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La droite n'est rien sans la gauche

Cet extrême gauche, qui accuse l'extrême droite d'avoir une paille dans l'œil, alors qu'elle cache la poutre qui est dans son propre œil.

23/08/2017 09:00 EDT | Actualisé 23/08/2017 09:10 EDT
Stringer . / Reuters
La Meute milite ces temps-ci en faveur de la « remigration », c'est-à-dire contre l'immigration illégale de milliers de demandeurs d'asile entrant de manière irrégulière à la frontière.

Noam Chomsky (1928-...), professeur émérite de linguistique au MIT, s'est confié au Washington Examinersur les funestes événements survenus à Charlottesville, en Virginie, le 12 août dernier. Le pourfendeur de la droite américaine, anarcho-syndicaliste, a déclaré en effet: « Pour ce qui concerne l'Antifa [l'Antifacisme], il s'agit d'une minuscule frange de la Gauche, tout comme le furent ses prédécesseurs. », et d'ajouter ensuite : « Il s'agit d'un cadeau important de la Droite, avec en sus le militantisme de la Droite fort exubérant. »

Chomsky confirme en bonne partie l'analyse que faisait Donald Trump des mêmes événements. » Les critiques jetèrent le blâme sur les suprématistes blancs, alors qu'« il y eut un autre groupe de l'autre côté – on peut les appeler la Gauche...- qui vint attaquer de manière violente l'autre groupe. » En somme, pour danser le tango, il faut deux partenaires. On l'oublie trop souvent, surtout en politique. La Droite n'est rien sans la Gauche, et inversement. Or, ce qui est étonnant, c'est que, du moins d'après l'analyse chomkyienne, l'extrême droite fut ressuscitée par l'extrême gauche.

C'est la tactique odieuse de la pelure de banane : inviter sordidement l'ennemi de Droite à glisser sur la pelure de banane qu'on lui tend.

En effet, depuis l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, la Gauche n'en démord pas. Elle jette son amertume dans la violence. Les événements de Charlottesville découlent d'une décision de détruire la statue du Général Lee, érigée au centre de la ville en 1917 (cinquante-deux ans après la fin de la guerre civile). C'est la tactique odieuse de la pelure de banane : inviter sordidement l'ennemi de Droite à glisser sur la pelure de banane qu'on lui tend.

Les médias de gauche (presque tous les médias), ainsi que les médias de gauche québécois (dont Radio-Canada ainsi que le Devoir), procèdent à une lecture scandaleusement biaisée en condamnant à l'unanimité l'extrême droite, dont ici, au Québec, la Meute qui milite ces temps-ci en faveur de la « remigration », c'est-à-dire contre l'immigration illégale de milliers de demandeurs d'asile entrant de manière irrégulière à la frontière.

Cet extrême gauche, qui accuse l'extrême droite d'avoir une paille dans l'œil, alors qu'elle cache la poutre qui est dans son propre œil.

Dimanche dernier à Québec, c'est bien plutôt la face cachée de l'extrême gauche, les Antifa-québécois, qui révélèrent leur sombre nature violente. Cet extrême gauche, qui accuse l'extrême droite d'avoir une paille dans l'œil, alors qu'elle cache la poutre qui est dans son propre œil.

Le bon maire de Montréal y est allé la semaine dernière d'une déclaration colorée comme à son habitude touchant la manifestation à venir de la Meute à Québec: « Ça m'écoeure. Y'ont pas de place ici. » La détestable Meute est ainsi vilipendée par une autorité politique.

Alors que les contre-manifestants, eux, défenseurs-citoyens contre le racisme, sont gentils et pacifiques, rose bonbon. Son porte-parole, Pablo Roy-Rojas, a tenu des propos angéliques sur les contre-manifestants et leurs intentions « pacifistes ». La Presse rapporte, sous la plume de Tommy Chouinard, les propos désobligeants du porte-parole, qui rappellent ceux d'un certain Gabriel Nadeau-Dubois qui, au printemps 2012, disait ne pas condamner la violence commise par la CLASSÉ : « Nous, on fait nos actions. D'autres personnes sentent le besoin de faire les leurs. Nous, on ne veut pas se positionner par rapport à ce que les autres personnes pensent être bien », a-t-il répondu à la question de savoir si la contre-manifestation condamnait la violence.

Dans les faits, toutefois, les propos rose bonbon ne furent que poudre aux yeux. De sorte, que c'est la détestable Meute qui remporta finalement la victoire de l'opinion publique.

La pensée binaire est toujours erronée, réductrice et infantile. Elle rappelle le fameux slogan de G.W. Bush, Axis of Evil. Lorsqu'on se met à proclamer que l'Autre est mauvais, de sorte qu'implicitement nous serions nous-mêmes du côté des Bons, on aboutit qu'à la confrontation et à l'échec. Il faut procéder impérativement au dialogue. Mais encore faut-il reconnaître que les membres de la Meute ne sont pas foncièrement l'incarnation du Mal. Ça, nos autorités politiques ne sont pas du tout prêtes à l'admettre. Rectitude politique oblige. La sagesse, au contraire, est éloignée de cette posture infantilisante.

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