Jean-Marie Lanlo

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Lectures cinéphiles: de Maurice Ronet à Paul Gégauff

Publication: 28/09/2013 09:42

Les amoureux du cinéma français des années 60 et 70 (ou de Claude Chabrol) connaissent probablement Maurice Ronet et Paul Gégauff. Deux livres à la frontière de la biographie, édités par Pierre-Guillaume de Roux, leurs sont justement consacrés... et sont à lire de toute urgence!

Maurice Ronet est probablement le plus connu des deux. Inoubliable dans Le Feu Follet et Ascenseur pour l'échafaud (tous deux signés Louis Malle) ou Plein soleil (René Clément), il a également promené son regard séducteur et angoissé ou son sourire insolent chez Claude Chabrol (La femme infidèle). Durant sa carrière, il a alterné le meilleur (nous pourrions ajouter à la liste Rendez-vous de juillet, Raphaël ou le débauché et quelques autres) avec le pire ( que nous préférons taire... même s'il y a l'embarras du choix!), le tout avec un certain goût du risque comme en témoigne sa courte carrière de metteur en scène (de l'inadaptable Bartelby, d'après Herman Melville à ses documentaires sur les dragons de Komodo ou sur la guerre de décolonisation tardive au Mozambique).

De son côté, Paul Gégauff, peut-être moins connu du grand public, est probablement associé par tous les cinéphiles à Claude Chabrol, pour qui il a écrit quelques scénarios exemplaires (Les cousins, Le scandale, Les biches, Que la bête meure... pour ne citer qu'eux). Cette association ne doit cependant pas faire oublier qu'il a collaboré avec d'autres cinéastes majeurs (Rohmer, Duvivier, Schroeder, mais également Vadim ou Godard, chez qui il a fait des apparitions!) et qu'il fut également l'auteur de quatre romans publiés aux éditions de Minuit.

Les deux hommes se connaissaient, s'appréciaient, sont morts la même année... et font maintenant l'objet de deux biographies qui n'en sont pas vraiment.

Le premier livre, le plus proche de la biographie traditionnelle, est consacré à l'acteur (Maurice Ronet. Les vies du feu follet, par Jean-Pierre Montal, disponible au Québec début octobre 2013).

L'auteur nous y propose une sorte de portrait-enquête en s'appuyant sur ses entretiens avec ceux qui ont côtoyé Ronet (Anouk Aimée, Jean-Charles Tacchella, Alexandre Astruc, Rémo Forlani, parmi tant d'autres), complété par un "panthéon subjectif" qui confirme le caractère non objectif de l'ouvrage. Sur les 96 films interprétés par Maurice Ronet, Jean-Pierre Montal en a retenu dix-sept qu'il commente brièvement de manière aussi personnelle que pertinente. Le résultat, grâce à une écriture rigoureuse et à une admiration assumée pour Maurice Ronet, prend moins des allures de biographie classique que de vrai hommage à la mémoire de l'acteur... mais il s'acquitte parfaitement de cette tâche!

Le second, encore plus inclassable (à la fois fausse biographie, journal intime d'un auteur fasciné par son sujet et bel exercice littéraire) est consacré au scénariste (Une âme damnée. Paul Gégauff, par Arnaud Le Guern, déjà disponible). La personnalité de Gégauff, son mode de vie (amateur de vie nocturne et de parties fines) et sa fin tragique (tué d'un coup de couteau par sa jeune épouse un soir de Noël) auraient pu permettre à Arnaud Le Guern de remplir son ouvrage d'anecdotes croustillantes. Ce n'est fort heureusement pas le cas et l'auteur a préféré inclure dans son livre des passages plus intimes pour le transformer en voyage mental et personnel en Gégauffie. Le résultat, d'une qualité exemplaire, se laisse dévorer avec un plaisir constant jusqu'à ces derniers mots: "Dolce vita, définitivement, pas morte."

Les deux livres nous sont proposés par le même éditeur, Pierre-Guillaume de Roux. Leurs qualités respectives nous donnent envie d'espérer qu'il aura la bonne idée de continuer de nous proposer ce genre de biographies... qui n'en sont pas vraiment, mais qui sont grandement appréciables!

Les vies du feu follet. Maurice Ronet; Jean-Pierre Montal; éditions Pierre-Guillaume de Roux; 176 pages; disponible au Québec début Octobre.

