Jean-Nicolas Gagné

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Quand Radio-Canada se met en scène

Publication: 24/02/2012 16:24

Je croyais rêver lorsque RDI a interrompu sa programmation régulière pour que les téléspectateurs puissent être témoins de l'ovation qu'a réservée la salle de nouvelles de Radio-Canada à son ancien patron.

Rarement un mouvement de personnel n'aura causé autant d'émoi au Québec. Quotidiennement, dans plusieurs médias, des gens sont appelés à d'autres fonctions ou sont remerciés. Pourquoi faut-il que ceux qui vivent ce genre de changements soient élevés au rang de héros national lorsqu'il s'agit de Radio-Canada?

Mais qui est Alain Saulnier, cet homme qui mérite que Michel Viens soit forcé d'interrompe une journaliste qui informe les Québécois sur un important dossier lié au nucléaire pour un bulletin spécial en direct de la salle des nouvelles? Alain Saulnier est employé de la société d'État depuis 1984 et il est devenu directeur général de l'information en 2006. Avant de se lancer comme journaliste à Radio-Canada, Alain Saulnier a été défait comme candidat du parti Communiste ouvrier, un parti maoïste canadien qui a sévi dans les années 70 et 80. Disons qu'après la défaite spectaculaire de Gilles Duceppe en mai dernier et maintenant le départ de Alain Saulnier, les ex-communistes ne sont pas sur une lancée au Québec...

Il faut dire que le départ de l'ancien directeur de l'information, Alain Saulnier, se place dans une semaine pour le moins mouvementée dans notre belle société d'État. J'écrivais dernièrement qu'un autre de ses camarades, Jean-François Lisée, ne devait plus être vu comme un analyste neutre depuis qu'il travaillait pour Pauline Marois et qu'il se devait d'être identifié comme péquiste au 22h avec Céline Galipeau. À ma grande surprise, Radio-Canada a décidé de congédier Jean-François Lisée de la table d'analystes parce qu'il avait accepté des fonctions politiques au PQ. Je crois que Radio-Canada a fait une erreur. Le congédiement de Lisée s'apparente à une panique. L'équipe de Céline Galipeau n'avait qu'à identifier Lisée comme péquiste et le laisser sur le panel. Je crois que les téléspectateurs sont assez intelligents pour faire la part des choses quand on leur présente les situations en toute honnêteté.

Une autre personne qui se voit forcée de quitter le navire est le journaliste de la tribune parlementaire Pierre Duchesne . Après avoir écrit une biographie magistrale à propos de Jacques Parizeau, sa passion pour faire du Québec un pays était toujours difficile à réprimer pour ce passionné de politique né à Jonquière. Celui qui a toujours entretenu une grande amitié avec Bernard Drainville aura sans doute l'appel de la chose publique si son ami de longue date lui propose de faire le saut... pour le pays. Celui qui se décrivait comme un « journaliste pugnace » aura été l'un de mes vis-à-vis les plus coriaces lors de mon passage à l'Assemblée nationale comme attaché de presse. Je lui souhaite bonne chance dans l'avenir.

Tout ce mouvement de personnel a fait naitre une théorie du complot impliquant le parti conservateur de Stephen Harper qui tenterait de réduire l'influence Radio-Canada en procédant à des coupes sauvages. Le plus stupéfiant, c'est que derrière cette théorie farfelue, se cache des journalistes crédibles qui semblent engagés dans une cabale idéologique anti-conservatrice. Rappelons que Radio-Canada fait partiedu plan gouvernemental déjà annoncé pour réduire de cinq à 10 pour cent les budgets de tous les ministères et organismes.