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On n'y échappera pas: il faudra discuter de l'interdiction de la burka dans l'espace public!

17/08/2016 10:25 EDT | Actualisé 18/08/2016 09:01 EDT

Comme toutes les autres sociétés, le Québec devra débattre, bientôt, de l'interdiction de la burka, du niqab et du burkini dans l'espace public. Pourquoi?

1. Nous avons un ennemi déclaré, l'État islamique, qui recrute ici des gens pour poser des bombes. Notre seul choix est de débattre de l'interdiction de la burka avant qu'un djihadiste s'en serve pour cacher ses mouvements pour un attentat, ou après.

Cela peut paraître un argument excessif aujourd'hui, où le nombre de burkas à Montréal est limité. Il l'était aussi, il y a 15 ans à peine, à Molenbeek, cette banlieue de Bruxelles où, aujourd'hui, elles sont répandues au point que le travail des policiers est significativement handicapé.

2. L'augmentation de l'utilisation de ces vêtements, qui sont l'expression ultime de la soumission de la femme, est très récente. Dans les années 60, des musulmanes de Tunisie, du Liban ou d'Égypte allaient à la plage en... bikini.

Ces vêtements misogynes apparaissent, au Moyen-Orient, en Indonésie comme en Occident, à cause du financement incessant des versions extrêmes de l'islam (le wahhabisme ou salafisme) par l'Arabie saoudite et, plus récemment, du Qatar. Il s'agit donc, non d'un choix religieux local spontané et naturel, mais de la conséquence d'une volonté politique financée à coups de milliards par des dictateurs théocrates rétrogrades. (Pardon pour le pléonasme)

3. On évoque souvent le dilemme suivant : exclure les femmes ainsi voilées de l'espace public, c'est les marginaliser, donc les empêcher d'être exposées à notre message d'égalité des hommes et des femmes. En fait, si notre société tolère dans l'espace public la manifestation patente de l'oppression des femmes, elle valide le fait que cette oppression est acceptable et acceptée.

Il faut au contraire promouvoir l'égalité et faire naître chez la femme voilée la conscience que ses contraintes familiales et religieuses l'excluent de l'accès à l'égalité. Qu'elle doit donc faire le choix de s'en libérer. Sinon, en l'accommodant, la société « normalise » son inégalité et rend son émancipation beaucoup plus difficile.

Il nous appartient, comme élu, de proposer des législations qui répondent aux défis du moment, puis on verra ce que les juges en diront.

4. On évoque toujours notre incapacité à agir à cause « des chartes ». D'abord, il faut savoir que les juges, dont la pensée évolue constamment, sont aussi embêtés que les législateurs face à ces questions. Il nous appartient, comme élu, de proposer des législations qui répondent aux défis du moment, puis on verra ce que les juges en diront. Il leur arrive, même à la Cour suprême, de nous surprendre. Ils vivent dans la même société que nous. Et si, comme c'est souvent le cas, il y a des différences importantes entre juges québécois et juges du Canada-anglais, et bien cela nous dira quelque chose d'intéressant.

Une chose est certaine : les aveux d'impuissance de la ministre libérale St-Pierre et l'inaction du gouvernement Couillard ne sont pas des amis de la laïcité, de la sécurité et de l'égalité des sexes.

5. Intervenir sur ces vêtements, c'est évidemment agir sur un symptôme, plutôt que sur la cause. C'est pourquoi il faudra s'assurer d'assécher complètement le financement des islamistes locaux provenant de l'étranger et s'appuyer sur cela sur nos plus précieux alliés : les musulmans québécois qui ont une vision et une pratique libérale de l'islam, massivement majoritaire. Répéter aussi que les musulmans d'ici et d'ailleurs ont vécu pendant plus d'un siècle une religion apaisée (comme les chrétiens de l'après-inquisition), avant que les islamistes n'interviennent.

6. Je souligne au passage qu'il sera scandaleux de voir le gouvernement fédéral financer avec 35 millions de dollars, dont 6 millions de nos taxes, un bureau canadien de prévention de la radicalisation, forcément établi au Canada anglais, alors que nous avons déjà financé notre propre centre, devenu semble-t-il un modèle. Chef, je réclamerai que le fédéral nous renvoie notre six millions pour qu'on l'utilise à notre guise!

Bref, si les membres du Parti québécois me choisissent comme chef, je proposerai qu'un gouvernement du Parti québécois débatte ouvertement, calmement, mais fermement, du problème posé par ces vêtements religieux à notre sécurité, oui, mais aussi à notre volonté d'affirmer l'égalité des sexes et de rendre la vie plus difficile aux islamistes qui veulent « normaliser », ici, leur vision obscurantiste du monde.

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