Une âme damnée. Paul Gégauff; Arnaud Le Guern; éditions Pierre Guillaume de Roux; 190 pages; déjà disponible.

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  • <strong>DON JON (5) </strong> États-Unis. 2012. 90 min. Comédie de moeurs de Joseph Gordon-Levitt avec Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza, Glenne Headly, Brie Larson. Jon, un accro du sexe issu d'une famille italo-américaine du New Jersey, enchaîne les conquêtes d'un soir, qu'il cueille dans le bar où il travaille. Or, aucune ne lui apporte plus grande satisfaction que ses deux, trois, quatre, cinq séances de soulagement quotidiennes devant des sites pornographiques. Son coup de foudre pour Barbara, une arriviste contrôlante, semble inaugurer un virage dans sa vie. Mais le régime sexuel que la jeune femme lui impose est si mince que le besoin de le combler virtuellement se fait sentir. Déterminée à voir Jon se découvrir une ambition professionnelle, Barbara le force à s'inscrire à des cours du soir où il fait la connaissance d'Esther, une quinquagénaire sympathique qui a tôt fait de voir clair dans son jeu. Joseph Gordon-Levitt s'est inspiré du célèbre libertin de Séville pour questionner le rapport de l'homme contemporain au sexe, aux femmes, à l'idée de conquête. Sa variation sur le thème prend ici la forme d'une sorte de <em>Shame</em> pour les nuls, qui déballe trop tôt toutes ses surprises pour ensuite enchaîner les développements convenus à la manière d'une sitcom.

  • <strong>IL PLEUT DES HAMBURGERS 2 (4)</strong> États-Unis. 2013. 95 min. Film d'animation de Cody Cameron,Kris Pearn. L'inventeur Flint Lockwood est parvenu à neutraliser son appareil révolutionnaire capable de transformer l'eau en nourriture. Mais sa petite île de Swallow Falls, ravagée par des tornades de spaghettis et autres pluies de hamburgers géants, est devenue inhabitable. Six mois après la catastrophe, Flint est rappelé par l'inventeur et entrepreneur de génie Chester V, son idole d'enfance, qui a pris la direction des travaux de nettoyage. Celui-ci lui confie une périlleuse mission: retrouver sous les décombres son fameux appareil, qui produit maintenant des aliments géants animés d'une vie propre, et le reprogrammer au moyen d'une clé usb spéciale afin de prévenir un nouveau désastre. Mais lorsque le jeune inventeur rapplique en compagnie de son père et de son équipe, l'humeur de Chester V s'assombrit. Le puissant et retors homme d'affaires avait en effet spécifié à Flint qu'il devait exécuter sa mission seul... Reprenant l'action exactement là où se terminait celle du premier opus, cette divertissante suite est fertile en péripéties loufoques. Les auteurs exploitent le plein potentiel graphique et comique de l'intrigue surréaliste, mise en scène avec une belle virtuosité technique. En revanche, le récit prévisible martèle sans subtilité ses messages de vie.

  • <strong>ALYAH (4) </strong> France. 2012. 88 min. Drame de Elie Wajeman avec Pio Marmaï, Cédric Kahn, Adèle Haenel, Guillaume Gouix, Sarah Le Picard, David Geselson. Son frère aîné Isaac étant devenu pour lui un fardeau, Alex, jeune dealer parisien d'origine juive, souhaite immigrer à Tel Aviv afin de travailler dans le nouveau restaurant de son cousin. À cette fin, il doit amasser l'argent pour s'y rendre, suivre les cours d'hébreu que dispense Esther, son ex-petite amie, et convaincre les services d'immigration qu'il sera un citoyen israélien exemplaire. Tandis qu'Isaac multiplie les gestes destructeurs, Alex met ses plans en péril en multipliant les deals afin de financer son "alyah", immigration en terre sainte. Bientôt déchiré entre son ambition, son devoir familial et son amour pour Jeanne, avec qui il vient d'entamer une liaison, Alex ne sait plus à quel saint se vouer. Fan du cinéma de James Gray (<em>The Yards</em>), Elie Wajeman a concocté pour son premier long métrage un mélange maîtrisé de thriller, de chronique familiale et de récit d'apprentissage. Sa réalisation fébrile traduit la complexité du héros interprété par le solide Pio Marmaï. Dans le rôle du frère, le cinéaste Cédric Kahn (<em>Une vie meilleure</em>) se démarque avec éclat.

