Jean-Marie Lanlo

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Fantasia, FNC, FFM, Cinemania: lequel est de trop?

Publication: 26/11/2013 00:42

Entre la mi-juillet et la mi-novembre, les cinéphiles montréalais se mettent en mode festival. En quatre mois, nous avons droit à 55 jours de festival répartis en quatre événements (Fantasia, FFM, FNC et Cinemania... pour me limiter aux plus importants consacrés à la fiction). Il est difficile de le nier: ces festivals nous proposent un nombre indécent de films (rien que pour le FFM, 218 longs métrages!), préférant trop souvent la quantité à la qualité.

Je suis le premier à vouloir découvrir des petites pépites dénichées ici ou là par des programmateurs talentueux, mais quand l'ensemble des festivals montréalais propose largement plus de 500 longs métrages de fiction inédits dans une année (je préfère ne pas compter: le nombre réel risquerait de me donner le tournis), il est évident qu'il n'y a pas que du bon et que le cinéphile assidu prend le risque de l'overdose filmique. Mais peut-on vraiment faire l'impasse sur l'un de ces quatre rendez-vous?

Je me suis livré à un petit tour d'horizon afin d'essayer de trouver une réponse!


> Fantasia

C'est avec lui que les choses sérieuses commencent. En raison de sa durée (trois semaines), il est particulièrement éprouvant pour la santé des festivaliers trop assidus. De plus, il nous propose pas mal de navets (cependant souvent assumés et parfois sympathiques).

Par contre, il sait dénicher de très bons films (lire à ce sujet mon bilan du festival) et, contrairement à ce qui se passe ailleurs, ses meilleures trouvailles ne seront pas distribuées en salle par la suite.

Probabilité de vouloir assister à Fantasia l'an prochain: 100%


> Le FNC

Lui, c'est le rendez-vous incontournable des cinéphiles purs et durs. Il sait faire de belles découvertes, mais il faut avoir le temps de les trouver, car il se fait une spécialité de nous présenter des incontournables (les dernières œuvres des gros noms du septième art ou les films s'étant illustrés à Cannes, Venise, Berlin ou Locarno). Il ne reste donc que peu de temps pour aller à la recherche du petit bijou méconnu (on peut toujours lorgner vers la section Temps 0, mais il n'y a pas que du bon!).

Qu'importe, son intérêt est ailleurs: il prend la température de la cinématographie mondiale. De plus, parmi les films qui éveillent le plus notre curiosité, beaucoup resteront inédits en salles.
La possibilité qu'il nous offre de voir des films attendus depuis plusieurs mois (même lorsqu'ils ne sont pas toujours géniaux comme le rappel mon bilan de cette édition) fait du FNC un rendez-vous incontournable.

Probabilité de vouloir assister au FNC l'an prochain: 100%


> Le FFM

C'est le mal aimé. Pourtant, en mettant en lumière des films ou des metteurs en scène méconnus (voir souvent inconnus), il joue le rôle indispensable de découvreur de talents. Son problème principal est le nombre de films proposés. Sur les 218 longs métrages de cette année, il y avait un nombre trop important de mauvais films.

Les excellents films, très rares, n'en deviennent que plus difficiles à trouver. Cependant, j'ai réussi à en dénicher deux cette année (plus une petite poignée de films intéressants tout de même):

- Judas ***½, film japonais réalisé par une réalisatrice qu'il faut suivre de près (Izumi Ohtomi)
- Le bonheur ***½, excellent premier film français réalisé par Fabrice Grange (lire à son sujet ma critique dans le numéro de Séquences de novembre-décembre 2013).

Suis-je vraiment prêt à me passer de ces découvertes? Suis-je prêt à voir 2 ou 3 mauvais films pas jour pour faire ces découvertes? Je me demande encore laquelle de ces questions est la plus adaptée.

Probabilité de vouloir assister au FFM l'an prochain: 50%


> Cinémania

Cette année ce festival dédié au cinéma francophone a frappé fort en inscrivant à son catalogue des gros noms et des films s'étant illustrés à Cannes, pour le meilleur (Grand Central ****, Michael Kohlhaas ***½, Le passé ***½), le moins bon (Jeune et Jolie **½) ou le pire (Un Château en Italie *½).

Malheureusement, il semble ne pas vraiment savoir où aller: cinéma d'auteur, cinéma populaire (en France, ce n'est pas ce qui se fait de mieux), avant-premières en pagaille (plus de la moitié des films présentés à l'Impérial, ce qui commence à faire beaucoup)?

Malgré cela il reste tout de même un des festivals les plus agréables à fréquenter, notamment en raison du confort de l'Impérial et de sa formule (une salle unique, peu de films) qui permet de tout voir, et donc de ne pas passer à côté de bons films qu'on ne reverra parfois plus jamais en salles au Québec (lire mon bilan du festival).

Probabilité de vouloir assister à Cinemania l'an prochain: 95%


Conclusion

En fin de compte, chacun a son utilité... même le FFM (avec plus de réserves tout de même). Je vais peut-être replonger dans ma "festivalite" l'an prochain. Comme mon fantasme ne se réalisera probablement jamais (les mêmes festivals, mais avec des programmations plus sélectives limitées à 50 longs métrages pour 10 jours ou à 100 films pour trois semaines dans le cas de Fantasia), je sais déjà que je vais passer à côté de bons films en m'égarant devant de trop nombreux films de piètre qualité... voir carrément insignifiants!

Au lieu de mettre en évidence leurs trouvailles, les festivals semblent trop souvent préférer les noyer sous un trop-plein de médiocrité. Pourvu que ça change, car l'indulgence de certains festivaliers pourrait commencer à avoir des limites!


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