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Le Canada, un leader mondial en recherche au service du développement international

17/04/2013 12:27 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT
AP
An Indian boy drinks water from a roadside tap on the eve of World Water Day in Allahabad, India, Thursday, March 21, 2013. The U.N. estimates that more than one in six people worldwide do not have access to 20-50 liters (5-13 gallons) of safe freshwater a day to ensure their basic needs for drinking, cooking and cleaning. (AP Photo/ Rajesh Kumar Singh)

L'eau est une composante essentielle des efforts déployés par le Canada afin de nourrir la planète. Daniel Hillel, qui a mis au point la micro-irrigation, a mérité le Prix mondial de l'alimentation 2012 pour cette une innovation qui rend la production alimentaire possible dans les régions les plus sèches du monde. Le scientifique israélien est de passage à Ottawa aujourd'hui (17 avril) pour prononcer une conférence publique au sujet de cette technique. Il en profitera également pour remercier le Canada de l'avoir soutenu au fil des décennies, alors qu'il s'adonnait à ses travaux qui ont permis de sauver des vies.

Le Canada est un leader mondial dans le domaine de la recherche au service du développement international, une forme d'aide étrangère qui investit dans des innovations scientifiques afin de trouver des solutions à la faim, s'attaquer aux effets des changements climatiques, augmenter les disponibilités alimentaires, atténuer la pauvreté, améliorer la santé et accroître le bien-être dans les pays en développement. De nombreux organismes participent à la stratégie du Canada en matière de développement. Tout en ayant pour but l'atteinte des objectifs en matière de politique étrangère, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) est un chef de file pour ce qui est de l'établissement de partenariats de recherche et il est partie prenante - de concert avec d'autres, notamment l'Agence canadienne de développement international (ACDI), Grands Défis Canada (GDC) et les conseils subventionnaires de la recherche du Canada - aux efforts déployés pour résoudre des problèmes d'envergure mondiale et transformer des vies.

Afin d'avoir un impact encore plus important, le gouvernement du Canada collabore aussi avec les gouvernements d'autres pays et avec des entités de la sphère de l'aide, comme la Fondation Bill et Melinda Gates et la Fondation William and Flora Hewlett, ce qui permet de multiplier les fonds consacrés à d'importantes priorités en matière de développement. Uniquement l'an dernier, plus de 100 millions de dollars supplémentaires ont pu ainsi être recueillis auprès de partenaires afin de servir à des projets de recherche qui sauvent des vies.

Et les résultats sont là.

En ce qui concerne la santé maternelle et infantile, le taux de survie des mères a connu un changement radical au cours des dix dernières années. À titre d'exemple, en 2010, près de 40 000 Nigérianes sont mortes en couche, laissant tout un vide dans leur famille et leur collectivité. Un programme amorcé récemment dans deux États du Nigeria grâce au financement de l'ACDI, du gouvernement du Nigeria et du CRDI donne déjà des résultats, à savoir que le taux de mortalité maternelle a chuté de façon appréciable, ce qui ouvre la voie à des améliorations dans le pays et ailleurs. C'est sans compter les innovations visant à sauver des vies à la naissance que soutient Grands Défis Canada; il s'agit là de projets encore peu avancés, mais fort prometteurs.

Il ne fait aucun doute que l'aide étrangère se transforme. L'ère des projets d'aide qui favorisent la dépendance et non pas l'autonomie est révolue. Aujourd'hui, on privilégie des programmes comme l'initiative À la recherche du prochain Einstein de l'African Institute for Mathematical Sciences(AIMS), une initiative originale qui offre à de jeunes et brillants diplômés africains une formation leur permettant d'utiliser le raisonnement mathématique pour s'attaquer à des problèmes complexes. Le Canada en est un important bailleur de fonds. En 2010, le premier ministre Stephen Harper a annoncé l'octroi de 20 millions de dollars afin de permettre d'ouvrir des centres AIMS un peu partout sur le continent.

La sécurité alimentaire est un autre domaine auquel le Canada accorde beaucoup d'intérêt. Y a-t-il quelque chose de plus fondamental, de plus important que de faire en sorte que les terres soient arables, que les gens aient de quoi manger et que les agriculteurs soient capables de gagner leur vie? Il s'agit d'une priorité on ne peut plus urgente. On estime qu'il faudrait que les disponibilités alimentaires actuelles doublent d'ici 2030 pour que l'on puisse répondre à la demande. L'ACDI a pris les devants en créant, en partenariat avec le CRDI et en misant sur le secteur privé, le Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale (FCRSAI), doté de 124 millions de dollars. L'un des projets, mené dans le sud de l'Éthiopie aide les agriculteurs à accroître le rendement de cultures comme le manioc en leur fournissant des semences qui ont également pour effet d'apporter des éléments nutritifs au sol. Parallèlement, on invite les agriculteurs à utiliser dans la rotation des cultures les légumineuses à graines, telles que le pois chiche et la lentille, ce qui procure le double avantage de donner au sol le temps de se régénérer et de faire augmenter la consommation de protéines par la population locale. Le Canada est un leader mondial dans ce domaine, et les résultats de recherche obtenus sont exportés dans d'autres pays.

Au Moyen-Orient, un projet novateur permet de se servir des eaux grises (les eaux provenant des éviers et des bains) pour irriguer en toute sécurité et au goutte à goutte des cultures dans les terres arides et ainsi en améliorer le rendement. Ce qui nous ramène à M. Hillel et à sa découverte: on a aujourd'hui recours à la micro-irrigation un peu partout sur la planète pour accroître la sécurité alimentaire.

Le CRDI est fier des partenaires et des scientifiques auxquels il s'associe et de leurs projets, qui ont des effets durables. Il est fier du rôle déterminant que le Canada joue et des partenariats qui sont noués afin de pouvoir en faire plus avec l'argent des contribuables pour d'obtenir des résultats probants en matière d'aide étrangère qui sont porteurs d'autonomie. Il espère que les Canadiens en tirent eux aussi une fierté.