  • <strong>BAGGAGE CLAIM (6) </strong> États-Unis. 2013. 96 min. Comédie sentimentale de David E. Talbert avec Paula Patton, Derek Luke, Taye Diggs, Jill Scott, Boris Kodjoe, Adam Brody, Djimon Hounsou. Montana Moore est prête à tout pour vaincre son célibat chronique et cesser de passer pour la vieille fille de sa famille. À trente jours du mariage de sa soeur cadette, la séduisante hôtesse de l'air multiplie les assignations de vols afin de se retrouver sur les mêmes que ceux de ses ex-petits amis. La stratégie porte fruit puisque Montana renoue coup sur coup avec Langston Jefferson Battle III, politicien aux idées conservatrices, et Quinton Jamison, propriétaire d'un chic hôtel qui lui promet mer et monde. Toutefois, entre ses folles escapades d'un aéroport à l'autre, les difficultés conjugales de son meilleur ami et l'exemple de sa mère qui s'est mariée six fois, Montana réalise que le grand amour ne se commande pas. Mettant en scène des personnages unidimensionnels, qui tiennent souvent des propos racistes et sexistes, cette romance insipide et mièvre sur l'obsession du mariage s'appuie sur une réalisation racoleuse du romancier David E. Talbert (<em>First Sunday</em>) et l'interprétation artificielle de l'ensemble de la distribution.

  • <strong>ENOUGH SAID (4) </strong> États-Unis. 2013. 92 min. Comédie sentimentale de Nicole Holofcener avec Julia Louis-Dreyfus, James Gandolfini, Catherine Keener, Toni Collette, Ben Falcone, Eve Hewson, Tracey Fairaway, Tavi Gevinson. Eva, une massothérapeute divorcée de Los Angeles, profite de ses derniers moments avec sa fille, qui part pour l'université. Lors d'une soirée, elle fait la connaissance de Marianne, une poétesse qui devient non seulement une cliente mais aussi une confidente. Au cours de la même soirée, Eva s'éprend d'Albert, un archiviste de télévision, divorcé comme elle et sur le point de voir sa grande fille quitter la maison. Lors de ses séances avec Marianne, celle-ci lui parle sans cesse de son ex-mari, un homme corpulent et peu ambitieux dont elle détestait les manies. Découvrant qu'il s'agit d'Albert, Eva se garde bien de le lui dire. Mais au fil des jours, son mensonge par omission prend de plus en plus de place. Julia Louis-Dreyfus et le regretté James Gandolfini brillent de tous leurs feux dans cette comédie sentimentale signée Nicole Holofcener (<em>Please Give</em>). Ici encore, celle-ci se distingue moins par son style, transparent et modeste, que par son esprit pétillant, mis au service d'un univers féminin sophistiqué et de dialogues habiles, générateurs de quiproquos.

  • <strong>THE GHOSTS IN OUR MACHINE</strong> États-Unis. 2013. 93 min. Documentaire de Liz Marshall. À travers ses voyages et ses rencontres, la photographe canadienne Jo-Anne McArthur examine comment les animaux, être vivants pourtant sensibles, sont exploités dans diverses industries: alimentation, divertissement, mode, recherches pharmaceutiques, etc.

  • <strong>LA MARQUE DES ANGES - MISERERE (5)</strong> France. 2013. 106 min. Drame policier de Sylvain White avec Gérard Depardieu, Joey Starr, Helena Noguerra, Rüdiger Vogler, Marthe Keller, Thierry Lhermitte. Bien qu'il soit depuis peu à la retraite, l'ex-commissaire Lionel Kasdan ne peut résister à l'envie d'enquêter sur le meurtre de Wilhem Goetz, un prêtre de sa paroisse retrouvé gisant dans la nef de son église, les tympans perforés. Parallèlement, Frank Salek, un agent d'Interpol impulsif et rebelle, enquête sur une organisation clandestine qui kidnappe des orphelins à travers le monde. Découvrant des points communs troublants entre leurs dossiers respectifs, les deux hommes se rapprochent et décident de collaborer. Mais alors que Salek se retrouve confronté à son propre passé, qu'il tentait jusque-là de cacher, Kasdan voit les chapitres les plus noirs de la Seconde Guerre Mondiale se rouvrir devant ses yeux. Si le premier tiers de l'intrigue, avec son climat bien forgé à coups de clairs-obscurs, cultive ses mystères avec ruse, la suite, cousue de fil blanc, enchaîne les révélations rocambolesques à un rythme effréné. Les charismatiques Joey Starr et Gérard Depardieu composent un duo auquel manque toutefois cette complémentarité qui le rendrait crédible.

