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Les travailleuses des CPE continuent de résister aux manœuvres du gouvernement

Nos médecins en chef (dont le premier ministre), semble mépriser les dizaines de milliers de femmes qui travaillent dans ce secteur.

20/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 20/09/2017 09:00 EDT
Nadezhda1906 via Getty Images
On ne devient pas éducatrice dans un CPE pour faire fortune.

Le gouvernement continue de malmener les services de garde. C'est tout le monde qui paie le prix : les parents, les travailleuses et les directions. Les seuls gagnants, ce sont les garderies privées à but lucratif. Bien qu'elles offrent une qualité de services inférieure, ce sont celles que le gouvernement continue de favoriser.

La patience des travailleuses de CPE a atteint sa limite

Je rencontre, ces jours-ci, beaucoup de travailleuses de CPE. Ces syndiquées, affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), sont sans contrat de travail depuis maintenant 2 ans et demi. D'ailleurs, les pourparlers sont peu avancés. Les travailleuses ont démontré qu'elles sont patientes. Malheureusement, ce gouvernement profite de cette patience pour continuer à s'attaquer au financement du réseau des CPE.

Les assemblées générales des syndicats ont été convoquées afin de faire un débat sur l'utilisation des moyens de pression (y compris un mandat pour une banque de 6 jours de grève). L'objectif est d'indiquer au gouvernement et aux employeurs que la patience des travailleuses a des limites.

Il est fascinant pour moi de voir que l'essentiel du débat lors des assemblées générales ne se fait pas sur les moyens de pression, mais plutôt sur la détérioration rapide des moyens disponibles pour maintenir des services de qualité. De plus, les employeurs demandent des reculs importants dans les conditions de travail. Je reviendrai sur ces reculs.

On embarque dans cette aventure dans la majorité des cas parce qu'on est passionné par ce travail essentiel qui consiste à donner un cadre d'apprentissage extraordinaire aux tout petits.

On ne devient pas éducatrice dans un CPE pour faire fortune. On ne devient pas cuisinière non plus pour faire fortune. C'est la même chose pour l'ensemble des titres d'emploi syndiqués dans ce secteur. On embarque dans cette aventure dans la majorité des cas parce qu'on est passionné par ce travail essentiel qui consiste à donner un cadre d'apprentissage extraordinaire aux tout petits.

Un attachement profond au réseau des services de garde

C'est pourquoi il est inconcevable pour ces travailleuses de voir le gouvernement libéral s'attaquer sans cesse au financement des services de garde sans but lucratif, des services qui sont gérés essentiellement par les parents, avec jusqu'à maintenant, la participation des travailleuses aux conseils d'administration.

Dans plusieurs assemblées générales, les travailleuses mettent donc sur la table leurs préoccupations quotidiennes sur la qualité des services. Les propositions de reculs sur la qualité des services suscitent la grogne, notamment sur la réduction importante du temps de préparation, l'exclusion aux assemblées et aux conseils d'administration des CPE, ainsi que le refus de mettre dans la convention collective le maintien des ratios qui sont déjà dans le règlement du ministère. Le gouvernement veut garder toute marge de manœuvre pour augmenter ces ratios. Une telle mesure ne peut qu'atteindre la qualité des services.

Améliorer les conditions salariales et de travail

De plus, le gouvernement propose aux syndiquées, avec la complicité de quelques employeurs, des reculs sur des éléments essentiels des conditions de travail. Si le gouvernement réussissait à imposer ce qu'il a mis sur la table après près de 35 rencontres de négociation, il y a fort à parier que la plupart des travailleuses, sur une convention collective de 5 ans, auront un chèque de paie net qui sera inférieur aux montants déposés dans leurs comptes en 2015-16, la première année de la convention. De plus, le personnel des CPE, qui déjà est payé nettement en dessous de ce qui se paie dans le secteur public pour un travail équivalent, va encore perdre du terrain vis-à-vis du secteur public. Voyez-vous, le gouvernement, dans sa dernière offre, a trouvé le moyen d'offrir 2,4 % de moins de ce qu'il a négocié avec le secteur public. Un autre exemple d'incohérence de ce gouvernement quant au traitement des différents titres d'emploi ! Nos médecins en chef (dont le premier ministre), semble mépriser les dizaines de milliers de femmes qui travaillent dans ce secteur.

Le gouvernement attaque le réseau des services de garde

Comme dans le secteur public, le gouvernement libéral a plusieurs moyens pour détruire le réseau. D'abord, après avoir promis de ne même pas augmenter les tarifs autant que les maigres augmentations prévues par le gouvernement précédent, il a fait le contraire et a imposé des augmentations extraordinaires dans bien des cas. Maintenant, à la table de négociation, il cherche à détruire le moral du personnel qui fait un travail formidable jour après jour en ne reconnaissant pas leur travail à une juste valeur.

Si je comprends bien le message des travailleuses dans les assemblées générales, elles disent : « un instant ! Nous allons continuer à résister à vos manœuvres ! » Je suis assez privilégié d'avoir l'opportunité de côtoyer ces travailleuses de cœur. Vous pouvez être assuré qu'elles auront mon appui tout au long de leur lutte !