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Français: mener les bons combats

30/01/2013 03:28 EST | Actualisé 01/04/2013 05:12 EDT
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Le président de la SSJB, Mario Beaulieu, est mécontent. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, il m'accuse de promouvoir «l'anglicisation» des services publics. Mon crime? Avoir simplement dit tout haut, et en anglais, ce que stipule la loi 101 depuis 30 ans: si un employeur fait la démonstration que la connaissance de l'anglais est requise pour un poste, il peut réclamer la connaissance de l'anglais dans l'embauche pour ce poste.

Il n'aurait pas fallu que je dise qu'au centre-ville de Montréal, où passent des centaines de milliers de touristes anglophones, où on compte des dizaines de milliers d'étudiants de McGill et de Concordia, la STM pourrait facilement faire la démonstration qu'il faut des rudiments d'anglais pour y être guichetier. (Je n'ai évidemment jamais suggéré de bilinguiser tout le réseau.)

Je me permets de rappeler à Mario qu'avec mon appui enthousiaste, ma collègue Diane de Courcy a déposé en décembre une mise a jour de la loi 101 qui fera en sorte que les entreprises ne puissent pas réclamer sans raison la connaissance de l'anglais, comme ils le font beaucoup trop aujourd'hui. Le projet forcera également chaque commerce à disposer de personnel francophone en tout temps.

Surtout, l'action linguistique de notre gouvernement se concentre sur des actions essentielles pour enrayer le déclin du français à Montréal. Car pour avoir davantage de français, il faut d'abord davantage de francophones. J'ai mis sur pied un groupe de travail qui rendra bientôt des recommandations propres à retenir les familles sur l'île. Le départ des familles francophones réduit le pouvoir d'attraction du français. Leur rétention renverserait la tendance.

Diane de Courcy travaille aussi à mettre un terme à une politique qui permettait à plus de 40 % des immigrants de s'établir au Québec sans avoir la moindre connaissance du français. Tous les démographes le savent, la composition linguistique de l'immigration est une des clés de l'avenir du français à Montréal. La francisation des néo-Québécois déjà installés va aussi être grandement accrue.

L'extension du français langue de travail est une autre clé de l'intégration au français des néo-Québécois. La nouvelle loi 101 étendra graduellement le français langue de travail aux entreprises de 26 à 50 employés. Plus encore, elle permettra d'étendre les dispositions de la loi 101 aux entreprises à charte fédérales (comme les banques) qui souhaitent transiger avec l'État québécois. Cela représente 10 % de la main-d'œuvre.

Retrouvez la suite (et la fin) de ce billet sur le blogue de Jean-François Lisée.

La Loi 101 au Québec