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«Faut qu'on se parle»: une démarche vaine

03/10/2016 10:18 EDT | Actualisé 03/10/2016 10:18 EDT

La semaine dernière était lancée l'initiative politique Faut qu'on se parle, formée notamment des personnalités Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-Martin Aussant.

Beaucoup d'analystes et de chroniqueurs politiques ne les prennent pas au sérieux. Pourtant, ils ont une réelle influence auprès de nombreux jeunes intéressés par la politique.

Il fallait être au dernier colloque Maîtres chez vous de Force Jeunesse pour constater l'affection que portent les jeunes politisés à Jean-Martin Aussant. Il fut sans conteste l'invité le plus applaudi de la journée.

Il importe donc de se pencher sérieusement sur ce que propose Faut qu'on se parle. Car, en plus de lancer un débat biaisé, ce mouvement invite la jeunesse à s'enfermer dans une démarche qui ne mènera à rien de concret.

On est prêt à mettre de l'énergie, de l'argent et du temps au service d'une tournée du Québec dont les rencontres n'aboutiront à l'application d'aucune mesure concrète: une véritable perte de temps.

Refus du pouvoir

Il est clair que les questions que veulent poser les promoteurs de Faut qu'on se parle ne sont pas neutres. Elles sont à l'évidence teintées à gauche.

Or, si leur idée est déjà faite concernant les différents thèmes qu'ils souhaitent aborder, pourquoi les membres de cette initiative ne fondent-ils pas un think tank ou un parti politique? Pourquoi ne cherchent-ils pas à convaincre les gens de leurs idées plutôt que prétendre vouloir simplement discuter tranquillement avec eux? Pourquoi ne cherchent-ils pas à mettre leurs idées au pouvoir?

Il y a là un paradoxe. On est prêt à mettre de l'énergie, de l'argent et du temps au service d'une tournée du Québec dont les rencontres n'aboutiront à l'application d'aucune mesure concrète: une véritable perte de temps.

On incite ainsi davantage les jeunes au désespoir d'appartenir à un peuple impuissant qu'à occuper le pouvoir qui leur est accessible. Et s'il est vrai en partie que la société québécoise est bloquée, il est évident que l'initiative Faut qu'on se parle ne changera rien à la situation, car ce mouvement n'est pas porté vers l'action. Il est déconnecté du réel.

Pertinence

Ceux qui réfléchissent à savoir s'ils souhaitent prendre part à l'une des rencontres prévues à cette tournée devraient donc réfléchir à la pertinence de leur implication dans un tel processus.

Il y un grand nombre de gestes pertinents qu'une personne peut poser pour avoir un impact sur sa société : signer une pétition, faire du bénévolat, démarrer une entreprise, écrire un livre, prendre sa carte de membre d'un parti politique et participer à ses activités, etc.

Par contre, le temps pour les poser étant limité, faire l'effort de réfléchir dans la perspective de ne rien faire ne devrait pas figurer au sommet de la liste des priorités.

Vigilance

Les Québécois sont capables d'assumer le pouvoir qui leur est accessible. Qui plus est, le Québec a besoin de leur engagement pour continuer d'avancer.

Il serait donc dommage de laisser - sans rien dire - une partie de notre jeunesse engagée se laisser convaincre d'aller perdre son temps dans des rencontres qui ne serviront à rien pour l'avenir du Québec.

Ces talents ne devraient pas servir des causes perdues.

Espérons que les commentateurs politiques prendront désormais cette réalité en considération.

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>Faut qu'on se parle... en français - Maxime Laporte et Éric Bouchard

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