  • <strong>METALLICA THROUGH THE NEVER (4) </strong> États-Unis. 2013. 92 min. Spectacle musical de Nimrod Antal. Dane DeHaan, James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett, Robert Trujillo. Durant un concert de Metallica, un jeune coursier est chargé d'aller récupérer dans un camion en panne un objet d'une grande importance pour le groupe. Mais dans la ville en proie aux émeutiers, rôde un mystérieux cavalier meurtrier qui l'a pris pour cible. Après le cinéma vérité de <em>Some Kind of Monster</em>, Metallica revient avec une nouvelle proposition inédite pour présenter sa musique, ici en mélangeant avec adresse une spectaculaire prestation sur scène et une fiction cauchemardesque inspirée des thématiques du groupe. Le tout est mis en scène avec assurance et vigueur par Nimrod Antal (<em>Predators</em>).

  • <strong>ON THE JOB (3) </strong> Philippines. 2012. 121 min. Drame policier de Erik Matti avec Piolo Pascual, Gerald Anderson, Joel Torre, Joey Marquez, Angel Aquino, Michael De Mesa. Deux détenus d'une prison philippine, Tatang et son jeune apprenti Daniel, bénéficient secrètement de droits de sortie occasionnels délivrés par des politiciens corrompus qui les chargent d'accomplir leurs basses besognes. Apprenant qu'il sera bientôt libéré, Tatang doit d'abord s'assurer que Daniel sera prêt à prendre la relève. Pendant ce temps, Francis et Joachim, deux policiers intègres, enquêtent sur une série de meurtres politiques, sans se douter que ceux qu'ils recherchent sont déjà derrière les barreaux. Leur enquête les amène à prendre la mesure de l'étendue de la corruption qui sévit dans les hautes sphères du gouvernement philippin. En voulant dénoncer cette puissante élite aux mains sales, les policiers se retrouvent piégés dans une machination politique qui les dépasse. Ce thriller haletant, mis en scène avec dynamisme et agileté, dresse le portrait d'une société pourrie jusqu'à la moelle. Caméra nerveuse, image léchée, montage habile, musique pop-rock accrocheuse, le film est une brillante réussite, relevée par la composition tout en nuances et empreinte d'humanité de Joel Torre.

  • <strong>PARIS A TOUT PRIX (5) </strong> France. 2013. 95 min. Comédie de Reem Kherici avec Reem Kherici, Cécile Cassel, Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Shirley Bousquet, Stéphane Rousseau, Mohammed Bastaoui, Joséphine Drai, Salim Kechiouche. Parce qu'elle a omis de renouveler son permis de séjour, Maya est brusquement expulsée vers son Maroc natal. Pour l'ambitieuse styliste en attente d'une importante promotion, cet incident ne pouvait survenir à un plus mauvais moment. Elle dispose en effet d'une semaine pour soumettre un modèle original de robe à son exigeant patron, le designer Nicolas. Grâce à une amie infirmière, Maya fait croire à ce dernier qu'elle a eu un accident et doit garder le lit. Pendant ce temps, au Maroc, la Parisienne déracinée retrouve son père, avec qui elle était brouillée depuis dix ans, ainsi que son frère, qu'elle regarde de haut, malgré son accueil chaleureux. Échouant à obtenir un visa de retour, la jeune femme aux abois tente de rentrer en France clandestinement. En vain. Déboussolée et en panne d'inspiration à l'approche du jour J, elle croise par accident au hammam une stagiaire de Nicolas venue assister à un mariage. Par opportunisme, cette dernière, complexée et jamais prise au sérieux, s'empresse de tout aller raconter à une collègue de Maya, également sur les rangs pour la promotion. Avec ses airs d'Eva Longoria maghrébine, Reem Kherici convainc en "fashionista" ayant rejeté ses racines par ambition et égocentrisme. Dommage que la comédie qu'elle a elle-même réalisée avec une certaine énergie soit à ce point poussive, prévisible et jonchée de clichés. Dans le rôle du patron, son conjoint Stéphane Rousseau y va d'une composition plutôt sobre.

