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Lettre à ma fille

Je ne t’ai pas mis au monde, mais j’y ai contribué.  Je ne sais pas si j’ai été un bon père, mais j’ai fait de mon mieux.  Ce qui est certain c’est que je serai toujours là pour toi. 

01/07/2017 08:00 EDT | Actualisé 01/07/2017 11:52 EDT
NadyaSabeva
À ton tour, tu es devenue une maman.  Tu as mis un enfant au monde et fait de moi un grand-papa. 

À ma fille,

Je t'ai déjà raconté ta naissance? Jamais au complet je crois. Comme tu sais, dans le temps j'étais paramédic, alors j'avais une bonne base en soins de santé. La grossesse de ta mère ne fut pas de tout repos. Quand je l'ai emmené à l'hôpital, je savais que tu viendrais au monde cette journée-là et non pas à la date prévue. Je me souviens de la pédiatre, connaissant ta mère, qui nous avait dit « je vais vous examiner et probablement vous retourner à la maison ». Et moi de lui réponde « vous l'accouchez aujourd'hui ou c'est moi qui le fait ».

Plus tard, j'étais en admiration devant ta mère qui démontrait tellement de courage pour te mettre au monde malgré le fait que tu ne semblais pas vouloir venir tout de suite.

Ventouse inefficace, forceps qui brise, faut essayer de nouveau. Finalement, tu te pointes le bout du nez. Magané. L'utilisation des forceps a causé une déchirure de ta peau. « Ça disparaîtra me dit la pédiatre en te confiant aux mains de l'infirmière. Je pensais qu'elle te déposerait dans les bras de ta mère jusqu'à ce que je l'entende dire un « oups » inquiétant. Elle te déposa dans un incubateur en appelant le médecin par son prénom. Ton score Apgar était bas et entre ta mère qui pleure en demandant ce qui se passe et les deux infirmières et la pédiatre qui s'occupaient de toi je me sentais inutile. Elles étaient juste deux, mais combien efficaces. Il fallait que je fasse quelque chose et je leur ai fait savoir. Tu étais tellement petite et sans défense. Une d'elle m'a tendu une tubulure reliée à l'oxygène et m'a dit de la tenir en direction de tes petites narines. J'étais tellement inquiet que je me suis permis de faire un signe de croix sur ton front et de te baptiser au cas où tu ne passes pas à travers.

J'étais tellement inquiet que je me suis permis de faire un signe de croix sur ton front et de te baptiser au cas où tu ne passes pas à travers.

Une battante. Tu m'as fixé des yeux et en vraie guerrière tu n'as fait que prendre du mieux. La pédiatre a quitté la pièce, les infirmières, qui ont été des anges envoyées du ciel, t'ont remis à ta mère. On hésitait entre deux noms et ta mère, en te regardant, en dit un. J'étais bien content qu'elle choisisse le même dont je t'avais baptisé quelque temps avant.

La bêtise du monde est indescriptible des fois. Tu avais de petits pansements pour guérir ta peau endommagée par les forceps. Tu devais avoir les yeux couverts pour les protéger des rayons d'une lumière braquée sur toi dus à une jaunisse. À l'heure des visites, à la pouponnière, tous les visiteurs allaient de leur diagnostique et te regardant et n'arrêtaient pas de signifier comment tu faisais pitié. Le premier soir, ça m'a fait beaucoup de peine. Le lendemain, en te regardant, au lieu de voir un bébé frêle et mal en point, je me suis rendu compte que, au contraire, tu sortirais grande de ça et que déjà tu te battais pour aller mieux.

L'heure des visites arriva. Les oncles et les tantes des autres bébés sont arrivés ainsi que les frères et sœurs, les cousins et cousines, les grands-parents et toute la gang d'amis. La ritournelle de pitié non sincère et comment eux ils étaient chanceux d'avoir un bébé en santé dans leur famille m'a fait un peu disjoncté. Après les avoir tous traités de bande de caves innocents, une infirmière a décidé de te laisser dans la chambre de ta mère durant les visites. Ta santé s'est toujours améliorée.

À ton tour, tu es devenue une maman. Tu as mis un enfant au monde et fait de moi un grand-papa.

Tu as grandi et es devenue la belle grande femme que tu es. À ton tour, tu es devenue une maman. Tu as mis un enfant au monde et fait de moi un grand-papa. Au début, j'étais inquiet. Inquiet, jusqu'à ce que je te vois avec ton bébé dans les bras. J'ai su dès ce moment au fond de moi que tu serais une excellente maman. Il ne s'est pas passé une minute complète entre le moment de ta naissance et le moment où je dirigeais l'oxygène vers toi. Quelques secondes seulement. À cet instant, j'ai ressenti de la fierté envers toi et 24 ans plus tard je le suis toujours.

Je ne t'ai pas mis au monde, mais j'y ai contribué. Je ne sais pas si j'ai été un bon père, mais j'ai fait de mon mieux. Ce qui est certain c'est que je serai toujours là pour toi.

Je t'aime ma fille.

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