussit pas à remettre en question cette décision insensée;

  • Dans le secteur préhospitalier, le gouvernement est en train de se laver les mains de ses responsabilités à la table de négociation. Il veut faire reculer les conditions de travail dans ce secteur de plusieurs années;

  • Dans le secteur communautaire, le gouvernement a manœuvré pour tenter de sous-traiter les services du secteur public, en faisant abstraction de la mission fondamentale des organismes communautaires.

Du repos pour la période des Fêtes

Je souhaite à nos membres une période des fêtes qui leur permettent de se reposer un peu. D'ailleurs, l'exécutif de la FSSS a diffusé un message pour nos 130 000 membres.

Permettez-moi de souhaiter, au nom de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), des joyeuses fêtes à la population du Québec. Nous recevons des indications très claires de la part de la population qui utilise les services publics que vous appréciez ces services et nos membres qui les livrent.

Comme syndiqué, nous devons nous occuper des conditions de travail qui se détériorent depuis plusieurs années. Nos gouvernants n'en ont que pour les médecins et le secteur privé.

Mais comme citoyen, avec une position privilégiée pour voir l'impact négatif de la réforme des services, nous avons le devoir de dénoncer cette situation pour le bien de tout le monde, même si ça peut nous coûter notre gagne-pain. Parce que malheureusement, ce n'est pas le gouvernement qui va informer la population des ratés de ses réformes du système de la santé et des services sociaux et du réseau des services de garde.

La semaine prochaine, je vous présente nos perspectives pour 2017!

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