  • <strong>RUSH (4) </strong> États-Unis. 2013. 123 min. Drame sportif de Ron Howard avec Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde, Natalie Dormer, Josephine de la Baume, Alexandra Maria Lara. James Hunt et Niki Lauda sont aussi différents que le jour et la nuit. Le premier, playboy anglais au talent inné, s'est imposé dans le circuit de la Formule 1 grâce à son talent brut et sa personnalité médiatique. Le second, héritier au physique ingrat d'un banquier autrichien qui l'a désavoué, a acheté sa place derrière le volant de son bolide grâce à sa discipline et ses connaissances en physique. La rivalité légendaire entre les deux coureurs, qui s'est amorcée dès leur première rencontre en 1975, a teinté la saison suivante de la F1, au cours de laquelle Hunt a talonné Lauda jusqu'à ce qu'un grave accident, survenu durant le Grand Prix d'Allemagne, modifie la donne. <em>Rush</em> porte bien son titre. Le nouveau film de Ron Howard est en effet une décharge d'adrénaline, une orgie de sensations visuelles et sonores articulée autour d'une rivalité sportive mythique ayant viré à l'obsession. Dans un rôle mieux écrit que celui de Chris Hemsworth, Daniel Brühl défend avec brio le sombre Niki Lauda.

  • <strong>SALINGER (4) </strong> États-Unis. 2013. 129 min. Documentaire de Shane Salerno. Plus de soixante ans après la parution de "L'Attrape-coeurs" ("The Catcher in the Rye"), J.D. Salinger demeure une énigme aux yeux du monde entier. Peu après la publication en 1951 de ce roman-culte, qui l'a érigé au rang de mythe vivant, Salinger s'est retiré du monde dans une petite ville du New Hampshire, où il a continué d'écrire jusqu'à sa mort survenue en 2010, sans rien faire paraître de son oeuvre au-delà de 1965. Ce documentaire trace sa ligne de vie personnelle et professionnelle, à travers les regards croisés d'une kyrielle de spécialistes, admirateurs et personnes l'ayant connu. Le film révèle un créateur complexe et sûr de lui, peu doué pour les relations amoureuses et humaines, par dessus tout marqué au fer rouge par son séjour au front, durant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu'il travaillait déjà à l'écriture de "L'Attrape-coeurs". Le mythe construit par Salinger fait l'objet d'une enquête plus large que profonde dans ce documentaire sur-stylisé et hyperactif, qui déborde de renseignements pertinents (sur ses liens avec le héros de son roman, sur le traumatisme qu'il a vécu durant la Deuxième Guerre mondiale, etc.) mais cède trop souvent à la tentation du potinage.

  • <strong>VOLCANO (Eldfjall) (3) </strong> Islande. 2011. 103 min. Drame de Runar Runarsson avec Theodor Juliusson, Margret Helga Johannsdottir, Thorstein Bachmann, Elma Lisa Gunnarsdottir, Agust Orn B. Wigum, Kristin Davidsdottir. Concierge nouvellement retraité d'une école de Reykjavik, Hannes, 67 ans, est d'un naturel solitaire, égoïste et distant. Cette attitude lui a aliéné l'affection de ses deux enfants, eux-mêmes parents, dont les visites à la maison familiale ont surtout pour but de réconforter leur mère Anna. Celle-ci, toujours aimante malgré le comportement souvent odieux de son mari, a la nostalgie de son village que le couple a dû évacuer dans leurs jeunes années à la suite d'éruptions volcaniques. Un jour, Hannes vient près de périr en mer sur son bateau de pêche. Le soir même, un autre événement chamboule complètement sa vie et celle de sa famille. Hannes y verra l'occasion de prouver à nouveau son amour pour Anna. Runar Runarsson passe le test du premier long métrage avec cette histoire simple, pleine d'humanité, filmée sobrement et patiemment, qui tisse des liens serrés entre l'anecdotique et le psychologique. Les dialogues sont justes et portés par des comédiens doués, notamment Theodor Juliusson, dont le jeu très senti domine celui de ses partenaires.

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